Bertin Nahum, Victorien Dougnon, Thierry d'Almeida, Lionel Zinsou et Laurent Gangbès (g à d), lors d'une conférence à l'EPAC
Les qualités d’un entrepreneur ont été largement évoquées, vendredi 24 avril 2026, lors d’une conférence à l’École polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC). À travers leurs interventions, Bertin Nahum et Lionel Zinsou ont mis en lumière les aptitudes essentielles pour innover et transformer une idée en projet.
L’entrepreneur Franco-béninois spécialisé dans la robotique médicale, Bertin Nahum, a expliqué que, l’entrepreneuriat commence bien avant la création d’une entreprise. Pour lui, tout commence par l’observation.
«J’estime que l’entrepreneur, c’est avant tout un observateur de la société », affirme-t-il. Il ajoute que ce qui fait la différence, « c’est la capacité à observer la société, son environnement, identifier un besoin, une problématique, et puis réfléchir à comment y répondre ».
Passer de l’idée à l’action
Au-delà de l’observation, l’un des tournants majeurs du parcours entrepreneurial reste le passage à l’acte. Sur ce point, Bertin Nahum s’appuie sur son propre parcours.
«Ce qui a guidé ma décision de démissionner de mon dernier emploi en tant que salarié pour me lancer dans l'aventure entrepreneurialle, ce n'était pas tant la volonté de devenir mon propre patron»,confie-t-il.
Ce qui l’a pousser à se lancer selon ses explications c’est le scepticisme de ses responsables d’alors et sa curiosité à tenter pour voir l’issue.
Pendant qu’il était encore employé d’une structure, Bertin Nahum indique avoir « commencé à développer certaines idées sur la façon dont, en l'occurrence, les robots pourraient aider les praticiens à traiter leurs patients de façon plus efficace».
En tant qu'ingénieur de la boîte , il s’est rapproché de ses supérieurs hiérarchique pour leur expliquer «un petit peu» les idées qu’il avais en tête. «Et faute d'avoir réussi à les convaincre du bien fondé de ce à quoi je pensais, je me suis dit, la seule façon de savoir si finalement ce que tu dis est vrai ou pas, c'est de le faire. Et donc, c'est à partir de là que j'ai décidé de démissionner et de me lancer», raconte-t-il.
Résister, croire et sortir du conformisme
Présent à la rencontre, l’ancien premier ministre du Bénin Lionel Zinsou met l’accent sur les qualités personnelles nécessaires pour affronter les défis de l’innovation.
« Il faut être capable de dominer l’adversité parce que c’est pas du tout un fleuve tranquille, l’innovation », déclare-t-il. L’économiste franco-béninois, ayant fait carrière notamment comme banquier d'affaires insiste également sur la nécessité de développer « une résistance et une confiance en soi (…) qui permettent d’aller au fond des obstacles ».
Au-delà de la résilience, Lionel Zinsou appelle à rompre avec les schémas classiques de pensée. « Il faut avoir l’habitude de ne pas être conformiste, de penser ce que les autres n’ont pas pensé », affirme-t-il, invitant les jeunes qui souhaitent entreprendre à croire en leur capacité à réussir « à ce que tout le monde (…) décrit comme impossible ». «Vous devez être paradoxal, anticonformiste, confiant dans l'utopie», renchérit le président de la fondation Sèmè City.
Au-delà des diplômes, des qualités humaines décisives
Si la formation académique reste importante, elle ne suffit pas à faire un entrepreneur, selon Bertin Nahum. « Avoir un bagage académique (…) c’est la base », pense-t-il.
Il précise aussitôt que l’entrepreneuriat mobilise d’autres compétences. « Un bon entrepreneur n’est pas nécessairement celui qui est le premier de sa classe, celui qui est le meilleur à l'université», indique-t-il, évoquant l’importance des « soft skills ».
«Non pas que ça ne soit pas également une bonne chose, mais ceci dit, c'est d'autres qualités», clarifier-t-il. À ses yeux, ces qualités, moins visibles mais déterminantes, complètent les connaissances techniques et permettent de transformer une idée en projet viable.
0 commentaire
0 commentaire