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Mondial U20 féminin : les Amazones béninoises entre exploit historique et promesses d’avenir

Mondial U20 féminin : les Amazones béninoises entre exploit historique et promesses d’avenir

Le Bénin disputera pour la première fois de son histoire une Coupe du monde féminine de football. Portées par une génération talentueuse et une attaque dévastatrice, les Amazones U20 ont décroché leur qualification face à la Côte d’Ivoire. Derrière cette performance inédite se dessinent aussi des axes de progression avant le rendez-vous mondial en Pologne.

Le Bénin disputera pour la première fois de son histoire une Coupe du monde féminine de football. Portées par une génération talentueuse et une attaque dévastatrice, les Amazones U20 ont décroché leur qualification face à la Côte d’Ivoire. Derrière cette performance inédite se dessinent aussi des axes de progression avant le rendez-vous mondial en Pologne.

Les Amazones du Bénin à l'échauffement

Les Amazones du Bénin à l'échauffement

Le football féminin béninois vient de franchir un cap historique. Les Amazones U20 du Bénin ont validé leur qualification pour la Coupe du monde féminine U20 prévue en septembre prochain en Pologne après leur large victoire face à la Côte d’Ivoire (4-1), dimanche 10 mai 2026 au stade de Kégué à Lomé. Après le nul obtenu à l’aller à Abidjan (1-1), les joueuses béninoises ont livré une prestation pleine d’efficacité pour décrocher le premier billet mondialiste de l’histoire du football féminin national.

 

Cette qualification prend une dimension particulière au regard du parcours réalisé par les jeunes Béninoises. Durant toute la campagne éliminatoire, elles ont évolué loin de leurs bases, sans recevoir leurs adversaires à Cotonou. Malgré ces contraintes, elles ont su maintenir le cap jusqu’au bout. Contrairement à la sélection masculine junior qualifiée pour le Mondial 2025 grâce à sa troisième place à la Coupe d’Afrique organisée à domicile, les Amazones ont construit leur exploit à l’extérieur, dans un contexte souvent délicat.

 

Ce succès vient aussi récompenser plusieurs années de structuration du football féminin béninois. Sous l’impulsion de la Fédération béninoise de football dirigée par Maturin de Chacus, les compétitions féminines locales ont progressivement trouvé leur place. Les sélections nationales féminines participent désormais régulièrement aux compétitions continentales pendant que les encadreurs bénéficient de formations diplômantes. Cet environnement a permis l’émergence d’une génération capable de rivaliser avec les meilleures équipes africaines de la catégorie.

 

Une attaque béninoise qui fait la différence

 

Au cœur de cette qualification, l’entraîneur Ouzérou Abdoulaye a réussi à bâtir un collectif cohérent autour de joueuses rapides et techniquement à l’aise. Le sélectionneur béninois a notamment repositionné Romaine Gandonou sur le côté gauche de l’attaque afin d’exploiter pleinement ses qualités.

 

« C'est un choix. Quand elle est sur les débuts de match dos au but, elle prend des coups. C'est une jeune joueuse qui est attendue et elle s'énerve. Donc, sur quasiment tous les matchs qu'elle a faits avec moi, elle commence à gauche et quand il y a beaucoup plus d'espace en deuxième mi-temps, elle repique dans l'axe où les défenseurs sont moins lucides », a expliqué le technicien béninois en conférence de presse d’après-match.

 

Ce repositionnement a porté ses fruits tout au long des éliminatoires. Depuis son couloir, Romaine Gandonou multiplie les courses, provoque balle au pied et exploite parfaitement les espaces laissés par les défenses adverses. Sa vitesse et sa capacité à éliminer dans les un-contre-un ont souvent mis les blocs adverses en difficulté.

 

Face à la Côte d’Ivoire, elle a encore été décisive. C’est sur l’un de ses débordements qu’elle délivre un centre en retrait pour Hosane Soukou, qui ouvre le score dès la 17e minute. Quelques minutes plus tard, après un ballon repoussé par la défense ivoirienne, elle surprend la gardienne d’une frappe lobée pour le deuxième but béninois (32e). En seconde période, profitant d’un appel dans le dos de la défense, elle élimine la gardienne avant d’inscrire le quatrième but de son équipe à la 69e minute.

 

Sur l’aile droite, Germaine Honfo a constitué l’autre arme offensive majeure du Bénin. Très active dans son couloir, elle a constamment mis la défense ivoirienne sous pression grâce à ses accélérations et sa qualité de percussion. Ses statistiques témoignent de son influence offensive avec plusieurs dribbles réussis et des centres dangereux tout au long de la rencontre.

 

« … il y a quand même de la vitesse devant notamment la joueuse qui est devant, Germaine Honfo qui va très vite », a reconnu l’entraîneur ivoirien Mathieu Esposito après la rencontre. L’ailière béninoise a ponctué sa prestation par un but inscrit juste avant la pause sur une passe en profondeur, permettant au Bénin de prendre une avance confortable (3-0, 45e).

 

Mathieu Esposito n’a d’ailleurs pas caché son admiration pour les deux joueuses offensives béninoises. « Ce sont deux joueuses qui marquent le football du Bénin. Parce que ça va vite, c'est puissant. Devant le but, ça frappe dans n'importe quelle position. Ce sont des joueuses que les équipes aimeraient bien avoir », a-t-il confié.

 

Au centre de cette animation offensive, Hosane Soukou a joué un rôle essentiel. L’attaquante béninoise s’est distinguée par sa capacité à conserver le ballon et à peser physiquement sur la défense adverse. Très utile dans le jeu dos au but, elle a servi de point d’appui à ses partenaires offensives et permis à son équipe de remonter le bloc à plusieurs reprises. Son ouverture du score a rapidement mis le Bénin dans une position idéale.

 

Avec cette ligne offensive composée de Gandonou, Honfo et Soukou, les Amazones disposent d’un trio complémentaire mêlant vitesse, percussion et puissance. Leur entente a largement contribué au parcours du Bénin durant ces éliminatoires.

 

Des réglages encore attendus avant le Mondial

 

 

Derrière cette efficacité offensive, quelques insuffisances sont toutefois apparues dans l’organisation du jeu béninois. Le milieu composé de Yasminath Djibril, Riquelmé Hermione Lokossou et Elisabeth Kpadonou a montré de bonnes séquences de maîtrise, mais aussi plusieurs moments de relâchement. Par intermittence, les Ivoiriennes ont réussi à s’installer entre les lignes béninoises et à gagner du terrain dans l’entrejeu.

 

 

Les joueuses chargées de la récupération devront notamment renforcer leur agressivité sur le porteur du ballon afin de mieux protéger la défense. Face à des sélections plus expérimentées lors du Mondial, la moindre hésitation pourrait coûter cher. « Plus de solidité défensive, parce qu'on voit parfois beaucoup d'hésitation, beaucoup d'erreurs », a observé Mathieu Esposito après la rencontre.

 

Le Bénin devra également gagner en fluidité dans la circulation du ballon et maintenir davantage de constance dans l’effort collectif. Dans plusieurs séquences, les transmissions ont manqué de précision, offrant des possibilités de relance à l’adversaire. Il faut aussi que Gandonou aux tâches défensives.

 

Malgré ces aspects perfectibles, les Amazones béninoises abordent désormais un nouveau chapitre de leur histoire avec une qualification mondiale qui place cette génération parmi les plus marquantes du football national. En Pologne, elles auront l’occasion de mesurer leur progression face aux meilleures nations de la catégorie et de poursuivre l’ascension du football féminin béninois.

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