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La tension reste vive au Sénégal. Jusqu’au sommet de l’État, les autorités sont sorties du silence pour défendre les Lions de la Teranga. Pourtant victorieux sur la pelouse lors de la finale de la CAN disputée le 18 janvier, les Sénégalais ont vu le verdict basculer. Mardi 17 mars 2026, ils sont été déclarés perdants, offrant ainsi le titre au Maroc… sur tapis vert.
Près de deux mois après cette rencontre jouée à Rabat et perturbée par un incident majeur, le jury d’appel de la CAF a rendu une décision rarissime à ce niveau de compétition : renverser l’issue d’une finale pourtant arrivée à son terme. Le contraste est d’autant plus frappant que les coéquipiers de Moussa Niakhaté et Sadio Mané avaient déjà reçu leurs médailles ainsi que le trophée de champions. Désormais, le dossier s’apprête à être porté devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), appelé à trancher définitivement.
Depuis ce mardi 17 mars, le jury d’appel de la CAF est sous le feu des critiques. Les débats s’intensifient. Son rôle et ses mécanismes restent encore largement méconnus, aussi bien des supporters que de nombreux observateurs.
La composition du jury d’appel
La CAF ne fait pas preuve d’opacité sur la composition de son jury d’appel. Celle-ci est accessible sur le site officiel de l’institution. Neuf personnes composent cette instance disciplinaire, et leurs noms sont rendus publics par souci de transparence.
Actuellement, il est composé comme suit :
Président : Justice Roli Daibo Harriman (Nigeria)
Vice-président : Faustino Varela Monteiro (Cap-Vert)
Membres :
Moez Ben Tahar Nasri (Tunisie)
Moses Ikanqa (Namibie)
Hamoud T’feil Bowbe (Mauritanie)
ohamed Robleh Djama (Djibouti)
Asogbavi Komlan (Togo)
Justice Masauko Timothy Msungama (Malawi)
Lubamba Ngimbi Hector (RDC)
Cependant, tous les membres de ce jury d’appel n’ont pas participé à la décision sur la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal. C’est le cas, par exemple, de l’avocat djiboutien Mohamed Robleh Djama qui, lors d’une sortie médiatique jeudi 19 mars, a publiquement affirmé n’avoir pas pris part à cette audience ayant déclaré le Sénégal forfait et le Maroc vainqueur.
Le mécanisme de traitement des dossiers
Le Secrétariat général de la CAF met à la disposition des instances juridiques les moyens humains et administratifs nécessaires, conformément à l’article 17 du Code disciplinaire. Pour chaque dossier soumis au jury d’appel, l’article 44 précise que « le secrétariat effectue d’office les actes d’instruction nécessaires, sous la direction du président ». Cette phase d’instruction ne peut excéder six mois. En pratique, le secrétariat prépare les dossiers en amont en rassemblant l’ensemble des éléments utiles : documents, données et textes réglementaires.
Ensuite, selon l’article 16 de la section 5 du Code disciplinaire, le secrétariat convoque, à la demande du président, le nombre de membres jugé nécessaire pour chaque réunion. Les membres du jury d’appel reçoivent ainsi une convocation par courrier électronique, les invitant à examiner un dossier précis. Chacun indique alors sa disponibilité.
Dès lors que le quorum minimal de trois membres est atteint, le jury peut valablement se réunir et statuer, sur la base des éléments fournis par les différentes parties. Le même article précise que les décisions sont prises à la majorité simple des membres présents. En cas d’égalité des voix, celle du président est prépondérante. Afin de préserver l’indépendance des décisions et d’éviter toute pression extérieure, l’identité des experts du droit du sport prenant part aux audiences n’est pas rendue publique.
Comment statuent les membres du jury d’appel ?
Après réception de l’ensemble des pièces d’un dossier (ici la finale entre le Maroc et le Sénégal) les membres de la commission d’appel concerné examinent les textes de référence. Dans un cas comme celui-ci, il s’agit notamment du règlement de la CAN, du Code disciplinaire de la CAF ainsi que des lois du jeu de l’IFAB.
Ils analysent ensuite les arguments des différentes parties. L’article 47 indique qu’« il n’y a pas de débats contradictoires », les requêtes et conclusions étant transmises par écrit au secrétariat général. Toutefois, selon l’article 48, une fois la procédure préliminaire achevée, le président offre à la partie mise en cause une dernière occasion de s’exprimer ( ici, la Fédération sénégalaise de football). Les plaidoiries orales s’achèvent par les déclarations finales des parties. Enfin, les membres appelés à statuer se retirent pour délibérer. La décision est ensuite notifiée à l’ensemble des parties concernées.
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