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Mondial 2026 : quand la FIFA s’incline face à la politique migratoire de Trump

Mondial 2026 : quand la FIFA s’incline face à la politique migratoire de Trump

À trois jours de la Coupe du monde 2026, la FIFA, qui défend traditionnellement l’universalité du football, vient de reconnaître son impuissance face à une décision des autorités américaines. L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, refoulé à son arrivée aux États-Unis malgré un visa valide, ne participera finalement pas au tournoi.

À trois jours de la Coupe du monde 2026, la FIFA, qui défend traditionnellement l’universalité du football, vient de reconnaître son impuissance face à une décision des autorités américaines. L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, refoulé à son arrivée aux États-Unis malgré un visa valide, ne participera finalement pas au tournoi.

Omar Abdulkadir Artan, l'un des meilleurs sifflets africains ne sera pas à la Coupe du monde 2026

Omar Abdulkadir Artan, l'un des meilleurs sifflets africains ne sera pas à la Coupe du monde 2026

L’image est forte. L'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan n'officiera pas durant la Coupe du monde 2026. Retenu par la FIFA pour cette compétition, il s'est vu refuser l'entrée sur le territoire américain samedi 6 juin 2026. Dans un communiqué, ce lundi 9 juin, l’instance mondiale du football a confirmé l’information, mettant ainsi un terme aux espoirs d’une issue favorable pour l’officiel somalien. « La FIFA confirme que l'arbitre Omar Abdulkadir Artan ne pourra ni s'entraîner ni officier lors de la Coupe du monde 2026, après s'être vu refuser l'entrée aux États-Unis », a indiqué l'organisation.

 

La position de la FIFA est sans ambiguïté. Elle affirme ne disposer d’aucune marge de manœuvre face aux décisions souveraines des autorités américaines en matière d’immigration. « La FIFA n'intervient pas dans les procédures d'immigration du pays hôte, y compris dans l'octroi des visas, et a été informée par les autorités que le statut de M. Artan ne serait pas modifié pour le moment », précise l’institution. Avant d’ajouter : « Conformément aux précédentes compétitions organisées par la FIFA, c'est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire. »

 

Des interrogations sans réponse 

Pourtant, l’affaire soulève de nombreuses interrogations. Les raisons exactes du refoulement n’ont pas été rendues publiques. Côté somalien, l’incompréhension domine. Ciise Aden Abshir, conseiller au ministère somalien de la Jeunesse et des Sports, assure que l’arbitre remplissait toutes les conditions administratives requises. « Il disposait d’un visa en règle », a-t-il déclaré à l’AFP.

 

Cette situation intervient dans un contexte particulièrement sensible. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, plusieurs nationalités sont de nouveau soumises à des restrictions d’entrée sur le territoire américain. La Somalie figure parmi les pays visés par ces mesures. Quelques mois auparavant, le président américain avait qualifié la Somalie de « pays pourri » et annoncé son intention de mettre fin au statut particulier protégeant certains ressortissants somaliens contre l’expulsion.

 

Un revirement inquiétant de la FIFA

 

Au-delà du cas d’Omar Abdulkadir Artan, cette décision met en lumière une évolution notable de la position de la FIFA. Pour mesurer ce changement, il faut remonter au 9 mars 2017. À l’époque, la candidature conjointe des États-Unis, du Canada et du Mexique pour l’organisation du Mondial 2026 n’en était qu’à ses débuts. Donald Trump venait alors de signer un décret restreignant l’entrée aux États-Unis pour les ressortissants de plusieurs pays, dont la Somalie et l’Iran.

 

Face aux inquiétudes suscitées par ces restrictions, le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait adopté un ton ferme. Il avait alors rappelé que l’accueil de la Coupe du monde impliquait des obligations précises envers tous les acteurs de la compétition. « Nous sommes dans le processus pour définir les exigences de candidature. (...) Quand il s’agit des compétitions de la FIFA, n’importe quelle équipe, les supporters, les officiels qui se qualifient pour la Coupe du monde doivent avoir accès au pays. Autrement, il n’y a pas Coupe du monde, c’est évident », déclarait-il.

 

Neuf ans plus tard, la réalité semble bien différente. L’exclusion de l’arbitre somalien illustre les limites du pouvoir de la FIFA face aux choix politiques du principal pays hôte du tournoi. D’autres situations témoignent également de cette nouvelle donne. L’Iran, pourtant qualifié pour la compétition, a été contraint d’installer son camp de base au Mexique. Une décision paradoxale puisque ses trois rencontres du premier tour sont programmées aux États-Unis. Les joueurs iraniens devront ainsi effectuer des déplacements répétés entre les deux pays à chaque match.

 

À travers ces épisodes, une question se pose désormais : jusqu’où la FIFA peut-elle garantir l’universalité de sa compétition lorsque les impératifs diplomatiques et migratoires des États hôtes s’invitent dans le jeu ?

 

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