societe

Société de Radio et de Télévision du Bénin : ce que l'on sait du licenciement annoncé de 169 agents

Société de Radio et de Télévision du Bénin : ce que l'on sait du licenciement annoncé de 169 agents

Un vaste projet de licenciement et de départs anticipés menace plusieurs dizaines d’agents de la Société de Radio et de Télévision du Bénin (SRTB). L’annonce a été faite vendredi 8 mai 2026 par la direction des ressources humaines aux responsables du SYNTRAP.

Un vaste projet de licenciement et de départs anticipés menace plusieurs dizaines d’agents de la Société de Radio et de Télévision du Bénin (SRTB). L’annonce a été faite vendredi 8 mai 2026 par la direction des ressources humaines aux responsables du SYNTRAP.

Une vague de licenciements est annoncée à la Société de Radio et de Télévision du Bénin (SRTB). Selon plusieurs sources internes, la direction des ressources humaines a tenu, vendredi 8 mai 2026 à la Direction du travail à Cotonou, une réunion avec les responsables syndicaux de la maison sur le projet de licenciement.

 

La direction a informé que 169 agents sont concernés par cette vague de licenciements. Elle a précisé qu’aucun des noms déjà inscrits sur cette liste ne sera retiré. Selon les explications fournies, cette décision s’inscrit dans un processus de modernisation et de restructuration de l’entreprise.

 

Le projet implique la suppression de certains postes et la réorganisation de plusieurs services. Dans les rédactions ainsi que dans les services techniques et administratifs, l’atmosphère est désormais marquée par la peur, l’incertitude et une profonde démoralisation. 

 

Le licenciement annoncé n'est pas le premier. Plusieurs agents avaient été remerciés. Quarante-sept (47) agents d’entretien et de sécurité ont déjà été licenciés. Après cette première vague, une deuxième d'une trentaine d’employés a suivi. 

 

À cela s’ajoutent aujourd’hui le licenciement de 169 agents supplémentaires ainsi qu’un vaste redéploiement interne. Selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier, cette liste résulterait des travaux d’un cabinet d’audit dénommé Reshuform, croisés avec les appréciations des directeurs techniques. Une méthode fortement contestée en interne.

 

Une colère née au soir de la présidentielle ?

 

En interne, certains responsables expliquent que le dossier des licenciements semblait pourtant avoir été refermé à un moment donné. Mais il aurait ressurgi au lendemain de la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle du 12 avril 2026.

 

Selon des indiscrétions, des responsables de haut niveau auraient été particulièrement irrités par l’absence de retransmission en direct ou par une couverture jugée insatisfaisante de la proclamation officielle des résultats de la présidentielle par la télévision nationale.

 

Le cas sensible des antennes régionales

 

La crise actuelle ravive également les frustrations liées à la fermeture progressive de plusieurs antennes régionales de l’ex-ORTB. À l’origine, ces stations régionales avaient été créées pour rapprocher le service public des populations et améliorer la couverture de l’actualité locale dans toutes les régions du pays.

 

Elles jouaient aussi un rôle important dans la sensibilisation des communautés. Mais avec les réformes engagées ces dernières années, plusieurs antennes, notamment celles de Djougou, Kandi et Lokossa, ont été fermées. Le personnel a été redéployé vers d’autres directions.

 

À Parakou, un sentiment d’abandon

 

À Parakou, la fermeture et le retrait du multiplex de Radio Parakou demeurent un véritable traumatisme pour de nombreux travailleurs du média public. Dans le septentrion, plusieurs agents vivent difficilement les conséquences des réformes successives engagées au sein de la Société de Radio et de Télévision du Bénin.

 

Nombre d’entre eux disent avoir accepté, parfois contre leur gré, des affectations dans le nord du pays alors que certains collègues refusaient d’y être mutés. Ces choix professionnels ont souvent eu un impact important sur leur vie personnelle et familiale : éloignement des proches, difficultés de logement, conditions de travail complexes et adaptation à des réalités parfois éprouvantes.

 

Malgré ces sacrifices, beaucoup disent aujourd’hui avoir le sentiment d’être abandonnés. Pour plusieurs travailleurs, cette situation laisse un profond sentiment d’injustice et d’ingratitude.

 

Les secrétaires administratives également menacés

 

Selon des sources internes, parmi les catégories de personnel les plus fragilisées par la restructuration en cours figurent également les secrétaires administratives. Les réformes engagées au sein de la Société de Radio et de Télévision du Bénin prévoient la suppression des postes de secrétariat classique.

 

Cette situation est d’autant plus difficile à comprendre que les secrétaires ont longtemps constitué un maillon essentiel du fonctionnement administratif du média public : gestion des courriers, organisation des agendas, suivi des dossiers administratifs, accueil et coordination interne.

 

Pendant des décennies, elles ont accompagné le fonctionnement quotidien des directions et services. Aujourd’hui, beaucoup craignent de devenir les victimes silencieuses d’une réforme présentée comme une modernisation de l’entreprise.

 

À quelques jours de la cérémonie d’investiture présidentielle, le climat reste extrêmement tendu dans les locaux du média public. Le flou persiste même sur la composition des équipes techniques et éditoriales qui devront assurer la couverture médiatique de l’événement. Pendant ce temps, la date du 17 mai circule avec insistance comme celle devant marquer la mise en œuvre effective des licenciements.

0 commentaire

0 commentaire