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Glo-Djigbé : avec des salles de classe décoiffées, l'école primaire publique de Missèbo appelle au secours

Glo-Djigbé : avec des salles de classe décoiffées, l'école primaire publique de Missèbo appelle au secours

Une pluie violente accompagnée de vents a arraché, le 3 mars 2026, les toitures de plusieurs salles du complexe scolaire public de Glo Missèbo, à Abomey-Calavi. Plus de trois semaines après, ces salles ne sont toujours pas réparées dans cet établissement qui sert également de centre d’examen du Certificat d’études primaires (CEP).

Une pluie violente accompagnée de vents a arraché, le 3 mars 2026, les toitures de plusieurs salles du complexe scolaire public de Glo Missèbo, à Abomey-Calavi. Plus de trois semaines après, ces salles ne sont toujours pas réparées dans cet établissement qui sert également de centre d’examen du Certificat d’études primaires (CEP).

L'état des salles au complexe scolaire de Glo Missebo

L'état des salles au complexe scolaire de Glo Missebo

Cela fait plus de trois semaines que certaines salles sont sans toiture au complexe scolaire public de Glo Missèbo, situé à moins d’un kilomètre du marché de Glo-Djigbé. Le 3 mars 2026, une forte pluie accompagnée de vents violents a arraché la toiture de certaines salles, dont la classe d’examen de CM2 du groupe B. Depuis lors, enseignants et élèves des classes sinistrées improvisent des solutions pour maintenir les cours.

 

Le complexe scolaire de Glo Missèbo regroupe trois entités : les groupes A, B et C. C’est dans le groupe B que les dégâts les plus récents ont été constatés après la pluie du 3 mars, qui s’est accompagnée d’un vent dévastateur.

 

Directrice du groupe B, Édith Agohoundjè, épouse Bavi, raconte la scène avec encore de l’émotion dans la voix. « La pluie a commencé aux environs de 13 heures. On a commencé à entendre poc, poc, poc. C’étaient des tuiles qui quittaient le haut pour tomber un peu partout », relate-t-elle.

 

Selon la directrice, la violence du vent a rapidement transformé l’inquiétude en panique. Son propre bureau, la direction du groupe B, a également été touché. « J’ai dû m’enfuir de la direction, de peur de ne pas être blessée », confie-t-elle.

 

Les salles de classe du CM1 et du CM2 n’ont pas été épargnées. À ce moment-là, plusieurs élèves se trouvaient encore dans les salles de classe. Beaucoup d’entre eux restent en effet sur le site à la pause de midi, apprend la directrice Édith Agohoundjè, épouse Bavi. « Heureusement, nous n’avons pas enregistré de blessés. Il n’y a pas de perte en vie humaine. Nous rendons grâce », s’en réjouit-elle. 

 

L'état de la toiture d'une salle de classe dans laquelle les écoliers apprennent au Complexe scolaire public Glo Missèbo 

 

Malgré l’état des infrastructures, l’école continue de fonctionner. La directrice du groupe B et les deux autres responsables des groupes A et C ont réorganisé les salles afin d’éviter l’arrêt des cours.

 

Grâce à la coordination entre les trois directions du complexe, les cours se poursuivent. « Actuellement, je peux vous assurer que les enfants viennent régulièrement à l’école. Ils suivent les cours normalement », assure-t-elle.

 

« Les enfants, en circulant dans les salles de classe, se blessent »

 

La pluie du 3 mars 2026 n’a fait qu’exposer au grand jour un problème plus ancien. Banouto a constaté que plusieurs modules du complexe présentent un état de dégradation avancée. Que ce soit au groupe A ou au groupe B, le constat est similaire.

 

Pendant les cours de l’après-midi, des rayons de soleil importunent les apprenants dans certaines classes. Et pour cause, les tôles présentent des perforations sur plusieurs salles. Par endroits, elles sont déplacées ou fragilisées par la rouille.

 

Lorsque la pluie tombe, la situation devient beaucoup plus difficile. L’eau s’infiltre directement dans certaines salles de classe. Les tables-bancs, les sacs d’écoliers et parfois les cahiers n’y échappent pas.

 

« Quand il pleut, ce n’est pas la joie, nous sommes obligés de nous regrouper au fond de la salle », a lancé un instituteur qui requiert l’anonymat.

 

Dans plusieurs salles de classe, le sol autrefois cimenté s’est effrité par endroits, laissant place à du sable. En raison de la dégradation du sol, apprend Tidjani Adounsi, directeur du groupe A de l’école, « parfois, les enfants se blessent en circulant dans les salles de classe ».

 

L’origine du problème tient aussi à l’ancienneté des bâtiments. « C’est une école, surtout le groupe A, qui a été construite depuis très longtemps. Donc, ces tôles-là ont fait leur temps », explique le directeur du groupe A, Tidjani Adounsi.

 

Avec l’aval de leur supérieur hiérarchique, les trois directeurs du complexe scolaire, en collaboration avec le bureau APE (Association des parents d’élèves), ont déjà une fois écrit aux autorités municipales pour leur notifier l’état de dégradation des toitures, selon nos interlocuteurs.

 

Un centre d’examen

 

Le complexe scolaire de Glo Missèbo ne sert pas uniquement à l’enseignement quotidien. Il constitue également un centre d’examen pour le certificat d’études primaires (CEP).

 

L’année dernière, le site a accueilli plus de six cents candidats. « Pour l’examen du CEP de l’année dernière, nous avons enregistré, si j’ai bonne mémoire, 646 candidats qui sont venus composer dans ce centre », précise Tidjani Adounsi.

 

À quelques mois de la prochaine session du CEP prévue du lundi 2 au jeudi 5 juin 2026, les responsables réfléchissent déjà à la manière d’accueillir les examens dans de bonnes conditions. « Nous nous organisons pour accueillir l’examen du CEP. Avant cela, il y a les examens blancs départementaux qui seront organisés ici, probablement en mai », avertit-il.

 

Un appel aux autorités et aux bonnes volontés

 

Face à cette situation, les responsables du complexe lancent un appel aux autorités et aux organisations capables d’apporter un soutien.

 

« Nous implorons les autorités, nous leur demandons de nous venir au secours afin que ces problèmes de toiture, tout au moins, soient réglés », plaide le directeur du groupe A.

 

Même doléances côté groupe B. « Nous invitons les autorités à venir nous soutenir puisque nous sommes en souffrance : les directeurs, nos collaborateurs ainsi que nos apprenants », plaide la directrice du groupe B.

 

Elle évoque également l’espoir de voir certaines fondations s’intéresser à la situation. « Nous savons qu’il y a des fondations, par exemple la fondation Claudine Talon, qui fait beaucoup d’œuvres dans les écoles. S’ils peuvent venir constater ce que nous vivons dans le complexe, cela va nous faire beaucoup plaisir », lance-t-elle.

 

Tout en formulant cette doléance, les responsables tiennent à souligner les efforts déjà consentis par les autorités. « Ce que l’État fait, nous le voyons. L’État fait beaucoup de choses dans le pays. C'est sur cela que nous comptons pour qu’ils pensent aussi à notre complexe », conclut la directrice.

 

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