Coup de filet de la police dans le Couffo. Le commissariat de Gohomey, dans la commune de Djakotomey, a mis, jeudi 23 avril 2026, le grappin sur deux individus, présumés membres d'une association de malfaiteurs particulièrement ingénieuse.
Selon les informations rendues publiques par la police républicaine, le réseau perturbait, depuis plusieurs mois, la tranquillité des communes de Dogbo et de Djakotomey. Leur mode opératoire ? Le « social media marketing » de l’occulte.
Sur les réseaux sociaux, ces individus, détaille la police, multipliaient les publications alléchantes vantant les mérites d'objets aux vertus surnaturelles : lampes magiques, œufs de caméléon, rats blancs ou encore serpents blancs. Ces articles, censés garantir une fortune instantanée et une prospérité infinie, n'étaient en réalité que les appâts d'un piège macabre.
Une fois leur confiance acquise, les victimes, principalement des ressortissants d’autres villes du Bénin et de la sous-région, étaient conviées à finaliser la transaction dans une zone reculée, une brousse située à Hagoumey.
Loin des regards, les victimes tombaient alors sur le reste de la bande. Elles étaient méthodiquement passées à tabac et dépouillées de leurs biens avant d’être abandonnées à leur sort. Le réseau aurait fait déjà plusieurs victimes et de nombreuses plaintes sont enregistrées au commissariat.
Selon les premières estimations, le préjudice total s’élève à plusieurs dizaines de millions de francs CFA.
Scène surréaliste lors de l’interpellation
La chute du réseau a débuté lorsqu'une information a fuité concernant l'arrivée imminente d'un « client » venu du Tchad. Flairant le coup, les agents du commissariat de Gohomey ont mis en place une filature minutieuse.
L'intervention a surpris les malfrats en plein « briefing » tactique dans la brousse. Malgré une tentative de fuite généralisée dans la végétation dense, la police a réussi à intercepter deux suspects à bord d'un véhicule de marque Highlander. Dans leur précipitation, les autres membres du réseau ont abandonné cinq motocyclettes, saisies et ramenées au commissariat.
Après la fouille des suspects et du véhicule, il a été découvert du numéraire. Au total, une somme de deux millions cent quatre-vingt-cinq mille vingt-cinq francs a été découverte et saisie. Outre l’argent, la police a mis la main sur huit téléphones portables.
Scène surréaliste lors de l'interpellation. Selon la police, l'un des suspects a tenté de dissimuler des preuves en avalant un papier sur lequel figuraient les numéros de téléphone de plusieurs victimes. Une tentative désespérée et vaine, puisque les autres données retrouvées ont permis de contacter plusieurs victimes. Ces dernières ont formellement identifié leurs agresseurs et confirmé le mode opératoire subi.
Les deux mis en cause sont actuellement en garde à vue. L'enquête se poursuit pour mettre la main sur le reste de la bande. Cette affaire rappelle une fois de plus la nécessité d'une vigilance accrue face aux offres de gains faciles et miraculeux qui pullulent sur internet.
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