Un étal d'essence de contrebande (Photo: DR, images d'archives )
Se procurer de l’essence devient un casse-tête dans plusieurs localités du nord du Bénin. À Matéri, Tanguiéta, Kérou, Ouassa-Péhunco et Toucountouna, dans l’Atacora, la pénurie de carburant de contrebande, communément appelé « kpayo », fait grimper les prix et pousse les consommateurs vers les stations-service, elles-mêmes confrontées à des ruptures de stock.
À Tanguiéta, le litre, vendu habituellement à 800 FCFA, est monté entre 2 000 et 2 500 FCFA par endroits depuis dimanche, avant de redescendre à 1 500 FCFA ce mercredi 14 octobre 2026, selon des informations recueillies par Banouto auprès de sources locales. À Toucountouna, il se négocie désormais autour de 1 300 FCFA, contre 800 FCFA auparavant.
Les stations-service sous pression
Cette tension serait liée à la crue du fleuve Okpara, qui entraverait l’acheminement de l’essence de contrebande vers les localités concernées. En parallèle, l’insuffisance des stocks dans certaines stations pousse davantage d’usagers vers les points de vente informels. L’affluence entraîne à son tour des ruptures à la pompe, où le litre est passé de 725 à 750 FCFA.
Face aux longues files d’attente observées, notamment dans le nord du pays, le gouvernement a convoqué une réunion d’urgence ce mercredi. Selon les services de la présidence, sur instructions de la ministre de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Alimatou Assouman, son directeur de cabinet, Laurent Akpo, a réuni les acteurs du secteur pétrolier, en présence du directeur général des Dépôts pétroliers du Bénin, Sosthène Mesmin Hounsou.
Un ultimatum de 48 heures
À l’issue de la rencontre, les distributeurs et gestionnaires de stations ont été sommés de mobiliser les moyens logistiques nécessaires pour réapprovisionner les cuves au rythme de la demande. Le ministère leur donne 48 heures pour faire retomber la tension sur l’ensemble du territoire. En contrepartie, le gouvernement promet d’accélérer les formalités administratives afin de faciliter les rotations des camions-citernes.
Les autorités dénoncent également le détournement de carburant vers le marché informel. Le Directeur de cabinet a dénoncé le fait que des pompistes rempliraient clandestinement des centaines de « bidons jaunes » pendant la nuit pour alimenter l’informel. Une surveillance renforcée est annoncée, avec des sanctions contre les opérateurs et pompistes pris en flagrant délit, qui subiront « les rigueurs de la loi ».
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