Lourdes peines requises contre un jeune de la trentaine pour escroquerie via internet. Le prévenu est accusé d’avoir escroqué une femme. Au moment des faits, apprend l’accusation, la jeune dame était souffrante.
Le prévenu a persuadé la victime qu’il était en contact d’un parrain en Europe. A travers un faux compte Facebook, il aurait confié à la jeune femme que le parrain en question lui a acheté une parcelle et qu’il était même en train de préparer un voyage. Il a, par ce canal, pris assez d’argent à la victime et a disparu.
Suite à une plainte de la victime, le jeune homme a été arrêté par les agents du Centre national d'enquêtes numériques (CNIN) et déposé en détention provisoire. Après son interpellation, la victime s’est rendu compte que c’est un ami de ses frères qui l’a dépouillé. Elle a même exhibé une photo sur laquelle le prévenu est en uniforme avec ses frères à une fête. Le jeune homme est poursuivi par le parquet spécial pour « escroquerie via internet ».
Lors de son inculpation le prévenu a plaidé non coupable. Il a nié avoir été auteur des accusations mises à sa charge. Mais les enquêtes du CNIN ont prouvé que c’est bien lui derrière les faux comptes Facebook.
Des circonstances aggravantes
Convoquée devant le juge, mardi 23 juillet 2024, la victime a déclaré qu’elle était souffrante au moment des faits. Elle a ajouté avoir passé un moment difficile de grossesse après que le prévenu ait profité de sa générosité et naïveté. Le ministère public a trouvé à travers ces déclarations des circonstances aggravantes de la présumée escroquerie. La quatrième substitut du procureur spécial a fustigé le fait que le prévenu ait dépouillé la victime alors qu’elle était malade.
La magistrate a demandé au juge de retenir le jeune homme dans les liens de la prévention et de lui appliquer les dispositions de l'article 566 du Code du numérique. Cet article stipule que « Les peines d’emprisonnement sont portées de dix (10) ans à vingt (20) ans et l’amende au quintuple de la valeur mise en cause sans qu’elle soit inférieure à vingt cinq millions (25 000 000) de francs CFA lorsque l’escroquerie est réalisée au préjudice d'une personne dont la situation de vulnérabilité en raison de l'âge, d'un état de grossesse, d'une maladie, d'une infirmité ou d'une déficience physique ou mentale était apparente ou connue de l'auteur des faits ».
La représentante du ministère public a suggéré à la Cour de condamner le prévenu à 15 ans de prison et 20 millions de FCFA d’amende. Après ses réquisitions, la Cour a renvoyé le délibéré au 26 novembre 2024.
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