Peine de prison ferme pour Schadrac Houngnibo, coordonnateur national au Bénin de l’Ong Urgence panafricaniste de Kemi Seba. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a rendu, lundi 30 mars 2026, sa décision dans le dossier de diffusion de fausses informations reprochée au prévenu.
Le mis en cause est poursuivi par une société d’État après la diffusion de plusieurs vidéos sur l’expropriation à Togbin sur ses réseaux sociaux. Il lui a reproché les faits de « diffusion de fausses informations ». Dans sa décision ce lundi, la Cour a requalifié l’infraction initiale en « initiation et relaie de fausses informations et harcèlement par le biais d'une communication électronique ».
Pour ces faits, le juge a condamné Schadrac Houngnibo à 24 mois de prison ferme et 5 millions d'amendes. La Cour a ordonné la confiscation de l’ordinateur et deux téléphones du prévenu au profit de l’État béninois. La Cour a suivi le ministère public dans ses réquisitions.
Les accusations du parquet
Le substitut du procureur spécial, dans ses réquisitions, reproche au prévenu d’avoir fait des déclarations sans présenter la moindre preuve. Après son interpellation, apprend le magistrat, Schadrac Watowédé Houngnibo n’a exhibé aucune preuve de non-dédommagement dans la zone de Togbin.
Selon le ministère public, Schadrac Houngnibo s’est rendu compte de ses erreurs mais n’a pas accepté présenter ses excuses aux responsables de la société. Pour le ministère public, l’activiste était dans la manipulation du public. « Il voulait se donner un nom », a fait savoir le magistrat. Le substitut du procureur spécial avait demandé l’application de l’article 550 code du numérique en vigueur au Bénin à son égard.
Cet article dispose que « Quiconque initie une communication électronique qui contraint, intimide, harcèle ou provoque une détresse émotionnelle chez une personne, en utilisant un système informatique dans le but d’encourager un comportement grave, répété et hostile est puni d'une peine d'emprisonnement de un (01) mois à deux (02) ans et d’une amende de cinq cent mille (500 000) francs CFA à dix millions (10 000 000) de francs CFA, ou de l'une de ces deux peines seulement ».
La défense de Schadrac Houngnibo
Lors de sa première comparution dans cette procédure, Schadrac Watowédé Houngnibo a expliqué ses griefs contre l’opération d’expropriation des parcelles. Il a déclaré avoir demandé, de bonne foi, que le dédommagement des propriétaires ou présumés propriétaires de terrain soit fait.
Pour lui, c’est un droit prévu à l'article 22 de la Constitution du Bénin. Il aurait invité les responsables de la société à associer les victimes des terres expropriées pour définir les critères de dédommagement. Ceci justifiait-il,éviterait ce qu'il qualifie d'une "Apartheid sociale”. C'est-à-dire une injustice sociale, selon ses explications.
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