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Justice au Bénin : la CRIET de plus en plus saisie, les plaintes en hausse de 25,5 % par rapport à 2025

Justice au Bénin : la CRIET de plus en plus saisie, les plaintes en hausse de 25,5 % par rapport à 2025

Au Bénin, les plaintes et procès-verbaux reçus par la CRIET en un an sont en hausse de 25,5 %. Ce chiffre a été annoncé, lundi 12 octobre 2026, par le procureur spécial Mario Métonou à la rentrée judiciaire 2026-2027.

Au Bénin, les plaintes et procès-verbaux reçus par la CRIET en un an sont en hausse de 25,5 %. Ce chiffre a été annoncé, lundi 12 octobre 2026, par le procureur spécial Mario Métonou à la rentrée judiciaire 2026-2027.

Siège de la CRIET à Cotonou (Image d'archives )

Siège de la CRIET à Cotonou (Image d'archives )

Les plaintes affluent à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). En un an, leur nombre, associé à celui des procès-verbaux enregistrés par la juridiction, a progressé de 25,5 %. Le procureur spécial Mario Métonou a dévoilé ces chiffres lundi 12 octobre 2026, à Cotonou, lors de l’audience solennelle d’ouverture de l’année judiciaire 2026-2027.

 

Selon les données présentées dans sa réquisition, la CRIET a reçu 3 849 plaintes et procès-verbaux au cours de l’année judiciaire écoulée, contre 3 067 en 2024-2025. Soit 782 dossiers supplémentaires en un an. Pour Mario Métonou, cette évolution contraste avec l’image d’une juridiction souvent décrite comme particulièrement répressive. « Pourtant, elle n’a jamais été autant sollicitée par nos concitoyens », a-t-il relevé, avant de souligner que « chaque année, le nombre de plaintes portées directement devant la CRIET par les victimes augmente de manière exponentielle ».

 

 

Le procureur spécial a présenté cette progression comme un élément du paradoxe qui entoure la CRIET : alors que certains observateurs lui reprochent sa sévérité, les citoyens continuent de la saisir. Il n’a toutefois pas détaillé les facteurs précis qui expliqueraient cette hausse ni la répartition des plaintes par type d’infraction.

 

Dans sa réquisition, Mario Métonou a surtout replacé ces chiffres dans le rôle confié à la juridiction depuis sa création par la loi du 2 juillet 2018. La CRIET intervient notamment dans la lutte contre la corruption, la cybercriminalité et le terrorisme. « Depuis sa création […] notre juridiction frappe l’impunité là où elle se croyait intouchable », a-t-il affirmé. Le magistrat a également évoqué les réseaux démantelés et les produits du crime confisqués pour illustrer l’action de la Cour.

 

 

Cette activité croissante pose aussi, selon le magistrat, la question de la manière de rendre la justice. L’augmentation des dossiers ne doit pas conduire à traiter les procédures comme de simples unités statistiques. « Chaque dossier qui s’empile dans la chaleur de nos greffes n'est pas une liasse de papiers, c’est une vie humaine, une trajectoire brisée, une histoire unique », a-t-il rappelé.

 

L’efficacité sans sacrifier les droits

 

C’est dans cette perspective que s’inscrit le thème de la rentrée judiciaire 2026-2027 : « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits fondamentaux et efficacité répressive ». Pour Mario Métonou, la lutte contre les infractions doit aller de pair avec le respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et de l’individualisation des peines.

 

Le procureur spécial a aussi plaidé pour que la détention provisoire reste exceptionnelle et que les victimes obtiennent une réparation juste et digne. « L’efficacité de la sanction ne tient pas à sa cruauté, mais à sa certitude », a-t-il déclaré. Pour cette nouvelle année judiciaire,  Mario Mètonou défend une juridiction capable de répondre aux infractions sans perdre de vue les droits et la dignité des personnes.

 

 

 

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