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Une révision de constitution est enclenchée au Sénégal par la mise à la disposition du public l’avant-projet. Le gouvernement Sénégal l’a annoncé ce lundi 27 avril 2026 sur sa page Facebook suivi d’un lien qui permet d’aller consulter ou de télécharger le document. Dans le document, il est évoqué d’abord, les motivations de cette révision constitutionnelle.
Au cœur du texte, la question de l’équilibre des pouvoirs s’impose comme fil conducteur. « La recherche d’une distribution équilibrée des pouvoirs a constitué l’un des axes majeurs de réflexion », précise l’exposé des motifs, en référence aux Assises nationales de 2009, aux travaux de 2013 sur la réforme des institutions et au Pacte national de bonne gouvernance. Depuis la crise institutionnelle de 1962, le fonctionnement du système politique reste marqué par « une ambivalence structurelle » entre présidentialisme et mécanismes parlementaires.
Le document met en avant un déséquilibre progressif, accentué par « un présidentialisme prégnant », ayant affecté les rapports entre les pouvoirs, mais aussi l’organisation interne de l’Exécutif. Dans cette perspective, les autorités entendent « procéder à un meilleur rééquilibrage des prérogatives au sein de l’Exécutif » afin de « consolider davantage l’État de droit et la bonne gouvernance ».
La réforme s’appuie également sur les conclusions des Assises de la Justice de 2024 et du Dialogue national sur le système politique en 2025. Ces cadres ont mis en avant « la nécessité d’une refondation du Conseil constitutionnel » pour répondre aux exigences de transparence, d’impartialité et de sécurité juridique.
Les nouveautés introduites
Plusieurs innovations sont introduites dans cet avant-projet. Il prévoit notamment l’adaptation du préambule aux évolutions constitutionnelles, ainsi que « l’instauration d’une véritable séparation des pouvoirs entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire ». L’Assemblée nationale verrait ses prérogatives élargies avec la possibilité « d’entendre toute personne » dans le cadre de commissions d’enquête.
Le texte encadre également les décisions engageant l’État entre l’élection présidentielle et la proclamation des résultats, tout en introduisant la contextualisation du serment du chef de l’État. Parmi les mesures phares figurent la création d’une Cour constitutionnelle, la reconnaissance du droit d’accès au service universel des communications électroniques et l’incompatibilité entre la fonction présidentielle et toute responsabilité partisane.
Dernière image d’un chantier institutionnel ouvert, ce projet trace les contours d’un nouvel équilibre où les pouvoirs se redéfinissent sous le regard du public.
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