Des étudiants de la FADESP en séance avec le ministre de la Justice, ce jeudi 6 août 2026 à la cité ministérielle de Cotonou
Voir la justice autrement que dans les livres. C’est l’objectif de la sortie pédagogique organisée pour une soixantaine d’étudiants de la Faculté de droit et de science politique (FADESP). Au ministère de la Justice, au complexe judiciaire de Cotonou puis à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), les étudiants ont visité, jeudi 6 août 2026, les locaux et échangé directement avec les responsables judiciaires.
À la cité ministérielle, le garde des Sceaux, Yvon Détchénou, a encouragé les étudiants à profiter de ces rencontres pour poser toutes leurs questions. « Si vous avez envie de savoir quelque chose, posez la question. Si vous ne comprenez pas quelque chose, demandez », leur a-t-il lancé, les invitant à chercher à mieux connaître les métiers et les responsabilités du secteur judiciaire.
Du cours magistral à la réalité du terrain
Au complexe judiciaire de Cotonou, les étudiants ont été familiarisés avec l’organisation des juridictions béninoises. Les responsables leur ont présenté le fonctionnement des cours d’appel, des tribunaux et des juridictions spécialisées, notamment la Cour spéciale des affaires foncières et les juridictions commerciales.
La visite leur a également permis de mieux comprendre les compétences particulières de ces juridictions. La Cour spéciale des affaires foncières traite notamment des litiges fonciers et domaniaux relevant de son ressort, tandis que les juridictions commerciales connaissent des contentieux économiques et commerciaux.
À la CRIET, Cyriaque Dossa a présenté l’organisation et les missions de la juridiction créée en 2018, dont il est le président. Le magistrat a expliqué aux étudiants le rôle de la juridiction spéciale dans la répression des infractions économiques, du terrorisme et d'autres infractions relevant de sa compétence.
Le procureur spécial Mario Métonou a, de son côté, insisté sur le fonctionnement du parquet et sur la place du ministère public dans la procédure pénale. Il a aussi rappelé que les décisions du parquet peuvent faire l’objet de désaccords avec celles des juges. « C’est plutôt la preuve de la vitalité du droit », a-t-il expliqué.
Pour les étudiants, l’expérience dépasse la simple visite. Morel, étudiant en troisième année de sciences politiques, retient surtout l’importance du travail et de la rigueur. Mélissa Monnou, étudiante en troisième année de droit, estime pour sa part que les échanges ont permis de mieux comprendre « la réalité des choses du côté de la justice ».
Pour Distel Quenum, deuxième vice-président du Bureau d'union d'entité de la FADESP, l’initiative a surtout permis de « toucher de la main ce qui est dit sur le papier ». Une manière, selon lui, de rapprocher les enseignements reçus en amphithéâtre de la réalité du terrain et de conforter les ambitions professionnelles des étudiants.
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