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Réinsertion sociale des prisonniers au Bénin : 171 détenus formés à divers métiers décrochent leur CQM

Réinsertion sociale des prisonniers au Bénin : 171 détenus formés à divers métiers décrochent leur CQM

L'Agence pénitentiaire du Bénin a remis, mardi 30 juin 2026, les Certificats de qualification aux métiers (CQM) à des détenus et ex-détenus admis à la session d'octobre 2025. Une première qui illustre la volonté de faire de la prison un véritable espace de réinsertion.

L'Agence pénitentiaire du Bénin a remis, mardi 30 juin 2026, les Certificats de qualification aux métiers (CQM) à des détenus et ex-détenus admis à la session d'octobre 2025. Une première qui illustre la volonté de faire de la prison un véritable espace de réinsertion.

Une ex-détenue recevant son certificat CQM, ce mardi 30 juin 2026 à la prison d'Akpro-Missérété

Une ex-détenue recevant son certificat CQM, ce mardi 30 juin 2026 à la prison d'Akpro-Missérété

Les applaudissements ont résonné bien au-delà des murs de la prison civile d'Akpro-Missérété. Mardi 30 juin 2026, l'établissement pénitentiaire a accueilli une cérémonie peu ordinaire : la remise des Certificats de qualification aux métiers (CQM) à des détenus et anciens détenus issus des maisons d'arrêt de Ouidah, Porto-Novo et de la prison d'Akpro-Missérété. Une étape marquante dans la politique de réinsertion des prisonniers engagée par l'État béninois.

 

Une réussite qui dépasse les chiffres

 

Rythmée par des prestations culturelles et musicales assurées par les détenus eux-mêmes, la cérémonie a célébré bien plus qu'une réussite académique. Sur les 173 candidats présentés à la session d'octobre 2025, 171 ont été déclarés admis, soit un taux de réussite de 98,84 %. Les détenus ont été formés en Couture, coiffure, menuiserie et peinture-bâtiment etc…

 

 

Pour le directeur général de l'Agence pénitentiaire du Bénin (APB), François Hounkpè, cette performance confirme que la prison peut devenir un lieu de reconstruction. « La peine privative de liberté ne saurait se réduire à sa seule dimension punitive. Elle doit aussi ouvrir un chemin de relèvement, de réparation et de retour à la vie en société », a-t-il déclaré.

Une vue des autorités présentes à la remise des certificats CQM aux détenues et ex-detenus, ce mardi 30 juin 2026 à la prison d'Akpro-Missérété

Il a rappelé que depuis 2021, l'Agence s'est engagée à offrir des formations qualifiantes aux personnes privées de liberté afin de préparer leur réintégration. « Former, qualifier, accompagner : telles sont les exigences que nous nous sommes assignées », a insisté le responsable, avant de saluer « la volonté résolue des bénéficiaires de se reconstruire ».

 

 

Une initiative inédite au Bénin

 

Présente aux côtés de l'Agence pénitentiaire, la Chambre des métiers de l'artisanat a salué une expérience sans précédent. Son secrétaire général adjoint, Cyr Davodoun, a reconnu que cette première collaboration avait suscité quelques inquiétudes. « Nous étions partagés entre l'appréhension et la volonté de relever un défi », a-t-il confié.

 

 

Les craintes se sont rapidement dissipées grâce au comportement exemplaire des candidats. « Ils ne nous ont créé aucun problème. Ils ont fait preuve d'engagement, de responsabilité et de discipline », a-t-il souligné. Selon lui, cette initiative rappelle que « la formation, c'est tout au long de la vie » et qu'elle doit rester accessible, même en milieu carcéral.

 

 

La prison comme lieu de renaissance

 

Représentant le ministre de la Justice, le directeur de cabinet Florentin Gbodou a replacé cette action dans la vision portée par le gouvernement. « La prison n'est plus seulement un lieu de sanction, mais également un espace de transformation, de reconstruction et de renaissance », a-t-il affirmé, invitant les lauréats à considérer leur certificat comme « un instrument de renaissance » et « un passeport vers une vie nouvelle ».

Un détenu recevant son CQM, ce mardi 30 juin 2026 à la prison d'Akpro-Missérété

L'émotion était également palpable dans les mots du porte-parole des récipiendaires. « Aujourd'hui, les murs de la prison ne retiennent que nos corps, mais plus nos ambitions », a-t-il déclaré. Pour lui, ce diplôme représente « la preuve que changer est possible » et « une clé pour travailler demain, nourrir nos familles et marcher la tête haute lorsque viendra le jour de la liberté ».

 

 

Après Akpro-Missérété, la remise des certificats se poursuivra dans les établissements pénitentiaires d'Abomey et de Parakou. Une nouvelle étape dans un programme qui entend faire de la qualification professionnelle un levier durable de réinsertion et de lutte contre la récidive.

 

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