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À Nikki, la Gaani ne se raconte pas seulement : elle se vit. Dès les premiers sons des tambours sacrés, la cité royale change de rythme et renouvelle un rendez-vous où se mêlent histoire, spiritualité, culture et fierté. Trois moments marquent ces trois jours de célébration.
1- Le Sakiru, quand les tambours annoncent la fête
Tout commence avec le Sakiru, la veille de la célébration. C’est le moment où sortent les « barabakanu », ou tambours sacrés, tandis que sont installées les « ka᷉ka᷉ki », ou trompettes royales. Ce rituel donne le ton aux festivités et marque l’entrée dans le temps solennel de la Gaani.
1- Le Soniru, la grande procession royale
Le deuxième temps fort est le Sɔniru, la procession royale. Sur près de 12 kilomètres à travers Nikki, le cortège fait halte sur plusieurs sites sacrés pour des rituels publics. Rois, chefs traditionnels, communautés et visiteurs se retrouvent autour de cette démonstration spectaculaire de la culture baatonu.
C’est aussi le grand rendez-vous des cavaliers. Chevaux soigneusement harnachés, costumes traditionnels et prouesses équestres donnent à la procession une dimension particulièrement spectaculaire. La Gaani devient alors une véritable scène vivante où se croisent patrimoine, élégance et savoir-faire.
3- La Kaayessi, entre mémoire et transmission
La fête s’achève avec la Kaayessi. Par leur art oratoire, les griots font revivre devant les jeunes générations « les faits et les gestes des ancêtres ». La reine mère, Yo Kogi, procède également au baptême kɔna des princes et princesses.
Mais la Gaani est aussi chants, danses, échanges et solidarité. Les maîtres de la parole, les rhéteurs et les griots rythment les cérémonies, tandis que les participants arborent le barubekuru ou le boubou tako, marqueurs de l’identité baatonu, boo et alliée.
Du premier tambour au dernier récit des griots, la Gaani 2026 rappelle qu'à Nikki, la tradition n’est pas figée. Elle se transmet, se célèbre et continue de faire vivre, génération après génération, une mémoire collective.
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