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Première centrale hydroélectrique à Djibouti : Hydroforce transforme la pression de l’eau potable en électricité verte

Première centrale hydroélectrique à Djibouti : Hydroforce transforme la pression de l’eau potable en électricité verte

À PK20, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEAD) s’est doté d’une centrale hydroélectrique d’un nouveau genre. Inaugurée le 1er juillet, Hydroforce récupère la pression d’une conduite d’adduction d’eau en provenance des hauts plateaux éthiopiens pour produire de l’électricité. Le projet, porté par l’entreprise française SOC, filiale du groupe NGE, bénéficie d’un financement du Trésor français dans le cadre du FASEP.

À PK20, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEAD) s’est doté d’une centrale hydroélectrique d’un nouveau genre. Inaugurée le 1er juillet, Hydroforce récupère la pression d’une conduite d’adduction d’eau en provenance des hauts plateaux éthiopiens pour produire de l’électricité. Le projet, porté par l’entreprise française SOC, filiale du groupe NGE, bénéficie d’un financement du Trésor français dans le cadre du FASEP.

À PK20, à la sortie de Djibouti, l’eau ne sert plus seulement à alimenter les réservoirs de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEAD). Elle produit désormais aussi de l’électricité. Inaugurée le 1er juillet 2026 en présence du ministre de l’Agriculture, de l’Eau, de la Pêche, de l’Élevage et des Ressources halieutiques, Radwan Abdillahi Bahdon, et de l’ambassadeur de France à Djibouti, Jérôme Bresson, la centrale Hydroforce entend valoriser une énergie jusque-là perdue dans le réseau d’adduction.

 

Le principe est relativement simple. L’eau acheminée depuis les hauts plateaux éthiopiens, rapporte La Nation, circule sous pression dans les canalisations avant d’arriver au site de PK20. Hydroforce intercepte cette pression hydraulique pour faire tourner une turbine, elle-même reliée à un générateur électrique. L’installation est équipée d’un système de turbinage de 160 kW, d’un raccordement hydraulique en DN400 et d’un transformateur de 200 kVA. Des essais de mise en pression ont notamment été validés à 18 bars, selon la société SOC.

 

Une énergie produite à partir d’une infrastructure existante

L’intérêt de l’installation tient précisément à ce qu’elle ne repose pas sur la construction d’un barrage ou sur la mobilisation d’une nouvelle ressource en eau. Elle exploite l’énergie contenue dans un réseau d’adduction déjà utilisé pour transporter l’eau potable.

L’ONEAD indique que la centrale peut fonctionner en continu, 24 heures sur 24, avec une puissance annoncée de 200 kVA, soit environ 160 kW de puissance électrique utile selon les éléments communiqués par l’Office. Le site de PK20 peut ainsi disposer d’une alimentation électrique autonome destinée à ses propres besoins.

 

Cette caractéristique présente un intérêt particulier pour un pays comme Djibouti, où la diversification des sources d’énergie constitue un enjeu stratégique. La production d’Hydroforce est destinée au fonctionnement du site et doit permettre de réduire sa dépendance à l’électricité conventionnelle. Les promoteurs du projet présentent également cette production comme une électricité renouvelable et décarbonée.

Preuve de valorisation d’une énergie hydraulique disponible au sein même du système d’adduction d’eau, l’installation est destinée à l’autoconsommation du site de PK20, et n’est pas conçue pour alimenter à grande échelle le réseau électrique national. 

 

De l’électricité pour de nouveaux projets

L’installation pourrait néanmoins avoir des effets qui dépassent son alimentation électrique. Selon l’ONEAD, l’autonomie énergétique nouvellement acquise doit permettre au site de PK20 d’accueillir de nouvelles activités liées à l’eau et à l’innovation technologique. L’Office évoque notamment la création d’un pôle technologique présenté comme « 100 % Green ».

Deux projets sont particulièrement mis en avant : une unité de fabrication de chlorure de sodium et un laboratoire de production d’eau ultrapure. Le premier pourrait contribuer à réduire la dépendance à l’importation d’un produit utilisé dans le traitement de l’eau potable. Le second répondrait notamment aux besoins des établissements de santé djiboutiens en eau ultrapure. Ces projets sont toutefois présentés comme des perspectives et ne doivent pas être confondus avec des installations déjà opérationnelles.

 

L’expérience djiboutienne s’inscrit dans une technologie développée par SOC pour récupérer l’énergie des réseaux d’eau. Le groupe NGE indique qu’Hydroforce a été conçue pour convertir en électricité la pression disponible dans les réseaux d’eau potable. Avant son déploiement à Djibouti, la technologie avait fait l’objet de projets et de démonstrateurs en France.

 

Une coopération franco-djiboutienne autour de l’innovation

Hydroforce constitue également un projet de coopération entre Djibouti et la France. La réalisation de la centrale a été confiée à SOC, entreprise française spécialisée dans les métiers du cycle de l’eau et filiale du groupe NGE. Le projet a bénéficié d’un financement sous forme de don de la Direction générale du Trésor français dans le cadre du Fonds d’études et d’aide au secteur privé (FASEP). Le montant communiqué pour ce financement est de 496 000 euros.

Le FASEP constitue, dans ce type de projet, un instrument de soutien français aux solutions innovantes portées à l’international. Dans le cas d’Hydroforce, le financement public français a accompagné le déploiement d’une technologie développée par une entreprise française en partenariat avec un opérateur public djiboutien.

 

A travers leur présence, lors de l’inauguration, le ministre djiboutien chargé notamment de l’eau, le directeur général de l’ONEAD,  l’ambassadeur de France et le directeur de l’Agence française de développement (AFD) à Djibouti témoignent de la bonne santé de la coopération entre bilatérale franco-djiboutienne.

Pour ce qui est des acteurs ayant techniquement contribué à sa réalisation, le projet n’est pas le fruit de la seule intervention de SOC. L’ONEAD en constitue le partenaire djiboutien et le bénéficiaire direct. SOC a assuré la réalisation technique de l’installation. Le groupe NGE a apporté l’ancrage industriel français de l’opération. Saint-Gobain PAM a, pour sa part, contribué à la fourniture des canalisations en fonte et des raccords nécessaires au projet.

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