vue partielle des responsables des partis de l'opposition lors de la conférence de presse à Cotonou mercredi 14 mars 2024
« Insipide, pernicieux, toxique, truffé d’incohérences et de clauses léonines ». Au Bénin, l’opposition ne manque pas de qualificatifs pour critiquer le nouveau Code électoral amendé par l’Assemblée nationale. Face à la presse mercredi 13 mars 2024, les partis Les Démocrates, FCBE, NFN, GSR et MPL ont élevé une vive protestation contre les modifications apportées à la loi électorale par le parlement lors de sa session plénière du 5 mars 2024.
Pour ces partis politiques de l’opposition, les modifications apportées au Code électoral s’inscrivent dans le cadre de la mise en place par le régime du président Patrice Talon d'un « écosystème juridique et institutionnel, favorisant l'exclusion et réduisant le champ d'expression politique à une seule minorité partisane » proche de lui.
Dans la déclaration préliminaire lue par l’ex-député Guy Mitokpè, secrétaire national à la communication du parti Les Démocrates, les cinq partis d’opposition ont jugé que les amendements portés au Code électoral le sont dans un esprit de revanche après le rejet de la proposition de loi portant révision de la constitution le 1er mars 2024.
« Aussitôt après le rejet de la proposition de loi portant révision de la constitution, des voix pas des moindres au parlement, se sont élevées pour promettre l’enfer à l’opposition à travers des représailles et persécutions qui devraient se traduire dans le projet à venir notamment celui de la loi électorale. Comme on devrait s’y attendre, les fruits ont tenu la promesse des fleurs. La proposition de loi portant modification du code électoral et les amendements qui s’en sont suivis tous quasiment portés par les députés de la majorité parlementaire, ont accouché d’un code insipide, pernicieux, toxique, truffé d’incohérences et de clauses léonines qui traduit l’esprit de revanche annoncé », ont-ils déclaré.
Le Code électoral modifié, ont-ils souligné, a corsé à l’excès les conditions de candidature et d’éligibilité déjà difficiles pour les partis politiques. Suivant les modifications apportées à la loi électorale, seules les listes ayant recueilli au moins 20% du suffrage valablement exprimé par circonscription électorale législative seront éligibles à la répartition des sièges au parlement. Ce seuil était de 10% au plan national. Pour la présidentielle, les candidats devraient obtenir le parrainage d’au moins 10% des élus parlementaires et maires. Désormais, ce seuil est passé à 15%.
« Que recherche-t-on alors sinon que d’honorer une récente promesse faite au sein même de l‘hémicycle de disposer de la totalité d’élus par une seule et même obédience politique ? », s’interrogent les partis d’opposition.
Pour les partis FCBE, LD, NFN, GSR et MPL, les modifications opérées sur le Code électoral est simplement un « coup d’Etat institutionnel en préparation (…) dans le cadre des élections de 2026 ». Et ils n’entendent pas laisser faire. « Cette énième forfaiture ne passera pas », ont-ils déclaré appelant la CEDEAO, l’UEMOA, l’Union Africaine, les chancelleries étrangères à se préoccuper de la situation.
Contre les modifications apportées au Code électoral, plusieurs recours ont été formés. La Cour constitutionnelle doit les examiner dans un futur proche. Une audience prévue jeudi 14 mars 2024 à la Cour constitutionnelle dans le cadre de l’examen des recours.
Les partis politiques de l’opposition, lors de leur conférence de presse, ont invité les membres de la cour constitutionnelle « au respect de leur serment et à faire preuve de sagesse comme leurs confrères du Sénégal ». Ceci, en déclarant contraire à la constitution plusieurs dispositions nouvelles du Code électoral amendé.
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