politique

Sénégal: Sonko assume le durcissement des peines sur l'homosexualité et renvoie l'Occident à ses propres lois

Sénégal: Sonko assume le durcissement des peines sur l'homosexualité et renvoie l'Occident à ses propres lois

Ousmane Sonko a défendu le durcissement des peines applicables aux relations homosexuelles dans son pays au détour d'une interview conjointement accordée à RFI et France 24. L'actuel président de l'Assemblée nationale du Sénégal déclare que son pays «n'a pas à se justifier des lois qu'il prend, ni devant l'Occident, ni devant personne».

Ousmane Sonko a défendu le durcissement des peines applicables aux relations homosexuelles dans son pays au détour d'une interview conjointement accordée à RFI et France 24. L'actuel président de l'Assemblée nationale du Sénégal déclare que son pays «n'a pas à se justifier des lois qu'il prend, ni devant l'Occident, ni devant personne».

Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale du Sénégal

Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale du Sénégal

Sonko assume le durcissement des peines sur l'homosexualité et renvoie l'Occident à ses propres lois. Dans une interview diffusée par France 24 et RFI ce lundi 15 juin 2026, le président de l'Assemblée nationale du Sénégal s'est offusqué contre les critiques des Nations unies et de la France sur les arrestations visant des personnes homosexuelles dans son pays.

 

 

Face aux questions des deux journalistes sur les critiques des Nations unies et de la France concernant les arrestations de personnes homosexuelles au Sénégal, le leader du parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (PASTEF) a rappelé que le Sénégal reste et demeure un pays souverain.

 

 

«Il [le Sénégal, NDLR] n'a pas à se justifier des lois qu'il prend, ni devant l'Occident, ni devant personne», a-t-il martelé.

 

Il a retourné l'argument en citant les lois françaises sur le voile islamique et le hijab, que le Comité des droits de l'homme des Nations unies a lui-même jugées «attentatoires aux droits humains». «Vous ne nous avez pas entendu nous prononcer, ni notre presse. Nous attendons la même courtoisie, le même respect», a-t-il lancé.

 

 

Sonko revendique la souverainté du Sénégal

Pour l'ancien Premier ministre, le Sénégal est un pays attaché à ses croyances religieuses, ses convictions culturelles et qui, de ce fait, «légifère souverainement sur ce qu'il considère être rejeté par sa société».

 

 

Interrogé sur un éventuel recul, Ousmane Sonko a été catégorique. «Non. Pourquoi reviendrai-je sur cette loi ? Parce que la France n'en veut pas ? Cette loi, s'il y a nécessité de la renforcer, on la renforcera, mais on n'y reviendra absolument pas», a-t-il répondu.

 

 

Dans sa prise de parole, Ousmane Sonko a par ailleurs récusé l'idée d'une «chasse aux homosexuels». Il a clarifié que la loi sur l'homosexualité n'est point une nouvelle loi.

 

 

«Il y a une loi sénégalaise qui date de plus de 30 ans. Vous semblez vouloir faire croire que c'est une loi nouvelle, alors que non. Ce sont les peines qui ont été corsées», a-t-il nuancé.

 

Le chef du parlement sénégalais renchérit en affirmant que la loi sur l'homosexualité date depuis l'époque du président Léopold Sédar Senghor, «avec les mêmes incriminations de la pratique de l'homosexualité».

 

 

Il a par ailleurs lié le déclenchement des arrestations à «la transmission volontaire du VIH», un aspect «extrêmement important» qu'il accuse la presse occidentale d'occulter délibérément.

 

 

Ousmane Sonko s'est toutefois démarqué des excès constatés dans la gestion publique des dossiers. Sans remettre en cause la loi, il a dénoncé la publication dans la presse des détails d'auditions relevant du secret de l'instruction, et les conséquences sur les familles des personnes interpellées.

 

 

«Tout citoyen a droit à une garantie absolue sur sa liberté, mais surtout d'être en sécurité sur le territoire national. Ce n'est pas aux citoyens d'identifier ou de régler des cas d'infractions supposées», a-t-il soutenu.

 

 

Après, poursuit-il, il estime que la justice a ses méthodes. « J'ai été le premier ici à dénoncer et ça m'a valu même des critiques acerbes des partisans de cette loi; le fait que nous n'avons pas le droit de livrer à la vindicte des familles entières».

 

 

Le texte sur l'homosexualité a été adopté par une large majorité par l'Assemblée nationale sénégalaise le 11 mars 2026.

 

0 commentaire

0 commentaire