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CRIET : détention provisoire, enquêtes, moyens… les défis de la rentrée judiciaire 2026-2027

CRIET : détention provisoire, enquêtes, moyens… les défis de la rentrée judiciaire 2026-2027

Au cours de l’ouverture de l’année judiciaire 2026-2027, le bâtonnier Zakari Baba Body, le président de la CRIET Cyriaque Dossa et le représentant du ministère de la Justice ont défendu une justice pénale qui concilie respect des droits fondamentaux et efficacité répressive. Plusieurs défis ont été soulevés, notamment les conditions d’enquête, la détention provisoire et les moyens de la juridiction.

Au cours de l’ouverture de l’année judiciaire 2026-2027, le bâtonnier Zakari Baba Body, le président de la CRIET Cyriaque Dossa et le représentant du ministère de la Justice ont défendu une justice pénale qui concilie respect des droits fondamentaux et efficacité répressive. Plusieurs défis ont été soulevés, notamment les conditions d’enquête, la détention provisoire et les moyens de la juridiction.

Photo de famille des responsables de la CRIET, la vice-présidente de la République et autres invités à l'audience solennelle consacrée à la rentrée judiciaire 2026-2027 à la CRIET ce lundi 13 octobre 2026

Photo de famille des responsables de la CRIET, la vice-présidente de la République et autres invités à l'audience solennelle consacrée à la rentrée judiciaire 2026-2027 à la CRIET ce lundi 13 octobre 2026

Comment réprimer efficacement les infractions sans sacrifier les libertés individuelles ? C’est la question au cœur de la rentrée judiciaire de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), tenue lundi 12 octobre 2026 à Cotonou en présence de la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata. Placée sous le thème « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits fondamentaux et efficacité répressive », l’audience solennelle a donné lieu à un plaidoyer partagé : la fermeté judiciaire ne doit pas se faire au détriment de la dignité humaine.

 

 

Le Barreau met en garde contre les abus

 

Le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, Zakari Baba Body, a rappelé que l’humanisation de la justice ne signifie ni laxisme ni renoncement à sanctionner. Elle impose plutôt de respecter les droits de toutes les parties, de la personne poursuivie à la victime. « L’Avocat n’est pas l’adversaire de la justice. Il est l’un de ses acteurs essentiels », a-t-il souligné, défendant le rôle de la défense dans la recherche de la vérité. Il a notamment dénoncé les pressions illégitimes au cours des enquêtes et insisté sur la confidentialité des échanges entre l’avocat et son client.

 

Le bâtonnier a également appelé à une utilisation encadrée de la détention provisoire. Selon lui, cette mesure ne doit pas devenir une réponse automatique à toute mise en cause pénale. Il a par ailleurs plaidé pour le renforcement des effectifs et de la formation des officiers de police judiciaire, ainsi que pour un meilleur accès à l’assistance juridique des personnes démunies.

 

 

Concilier répression et dignité humaine

 

Le procureur spécial près la CRIET, Mario Métonou, a lui aussi défendu cet équilibre. Tout en réaffirmant la nécessité de lutter contre la corruption, la cybercriminalité et le terrorisme, il a rappelé que chaque dossier concerne une personne et une histoire singulière. « L’efficacité de la sanction ne tient pas à sa cruauté, mais à sa certitude », a-t-il déclaré. Pour lui, la justice doit rester ferme face aux infractions graves, tout en respectant la présomption d’innocence, les droits de la défense et le principe d’individualisation des peines.

 

Vue partielle des avocats, magistrats et autres invités à l'audience solennelle consacrée à la rentrée judiciaire 2026-2027 à la CRIET ce lundi 13 octobre 2026

Le président de la CRIET, Cyriaque Dossa, a pour sa part, estimé que l’humanisation ne se confond pas avec la clémence. « Humaniser, c’est traiter avec considération l’agent pénal qui attend que le droit soit dit », a-t-il affirmé, appelant à mieux concilier les garanties des justiciables et les exigences de la répression.

 

 

Des moyens à renforcer

 

Le secrétaire général du ministère de la Justice, Séïdou Boni Kpégounou a également insisté sur la nécessité de préserver les garanties procédurales sans affaiblir la réponse aux formes complexes de criminalité. Il a notamment mis en avant la qualité de la preuve, la formation des acteurs judiciaires, la protection des victimes et le respect des délais raisonnables.

 

Au-delà des discours, cette rentrée judiciaire pose ainsi un défi à l’ensemble de la chaîne pénale : faire respecter la loi tout en garantissant les droits de chacun. Comme l’a résumé le procureur spécial, « Que notre justice reste ferme, mais qu'elle garde un cœur qui bat ». 

 

Désormais, les regards sont tournés vers la CRIET pour voir ou mesurer dans la pratique le thème de cette rentrée judiciaire : « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits fondamentaux et efficacité répressive ». 

 

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