Bola Tinubu, président du Nigeria candidat à sa propre succession pour la présidenielle 2027
La Commission électorale nationale indépendante du Nigeria (INEC) a publié, samedi 12 septembre 2026, la liste définitive des candidats à la présidentielle. Une vingtaine de prétendants se sont annoncés pour briguer le fauteuil présidentiel lors du scrutin du 16 janvier 2027. Voici 05 choses à retenir sur ce rendez-vous électoral
1. Tinubu, Atiku et Obi face à face
Trois noms dominent cette liste : le président sortant Bola Ahmed Tinubu, candidat du Congrès des progressistes (APC), l’ancien vice-président Atiku Abubakar, investi par l’African Democratic Congress (ADC), et Peter Obi, ancien gouverneur d’Anambra, candidat du Nigeria Democratic Congress (NDC). Tous trois figuraient déjà parmi les principaux protagonistes de la présidentielle de 2023. La liste comprend également des candidats comme Omoyele Sowore, Adewole Adebayo, Donald Duke et Oluseyi Makinde. Seize des 18 candidats sont des hommes et deux sont des femmes.
2. L’opposition dispersée
C’est l’un des enjeux majeurs du scrutin. Malgré les discussions engagées entre plusieurs formations de l’opposition, aucun des principaux prétendants n’a finalement retiré sa candidature au profit d’un autre. Une dispersion qui pourrait profiter au camp présidentiel. L’APC dispose d’une implantation nationale renforcée par plusieurs ralliements d’anciens responsables de l’opposition. Tinubu a par ailleurs été officiellement désigné candidat du parti pour un second mandat.
Son bilan reste cependant au cœur de la bataille électorale. Les réformes économiques engagées depuis son arrivée au pouvoir, notamment la suppression de la subvention aux carburants et la libéralisation du taux de change, sont saluées par certains partenaires financiers. Mais elles ont aussi nourri une forte contestation sociale autour du coût de la vie, de l’inflation et de la pauvreté.
3. Des candidatures sous surveillance judiciaire
La campagne ne se joue pas seulement dans les meetings. Des procédures judiciaires concernent déjà certains candidats. Du côté d’Atiku, une procédure vise notamment Bola Tinubu autour d’allégations relatives à son certificat du National Youth Service Corps (NYSC). Tinubu et l’APC contestent ces accusations et demandent le rejet de la plainte. Un juge fédéral a par ailleurs rappelé aux avocats que cette affaire devait être débattue devant la justice et non dans les médias.
Peter Obi fait lui aussi l’objet d’une procédure distincte. Un responsable du Labour Party, Abayomi Arabambi, a saisi la Haute Cour fédérale d’Abuja pour obtenir de l’Université du Nigeria, Nsukka (UNN), des documents relatifs à ses qualifications académiques. La procédure porte sur la communication de documents, et non sur une décision judiciaire établissant que les certificats seraient faux.
4. Dix-huit partis en lice
La présidentielle de 2027 ne sera pas un simple duel entre les trois principaux prétendants. Dix-huit partis politiques ont obtenu une place sur la liste définitive de l’INEC, chacun avec un candidat à la présidence et un colistier.
Parmi eux figurent les principales formations et plateformes politiques du pays : l’APC de Bola Tinubu, l’ADC d’Atiku Abubakar, le NDC de Peter Obi, mais aussi le PDP, l’APM, l’AAC, le SDP, le PRP, le Labour Party, le YPP ou encore le ZLP. La liste comprend également plusieurs formations moins connues du grand public.
Cette configuration illustre la forte fragmentation du paysage politique nigérian. Alors que plusieurs responsables de l’opposition ont plaidé ces derniers mois pour une candidature commune afin de mieux affronter Tinubu, aucun des principaux candidats n’a finalement renoncé à son ambition au moment de la publication de la liste définitive.
Le nombre de partis en lice donne ainsi une dimension particulière au scrutin. Dix-huit formations, mais un seul fauteuil à Aso Rock. Pour l’opposition, la question sera désormais de savoir si cette dispersion peut être surmontée dans les urnes ou si elle permettra au président sortant de profiter de la division de ses adversaires.
5. Les Nigérians attendus aux urnes le 16 janvier 2027
La publication de l'INEC fait suite à la conclusion des primaires des partis politiques qui se sont déroulées entre le 23 avril et le 30 mai 2026. Selon la commission électorale du Nigéria, les élections présidentielles et législatives de 2027 sont prévues pour le samedi 16 janvier 2027, tandis que les élections des gouverneurs et des assemblées législatives des États auront lieu le 6 février 2027. La commission a révisé le calendrier électoral suite à la promulgation de la loi électorale de 2026.
Au-delà des grandes figures de la politique nigériane, cette présidentielle sera aussi un test de la capacité des différentes forces politiques à transformer leurs candidatures en véritable dynamique électorale. Pour Tinubu, Atiku, Obi et les quinze autres candidats, la bataille est désormais officiellement lancée. Mais entre les divisions de l’opposition, les procédures judiciaires et les attentes sociales, le scrutin du 16 janvier s’annonce autant comme un test pour les candidats que pour la démocratie nigériane.
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