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Au Bénin, les minibus communément appelés tokpa-tokpa, utilisés pour le transport urbain à bas prix, continuent de susciter de vives inquiétudes. Souvent accusés d’imprudence et d’incivisme sur la route, certains chauffeurs mettent quotidiennement en danger la vie de leurs passagers et des autres usagers. Le témoignage glaçant de Dorline Dossou, publié sur Facebook ce lundi 25 août, illustre avec brutalité l’ampleur du problème.
Une course ordinaire qui vire au drame
Le samedi 23 août, Dorline Dossou devait se rendre à Ouèdo, dans la périphérie d’Abomey-Calavi. Faute de trouver un conducteur de taxi-moto (zémidjan) disposé à l’y conduire, la jeune femme s’est résolue à emprunter un tokpa-tokpa depuis le marché Dantokpa. « Je n’avais jamais pris ce type de bus, mais le retard m’a obligée », raconte-t-elle.
À peine le trajet entamé, le comportement du chauffeur se révèle inquiétant. Après avoir percuté un véhicule au carrefour Marina, il refuse de s’arrêter et prend la fuite, sous les yeux médusés de ses passagers.
A hauteur du Stade de l'Amitié Général Mathieu Kérékou, selon le récit de Dorline, un policier l’a intercepté à moto pour l’inciter à garer mais il ne voulait pas. Vu qu'il ne coopérait pas, l'agent des forces de l'ordre l'a devancé pour le contraindre à s'immobiliser.
A cet acte de l'agent, le conducteur a feint de ralentir. Lorsqu'il a constaté que le policier s'est garé un peu plus loin et marchait en sa direction, il est parti en trombe. Le policier le prend en poursuite.
« On était sur ce pont quand le policier le rattrape du côté droit, il tourne son volant et percute violemment le policier qui s’est fracassé sur le pont (on ne sait pas s’il a survécu). Les cris, les pleurs se sont décuplés. On avait peur mais cela ne lui faisait ni chaud ni froid », raconte la passagère.
Une cavale meurtrière
La course folle se poursuit en direction de Godomey. Selon Dorline, le conducteur multiplie les collisions. Des motocyclistes projetés contre les murs, des piétons renversés, des véhicules emboutis. L’apprenti, armé d’une lame, menace les policiers de mort. Le chauffeur, lui, défie les forces de l’ordre et promet de « tuer des gens en pagaille » s’il est arrêté, se souvient Dorline.
À l’intérieur, la panique est totale. Une scène digne d’un film. « Il roulait à vive allure et ramassait les gens dans la circulation, cognait les véhicules, il ne freinait pas du tout. On pleurait, on criait, les zem ont commencé par suivre également. Un moment donné, les hommes qui étaient dans le bus avec nous ont commencé par sauté du bus (...). On le suppliait, on disait tout mais rien », conte encore Dorline.
Elle parvient finalement à sauter du bus en marche dans une ruelle, au prix d’une cheville enflée et de blessures légères. D’autres femmes, dont une jeune mère avec un bébé de trois mois, réussissent également à s’échapper.
Dans la confusion, le chauffeur abandonne finalement le véhicule et prend la fuite. L’un de ses apprentis, qui avait sauté plus tôt, est reconnu par Dorline et remis aux forces de l’ordre par des habitants du quartier. Une enquête est en cours pour retrouver le conducteur, dont les agissements ont fait, selon divers témoins, plusieurs victimes.
Le cri d’alarme d’une survivante
Au-delà de son propre traumatisme, Dorline Dossou dit vouloir « alerter » l’opinion publique sur les dangers liés à ces minibus. « Évitez ce genre de transport », écrit-elle, précisant souffrir de crises d’angoisse et d’insomnies depuis le drame.
Son témoignage relance le débat sur la régulation des tokpa-tokpa, qui échappent en grande partie aux normes de sécurité et dont certains conducteurs n’hésitent pas à défier les forces de l’ordre.
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ÀGnyz dokpe
il y a 11 moisAgboton
il y a 11 mois