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Bénin : une campagne pour la dignité des travailleurs domestiques

Bénin : une campagne pour la dignité des travailleurs domestiques

A Cotonou, capitale économique du Bénin, une campagne a été lancée, mardi 30 juin 2026, pour la dignité des travailleurs domestiques. Portée par la CSA-Bénin, la COSI-Bénin, la CGTB, l’UNSTB et le Réseau national des travailleuses et travailleurs domestiques (RNTTD), elle vise à reconnaître le statut de ces professionnels encore marginalisés et défendre leurs droits.

A Cotonou, capitale économique du Bénin, une campagne a été lancée, mardi 30 juin 2026, pour la dignité des travailleurs domestiques. Portée par la CSA-Bénin, la COSI-Bénin, la CGTB, l’UNSTB et le Réseau national des travailleuses et travailleurs domestiques (RNTTD), elle vise à reconnaître le statut de ces professionnels encore marginalisés et défendre leurs droits.

Vue partielles des initiateurs de la campagne visant à reconnaître le statut des travailleurs domestiques

Vue partielles des initiateurs de la campagne visant à reconnaître le statut des travailleurs domestiques

La situation des travailleuses et travailleurs domestiques au Bénin n’est guère reluisante. Selon les organisateurs, 98,4 % de ces professionnels, majoritairement des femmes issues des milieux défavorisés, évoluent dans l’économie informelle, sans contrat écrit, sans protection sociale et sans salaire garanti. Pour corriger le tir, une campagne nationale a été lancée, mardi 30 juin 2026, à la faveur d’une conférence de presse à Cotonou. 

 

Lors de la conférence de presse, Pierrette Vidégla, présidente du RNTTD, a rappelé que ce secteur concerne plus de 117 000 personnes au Bénin. Elle a vivement déploré que 98,2 % d'entre elles travaillent sans assurance maladie, sans retraite ni congé maternité, en violation de la législation. « La théorie ne nourrit personne, ne soigne personne », a-t-elle martelé, exigeant que le cadre légal devienne enfin une réalité contrôlée.

 

Sur la question du salaire, alors que le SMIG est fixé à 52 000 FCFA, le revenu moyen d'un travailleur logé plafonne à 15 000 FCFA. Pierrette Vidégla a fermement dénoncé l'excuse du « elle fait partie de la famille », souvent utilisée pour masquer l'exploitation. Pour le réseau, le travail domestique est un emploi avec des horaires et des responsabilités. Le mot d'ordre est clair : « Payer le SMIG, c’est respecter le Code du Travail ».

 

Rompre l'isolement par l'action syndicale et la loi

Apollinaire Affewé, Secrétaire Général de l'UNSTB et représentant des confédérations, a rappelé que cette campagne découle du forum syndical national du 28 septembre 2023. Il a souligné qu'un travailleur isolé, exerçant derrière les portes closes des foyers, est par nature vulnérable. Les quatre centrales à savoir la CSA-Bénin, la CGTB, la COSI-Bénin et l’UNSTB exhortent donc les employés de maison à s’organiser et rejoindre collectivement un syndicat.

 

L'autre priorité est institutionnelle. L'année 2026 marque le 15e anniversaire de la Convention n°189 de l’OIT sur les travailleurs domestiques. Face au retard de l'Afrique de l'Ouest francophone, Apollinaire Affewé a lancé un appel vibrant au Gouvernement et à l’Assemblée Nationale pour engager immédiatement sa ratification. Pour la coalition, défendre la justice sociale au Bénin passe obligatoirement par cet acte fort.

 

S'exprimant au nom de la Directrice du Bureau Pays de l’OIT, Dolorès Amoussouga, coordinatrice du projet TRADOM, a salué le leadership des syndicats béninois. Elle a réaffirmé l'engagement de l'OIT à soutenir cette dynamique à travers le projet TRADOM (août 2024 - octobre 2026).

 

Ce programme vise à transformer durablement les conditions de travail, à favoriser l'intégration dans l'économie formelle et à aligner le Bénin sur cinq Objectifs de Développement Durable (ODD).

 

Par cette unité d'action, la coalition syndicale, le RNTTD et l'OIT envoient un message sans équivoque : le travail domestique n'est plus une affaire privée, mais un enjeu de droit public et de dignité humaine.

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