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Rapprochement Bénin - Niger : ce que Niamey attend de Romuald Wadagni, le successeur de Patrice Talon

Rapprochement Bénin - Niger : ce que Niamey attend de Romuald Wadagni, le successeur de Patrice Talon

À l’approche de l’investiture du président élu béninois Romuald Wadagni, prévue le 24 mai, les autorités nigériennes ont exprimé leurs attentes tout en laissant entrevoir la possibilité d’un réchauffement des relations.

À l’approche de l’investiture du président élu béninois Romuald Wadagni, prévue le 24 mai, les autorités nigériennes ont exprimé leurs attentes tout en laissant entrevoir la possibilité d’un réchauffement des relations.

Vers un rapprochement entre Niamey et Porto-Novo après le départ de Patrice Talon? La possibilité d’un dégel de la tension entre les deux pays voisins d’Afrique de l’Ouest s’entrevoit à moins d’un mois de l’investiture de Romuald Wadagni, le président élu au Bénin.

Intervenant le 21 avril sur la télévision nationale, le ministre nigérien de l’Intérieur, Mohamed Toumba, a énoncé les attentes du Niger pour une possible reprise de coopération avec le Bénin.

 

Mohamed Toumba a fait savoir qu’il faudra que Romuald Wadagni donne des « gages de bonne volonté ». Le ministre de l’Intérieur du Niger  souhaite que « le Bénin dise qu’il n’a rien à voir avec les intérêts de la France ». 

Le chef de la sécurité intérieur du Niger estime que Patrice Talon, le président sortant du Bénin n’était pas le problème.  « Patrice Talon est parti, mais Talon n’était pas le véritable problème. Le véritable problème, c’est Macron », a affirmé le général nigérien. 

 

Comme son chef,  le ministre Toumba présente Patrice Talon comme « quelqu’un qui est instrumentalisé par la France. » et dont le péché serait d’accorder  « la facilité aux Français » d’essayer d’attaquer le Niger à partir du Bénin. 

Dans l’espoir que Wadagni se démarque de son prédécesseur, Mohamed Toumba demande au nouveau président béninois de ne pas faciliter «la présence de la France sur son territoire pour agresser des voisins à eux, parce que c’est de cela qu’il s’agit ».

 

Une volonté partagée d’éviter l’escalade

Du côté béninois, le président élu Romuald Wadagni a adopté un ton résolument conciliant. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, il a souligné la nécessité d’un dialogue entre États voisins confrontés aux mêmes défis, notamment en matière de sécurité, de pauvreté et d’emploi des jeunes. « Les pays de la région ont les mêmes défis à relever : la sécurité, la pauvreté et le chômage des jeunes.» avait-il déclaré dans l’entretien qu’il a accordé à Jeune Afrique le 23 mars dernier.

Le successeur en attente de Patrice Talon a noté que ces pays avaient un même objectif à atteindre : « une prospérité partagée» et que «  la seule façon d’y parvenir est de travailler ensemble ».

 

Insistant sur l’interdépendance des pays de la région, il a plaidé pour une coopération renforcée, rappelant que les échanges entre responsables militaires n’avaient jamais été totalement interrompus. 

Pour le futur chef de l’État béninois, l’équilibre à trouver reste délicat. Entre le maintien de partenariats historiques et la nécessité de restaurer des relations de confiance avec un voisin stratégique, la marge de manœuvre apparaît étroite. Mais les signaux envoyés de part et d’autre laissent entrevoir une possibilité d’apaisement. Si les attentes du Niger demeurent élevées, elles s’inscrivent dans une dynamique où le dialogue reste envisageable.

À Cotonou comme à Niamey, la reconnaissance de défis communs pourrait servir de point d’ancrage à une reprise progressive des relations.

 

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