Il va saluer son oncle, policier à la retraite dont le domicile faisait objet de perquisition et se retrouve en prison. Le dossier a été évoqué, lundi 29 juin 2026, à l’audience correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Dans cette procédure, le prévenu est poursuivi devant la Cour spéciale pour les faits de « faux et usage de faux et blanchiment de capitaux ». Selon l’accusation présentée par la Cour, l’homme est accusé de s’être présenté comme un vétérinaire alors qu’il ne détient qu’une attestation qui lui a été délivrée par son père vétérinaire. Il lui est également reproché de faire usage de cette attestation et d'en tirer des revenus.
Motif d’interpellation
Le mis en cause s'est retrouvé dans cette situation après s'être rendu au domicile de son oncle pour le saluer. Alors qu’il passait devant la maison de son oncle qu'il a découvert quelques jours avant, le prévenu a décidé d’y faire un crochet pour le saluer. Malgré la présence des forces de l’ordre, il serait rentré dans cette maison pour voir son parent. Les faits se seraient déroulés en fin février 2026. Son insistance et sa curiosité à voir le propriétaire de la maison, selon la cour, lui a valu son interpellation. La sensibilité du dossier pour lequel son oncle est recherché par la justice serait également une raison.
Selon les éléments d’accusations soulevés par la CRIET, le policier à la retraite et oncle du jeune assistant vétérinaire présumé est soupçonné d’avoir joué un rôle dans l’affaire de coup d’État déjoué du dimanche 7 décembre 2025. Le flic retraité serait en fuite et donc recherché par la justice.
Après avoir interpellé le neveu, son téléphone a été fouillé pour vérifier son potentiel lien avec l’oncle et surtout une possible accointance avec les autres auteurs présumés de la tentative de coup d’État. Selon le ministère public, partie poursuivante, des messages supprimés du prévenu ont été constatés et restaurés.
Il aurait reçu d’autres messages d’autres amis qu’il aurait également supprimé. Dans l’un des messages supprimés et restaurés, apprend le magistrat, l’auteur se serait attaqué aux autorités au pouvoir les traitant de tous les noms. Une enquête a également été ouverte sur son patrimoine après la perquisition de son domicile.
La défense du prévenu
Convoqué à la barre, le prévenu a plaidé non coupable. Il a rejeté toutes les intentions le liens à l’affaire de tentative coup d’État pour lequel son oncle est recherché. Le mis en cause a expliqué avoir marqué cet arrêt pour saluer son oncle et pour voir ce pourquoi les policiers étaient présents à son domicile. L’homme a déclaré que c’était la deuxième fois qu’il venait dans le domicile de son parent. Une première fois, son oncle n'était pas présent. Il dit avoir pris son contact auprès d’un cousin pour essayer de le joindre, mais il n’a jamais décroché.
Dans sa déposition, le prévenu a indiqué que c’est son cousin qui lui faisait comprendre qu'il était devant la maison de son oncle sans jamais aller le saluer. Sinon, dit-il à la barre, il ignorait que le domicile de l’oncle policier à la retraite était à cet endroit. De ses réponses aux interrogations de la Cour, il ressort que le jour de la perquisition au domicile de son oncle, est la deuxième fois qu’il franchissait le seuil de cette maison. A la question de son avocat de savoir pourquoi il a eu l'outrecuidance de s’arrêter devant la maison de son oncle malgré la forte présence des policiers. Il a affirmé qu’il pensait que son oncle policier à la retraite était décédé.
Concernant les infractions de « faux et usage de faux et blanchiment de capitaux » mises à sa charge, le prévenu a indiqué qu’il n’a jamais fait de faux. Il a expliqué que l’attestation d’assistance de vétérinaire incriminée lui a été délivrée par son feu père vétérinaire pour avoir travaillé à ses côtés pendant plus d’une vingtaine d'années. C’est avec cette attestation, a-t-il confié, qu’il soigne les animaux. Mais la Cour lui a rétorqué que l’attestation qui lui a été délivrée par son père ne fait pas de lui un vétérinaire.
Contre l’accusation de blanchiment de capitaux, le prévenu a justifié ses revenus par la vente des chiots de race berger allemand, les consultation et soins vétérinaires aux animaux et la production animale dans sa ferme. Il a estimé son chiffre d’affaires annuel à un peu plus de 4 millions de FCFA. C’est avec ces activités, justifie-t-il, qu'il a entamé la construction de sa résidence R+1 en finition qu’il a commencé depuis 2015.
Les reproches du ministère public
Lors des débats, le représentant du ministère public a évoqué les raisons de son incompréhension avec le prévenu. Le magistrat a souligné la curiosité poussée pour saluer son oncle malgré la présence de plus d’une vingtaine de policiers. Il a déploré le fait que le prévenu ait nié avoir supprimé des messages alors que les fouilles par les services compétents ont ressorti ces messages.
Mieux, apprend le substitut du procureur spécial, le prévenu a fini par déclarer que ce serait possible qu’il ait supprimé des messages sans le savoir. Après les débats, la Cour a renvoyé le dossier en fin juillet 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats.
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