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Prestation de serment de Wadagni : Nourou-Dine Saka Saley répond au Professeur Holo

Prestation de serment de Wadagni : Nourou-Dine Saka Saley répond au Professeur Holo

Au Bénin, le juriste et homme politique Nourou-Dine Saka Saley a répliqué aux explications du Professeur Théodore Holo sur l’absence du bureau du Sénat lors de la prestation de serment du Président élu.

Au Bénin, le juriste et homme politique Nourou-Dine Saka Saley a répliqué aux explications du Professeur Théodore Holo sur l’absence du bureau du Sénat lors de la prestation de serment du Président élu.

Prof Théodore Holo (g) et Nourou-Dine Saka Saley

Prof Théodore Holo (g) et Nourou-Dine Saka Saley

Dissension entre Professeur Théodore Holo et Nourou-Dine Saka Saley (NDSS) sur l’interprétation des dispositions relatives à la réception du serment présidentiel. Notamment celles de l’article 53 de la Constitution du Bénin. Selon cet article, « le serment (du Président de la République, ndlr) est reçu par le président de la Cour constitutionnelle, devant les autres membres de ladite Cour, l'Assemblée nationale, les bureaux du Sénat, de la Cour suprême et de la Cour des comptes ».

 

Interprétant cette disposition dimanche 3 mai 2026 sur Bip radio, Professeur Holo a jugé que l’absence du bureau du Sénat dont les membres ne sont pas encore installés à la prestation de serment à venir de Romuald Wadagni, président élu du Bénin, n’entache pas sa validité. 

 

Une lecture pas partagée par NDSS. Dans une publication sur Facebook, mardi 5 mai 2026, le juriste et homme politique béninois, sans rejeter l’argumentaire de Prof Holo en raison de l’« élasticité » du droit où « personne n'a absolument tort ou raison », pointe ce qu'il considère comme des fragilités dans l'argumentation de l'ancien président de la Cour constitutionnelle. 

 

Nourou-Dine Saka Saley souligne que « la rédaction de l'article concerné (53 de la Constitution, ndlr) ne fait pas hiérarchie ou de supplétif dans les institutions réceptrices ». Selon lui, la liste des institutions devant assister à la cérémonie n'est ni « n'est ni par loisir, ni décoratrice ». 

 

L'absence du bureau du Sénat constituerait ainsi, selon une certaine école de rigueur, un « vice rédhibitoire ».

 

L'analogie du mariage : la réplique de NDSS

 

Lors de son intervention sur Bip radio, Professeur Holo a fait appel à une analogie, notamment celle du mariage pour soutenir sa lecture. « Vous allez faire un mariage, le maire va le célébrer, les témoins signent mais les membres qui assistent au mariage, à ma connaissance, ne signaient pas. Si un membre de la famille n’est pas là, on ne va pas dire que la dot n’est pas valable », a-t-il illustré.

 

Dans sa publication, Nourou-Dine Saka Saley a répondu à cette de droit civil. « Si dans les lois du mariage, la famille était mentionnée expressément, aucun mariage ne serait valide en l'absence de ladite famille…comme c'est le cas lorsque les témoins mentionnés manquent à l'appel, et imposent le "report du mariage" », réplique-t-il. 

 

Il pousse le raisonnement plus loin pour souligner le danger d'une telle souplesse : si l'on accepte l'absence du bureau du Sénat, devrait-on accepter demain que seul le Président de la Cour constitutionnelle reçoive le serment, en l'absence de son propre bureau ? Pour Nourou-Dine Saka Saley, « au delà de la validité constitutionnelle, la solennité impose la présence effective de tous les organes listés ». 

 

Le juriste pense que « ce serait tristement dramatique et tristement historique, par exemple que le seul Président de la Cour (Constitutionnelle, ndlr) reçoive le serment du Premier Magistrat comme fait générateur de son mandat à la tête de notre nation ». 

 

La Cour Constitutionnelle, saisie d’un recours sur la question, tient une audience plénière ce mardi 5 mai 2026. Elle devrait trancher. 

 

 

 

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