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Sexe contre logement : un piège qui vise les étudiantes étrangères en Irlande

Sexe contre logement : un piège qui vise les étudiantes étrangères en Irlande

En Irlande, certaines étudiantes étrangères en quête de logement se voient proposer un hébergement en échange de relations intimes. Des témoignages révèlent une réalité méconnue du grand public.

En Irlande, certaines étudiantes étrangères en quête de logement se voient proposer un hébergement en échange de relations intimes. Des témoignages révèlent une réalité méconnue du grand public.

Image d'archives, pour illustration

Image d'archives, pour illustration

La recherche de logement à Dublin, capitale irlandaise, peut devenir un véritable défi pour les étudiantes venues de l’étranger. Un reportage de RFI publié mardi 22 juillet 2025, met en lumière des situations particulières où certaines se voient proposer un toit contre le sexe. 

 

Le mécanisme est bien rodé : les annonces ne formulent jamais explicitement les demandes sexuelles, mais les intentions deviennent claires une fois le premier contact établi.

 

À l’été 2022, Darlene Duran quitte la Bolivie pour s’installer en Irlande dans l’objectif d’apprendre l’Anglais. Ce projet académique se heurte à une situation inattendue. « J'ai vu une annonce pour louer une chambre individuelle à 700 euros », raconte-t-elle à RFI. « Mais quand j’ai contacté l’homme qui l’avait postée, il m’a dit : "Oui, oui, c’est une chambre individuelle parce que c’est ma chambre. Comme je travaille la nuit, elle sera libre pour toi. Je serai juste là de temps en temps." »

 

Darlene comprend rapidement qu’il y a quelques choses qui cloche. « Je lui ai dit : “Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Moi, j’ai besoin d’un endroit à moi, un endroit où je me sens en sécurité.” » 

 

Des réponses politiques attendues

 

Derrière ces dérives, un problème structurel. Pour les étudiantes étrangères, accéder au marché du logement classique est quasiment impossible. « Vous ne remplissez pas les critères exigés . Pas de référence, pas de preuve de revenu stable, des éléments qui prouvent que vous êtes un locataire fiable », explique Darlene.

 

Cet état de chose induit alors une recherche de logement via les réseaux sociaux, où rôdent de nombreux prédateurs. « Malheureusement, surtout sur Facebook, certaines personnes essaient d’en profiter », confie-t-elle. 

 

Faute d’alternatives, beaucoup acceptent des conditions précaires, parfois dans des chambres partagées avec quatre ou cinq personnes, hommes et femmes confondus.

 

 Dans ces conditions, tout peut arriver. « Une amie vivait chez l’habitant. Un soir, son propriétaire, ivre, a tenté quelque chose. Il l’a menacée : si elle ne voulait pas, elle devait quitter la maison. Elle a fui, en pleine nuit. », raconte Darlene.

 

Ces faits ne sont pas isolés. Un membre du conseil irlandais des étudiants internationaux a confié à RFI que 5 % des étudiantes étrangères ont déjà été confrontées à des propositions de nature sexuelle contre un hébergement. Mais cette statistique, déjà préoccupante, ne serait que « la partie visible de l’iceberg ».

 

Face à cette situation, le conseil appelle à une action législative forte. Le nouveau ministre de la Justice, Jim O'Callaghan, indique que le gouvernement envisage de criminaliser spécifiquement les propositions sexuelles en échange de logement. Une mesure qui, si elle voit le jour, constituerait une première réponse institutionnelle à cette pratique de troc sexuel contre logement.

 

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