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Lionel Zinsou : « Le capital humain est la vraie ressource du Bénin »

Lionel Zinsou : « Le capital humain est la vraie ressource du Bénin »

L'ancien premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou explique que la croissance du Bénin repose davantage sur les compétences humaines que sur les ressources naturelles, grâce à la diversification économique, l’innovation et la formation technique.

L'ancien premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou explique que la croissance du Bénin repose davantage sur les compétences humaines que sur les ressources naturelles, grâce à la diversification économique, l’innovation et la formation technique.

Lionel Zinsou, ancien premier ministre du Bénin

Lionel Zinsou, ancien premier ministre du Bénin

Le Bénin peut bâtir une croissance solide sans pétrole ni grandes ressources minières. Pour l’ancien Premier ministre Lionel Zinsou, la principale richesse du pays réside plutôt dans ses talents, ses ingénieurs et sa jeunesse.

 

Cette vision a été défendue par l’économiste de renom, fin avril 2026 à l’École Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC), lors d’une conférence sur le thème « Talents made in Bénin : force économique nationale ».

 

Devant les étudiants de l’EPAC, Lionel Zinsou a expliqué que le modèle économique béninois repose avant tout sur le capital humain. « Le capital humain, c’est vraiment la vraie ressource du Bénin », a-t-il insisté.

 

Parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique grâce au capital humain 

 

Grâce au capital humain, soutien l’expert en finance, le Bénin affiche depuis plusieurs années des performances économiques importantes malgré l’absence de grandes rentes pétrolières ou minières.

 

« Aujourd'hui, dans les prévisions de l'année 2026, on pense être un peu au-delà de 7% et être le huitième pays sur les 190 qu'on mesure en termes de croissance économique », a-t-il affirmé.

 

En réalité, selon le rapport « Performance et perspectives macroéconomiques de l’Afrique 2026 » (MEO), publié le 2 avril 2026 par la Banque africaine de développement (BAD), le Bénin occupe la quatrième position parmi les pays africains non intensifs en ressources.

 

Avec une croissance projetée de 6,8 % en 2026, le pays dirigé depuis 2016 par Patrice Talon se place derrière l’Éthiopie et l’Ouganda (7,5 %) ainsi que le Rwanda (7,4 %), mais devance des économies comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Togo.

 

De plus, dans son rapport “Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne” publié le 16 avril 2026, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour le Bénin, portant le taux attendu en 2026 de 6,7 % à 7 %.

 

En dépit des secousses économiques liées à la guerre au Moyen-Orient, le Bénin arrive à se hisser parmi les pays affichant les taux de croissance les plus élevés du continent, selon le rapport du FMI.

 

Une économie diversifiée face aux chocs extérieurs

 

Pour Lionel Zinsou, cette dynamique s’explique notamment par la diversification de l’économie béninoise.

 

« Nous avons la chance d'avoir une économie diversifiée, tertiaire et agricole », a-t-il déclaré, estimant que cette configuration protège davantage le pays des fortes fluctuations que connaissent certaines économies dépendantes des hydrocarbures.

 

Mais cette croissance, a-t-il expliqué, ne pourra être durable sans une montée en puissance des compétences techniques et technologiques. Devant les étudiants de l’EPAC, l’ancien Premier ministre a particulièrement insisté sur le rôle des ingénieurs dans la création de richesse.

 

« La productivité, elle est créée par des gens qui maîtrisent les technologies, par des gens qui sont des génies, des ingénieurs au sens propre », a-t-il soutenu.

 

La jeunesse au cœur de la croissance future

 

Pour Lionel Zinsou, l’innovation constitue désormais un levier stratégique pour accroître la valeur ajoutée dans les secteurs économiques béninois. Une ambition qui nécessite, selon ses propos, des profils capables de sortir du conformisme et de résister aux difficultés.

 

Pour l’économiste et homme d’affaires, il ne fait nul doute que le capital humain, incarné notamment par la jeunesse béninoise, constitue aujourd’hui la principale richesse stratégique du pays et l’un des piliers de sa croissance future.

 

La conférence à l’EPAC a aussi été rehaussée par les interventions de l’entrepreneur franco-béninois Bertin Nahum, du directeur général de Sèmè City Institute of Technology and Innovation Thierry d’Almeida, du directeur général de l’Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises (ADPME) Laurent Gangbès et du directeur de l’EPAC Victorien Dougnon.

 

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