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Bénin : pourquoi les jeunes sont plus instruits mais toujours confrontés au chômage

Bénin : pourquoi les jeunes sont plus instruits mais toujours confrontés au chômage

Au Bénin, malgré un niveau d’éducation de plus en plus élevé, les jeunes Béninois peinent davantage à trouver un emploi. Une enquête d’Afrobarometer met en lumière leurs difficultés, leurs aspirations et leurs attentes envers l’Etat.

Au Bénin, malgré un niveau d’éducation de plus en plus élevé, les jeunes Béninois peinent davantage à trouver un emploi. Une enquête d’Afrobarometer met en lumière leurs difficultés, leurs aspirations et leurs attentes envers l’Etat.

Image d'illustrations

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Le paradoxe est frappant : les jeunes Béninois sont davantage instruits, mais ils restent les plus exposés au chômage. C’est l’un des principaux enseignements de du document de politique sur l’emploi des jeunes, publié le 24 août 2026 par Afrobarometer et basé sur les résultats du Round 10 de l’enquête menée au Bénin par l’Innovante Recherche en Economie et Gouvernance (IREG).

 

L’étude repose sur des entretiens réalisés auprès de 1.200 adultes béninois en janvier 2024. Elle montre que 56% des jeunes âgés de 18 à 35 ans ont atteint au moins le niveau secondaire ou post-secondaire, contre 21% à 37% chez les générations plus âgées. Mais cet avantage scolaire ne se traduit pas automatiquement par une insertion professionnelle réussie. 51% des jeunes interrogés déclarent être sans emploi et à la recherche d’un travail, contre 16% à 30% chez leurs aînés.

 

 

La formation au cœur du problème

 

Pour les jeunes, le problème ne se limite pas au nombre d’emplois disponibles. 29% citent le manque de formation ou de préparation adéquate comme principal obstacle à leur insertion. Viennent ensuite la réticence à occuper certains emplois (19%) et le manque d’expérience exigée par les employeurs (17%).

 

L’écart entre les formations reçues et les besoins des entreprises est également pointé du doigt : 12% des jeunes évoquent l’inadéquation entre leurs qualifications scolaires et les exigences du marché. Seuls 4% estiment qu’il n’existe pas d’obstacle particulier à l’emploi des jeunes.

 

 

Cette situation intervient alors que l’Etat a multiplié les programmes d’insertion: Azôli, PSIE. Le programme Azôli a permis, selon les données citées dans le document, à 25.000 jeunes d’accéder à un emploi salarié et à 11.000 autres de s’auto-employer. Le Programme spécial d’insertion dans l’emploi (PSIE) a, lui, permis à 7.130 jeunes de trouver un travail entre 2021 et 2024, dont 30,1% de femmes.

 

La Zone industrielle de Glo-Djigbé-Zè constitue également l’un des grands leviers industriels. Selon, le rapport, plus de 5.000 emplois directs auraient été créés pour les jeunes entre 2021 et 2025, avec une projection de 35.000 emplois à terme.

 

 

Créer son entreprise plutôt que chercher un emploi

 

Face aux difficultés d’accès au salariat, l’entrepreneuriat séduit massivement. 68% des jeunes déclarent qu’ils choisiraient de créer leur propre entreprise s’ils avaient la possibilité de choisir leur secteur d’emploi. Le secteur public n’attire que 18%, contre 7% pour le privé et 6% pour les ONG. Ce choix traduit à la fois une volonté d’autonomie et, selon l’analyse du document, les contraintes d’un marché du travail formel encore limité.

 

Les priorités exprimées par les jeunes confirment cette attente. La création d’emplois arrive en tête des investissements qu’ils souhaitent voir réalisés par le gouvernement, avec 40% des réponses. La formation professionnelle recueille 23% et les prêts à la création d’entreprises 21%. Pourtant, seuls trois jeunes sur dix jugent satisfaisante l’action du gouvernement en matière de création d’emplois.

 

 

Les jeunes femmes davantage exposées

 

Le document relève enfin une autre fragilité : les jeunes femmes, particulièrement en milieu rural, restent davantage exposées au chômage. Les analyses montrent parallèlement que l’âge et surtout un niveau d’éducation supérieur améliorent fortement l’employabilité.

 

Le constat à retenir est donc moins celui d’une jeunesse désintéressée du travail que celui d’une génération plus formée, plus attirée par l’entrepreneuriat, mais encore en attente d’un marché capable de transformer ses qualifications en véritables opportunités professionnelles.

 

1 commentaire

1 commentaire

DETONDJI SÉBASTIEN
il y a 1 heure
Mon point de vue sur la situation d'emploi au Bénin est : Le problème majeur c'est la demande d'expérience professionnelle par les entreprises ou institutions sachant bien que l'école est purement théorique et même différent de la réalité du terrain. Où la personne peut avoir cet expérience sachant bien que la déontologie académique n'oblige pas. La limite d'âge : l'étudiant qui n'avait pas trouvé l'opportunité d'embauche n'aura plus la chance d'être embauchée après 25 à 35 ans d'âge Que le gouvernement revoit cette politique. NB: Ma proposition d'idée est celle-ci : une fois que la personne à au moins le baccalauréat scientifique ou professionnel il sait déjà lire écrire et raisonner ; on forme l'impétrant, on fait un recyclage de quelques semaines pour l'impregner dans le domaine dans lequel il est recruté quelque soit le domaine de travail On ne cesse pas d'apprendre.
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