Cérémonie d'ouverture du forum à Abomey-Calavi
L'Université d'Abomey-Calavi a servi de cadre pour l'organisation de la 17è édition du Forum social mondial au Bénin. Plus de 102 pays du monde ont été représentés dans ce haut lieu de savoir pour débattre, échanger et bâtir des réponses concertées aux crises multidimensionnelles qui secouent la planète. Les travaux du forum ont été lancés, mercredi 6 août 2026, sous le signe de la persévérance et de l'unité dans une atmosphère empreinte d'une ferveur militante et d'une profonde espérance.
Devant un parterre composé de milliers de délégués, d'acteurs de la société civile, de chercheurs, de jeunes et de figures des mouvements sociaux venus des cinq continents, les responsables de l'organisation ont salué l'aboutissement de plusieurs mois de travail acharné. Estelle Akpa-N'kakou, Secrétaire technique d'organisation par intérim du FSM 2026 Bénin, a exprimé une vive émotion face à l'aboutissement de ce projet d'envergure. Elle est revenue sur le parcours semé d'embûches qui a précédé ce rassemblement.
« Nous n'avons jamais désespéré. Nous avons gardé le cap, même lorsque nos forces semblaient s'affaiblir », a-t-elle confié devant les nombreux délégués présents. Pour elle, la présence massive des délégations venues de plus de 102 pays témoigne non seulement de la vitalité intacte du mouvement altermondialiste, mais aussi de la confiance accordée au Bénin pour abriter cette rencontre mondiale.
Des thématiques abordées
Pendant quatre jours, des centaines d'ateliers thématiques et auto-gérés ont été organisés par la société civile internationale. Des conférences plénières et des tables rondes réunissant experts, grandes personnalités et figures altermondialistes ont été animées. Des espaces de réseautage et des foires aux initiatives ont été organisés pour faciliter les partenariats futurs. Des activités culturelles, artistiques et expositives célébrant la diversité des peuples et la richesse des expressions populaires ont meublé le forum.
Les différentes activités du forum ont tourné autour des thématiques liées à la protection des biens communs (terre, eau, forêts) contre l'accaparement et la marchandisation, à la justice climatique et à la transition écologique juste pour le Sud global. La prévention des conflits et la consolidation de la paix par le dialogue citoyen, la souveraineté alimentaire et le renforcement des systèmes agricoles agroécologiques ont également constitué des points de discussion des participants.
Au terme des travaux, les représentants des délégations étrangères ont unanimement salué la qualité de l'accueil du peuple béninois. Ils ont réaffirmé que face aux crises économiques, sécuritaires et environnementales, le Forum Social Mondial demeure un espace irremplaçable de fraternité, de convergence et de solidarité internationale.
Une nouvelle orientation pour le forum
Le FSM 2026 s'est voulu un espace d'échanges pour une vision renouvelée. Lors de la cérémonie de lancement des activités, les responsables de l'organisation ont engagé un débat stratégique sur l'avenir du Forum Social Mondial, créé à Porto Alegre en 2001. Selon Dada Zéhè, porte-parole de la Coordination nationale d'organisation (CNO), les mutations géopolitiques, climatiques et économiques mondiales imposent un changement de paradigme.
« Le Forum doit-il rester éternellement dans la posture de l'opposition ou est-il temps d'endosser le rôle d'une force de proposition ? », a-t-il lancé à l'ouverture, pour une réflexion collective des participants. De cette interrogation centrale, à en croire le porte-parole, il ne s'agit plus seulement de dénoncer « les insuffisances du modèle néolibéral », mais d'élaborer des feuilles de route claires, des alternatives opérationnelles et des résolutions courageuses face à la détérioration du climat, aux inégalités croissantes et aux menaces sécuritaires.
Dada Zéhè a exprimé la profonde gratitude des organisateurs envers le gouvernement béninois et son chef, Romuald Wadagni, pour avoir autorisé l'organisation de l'événement en terre béninoise.
Une innovation majeure
L'édition 2026 du FSM a mis un accent particulier sur l'inclusivité et la justice de genre. Un « Village des Femmes » a été installé. Selon Françoise Sossou, responsable de la Commission Genre au sein de la Coordination Nationale, l'inclusivité et la justice de genre occupent une place prépondérante dans l'architecture de cette édition. Ce village, dédié aux militantes et organisations féministes du monde entier, a servi d'espace d'échanges, de plaidoyer et de construction d'alliances.
Au lancement des travaux, la responsable a exhorté l'ensemble des participantes à investir pleinement ce lieu pour valoriser les savoirs et les pratiques des femmes dans la gestion des ressources. Elle les a également invitées à renforcer les réseaux de solidarité transfrontaliers face aux violences systémiques et économiques, et à garantir l'intégration transversale des perspectives de genre dans toutes les résolutions finales du Forum.
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