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Union africaine : ça chauffe dans la tête de Moussa Faki Mahamat

Union africaine : ça chauffe dans la tête de Moussa Faki Mahamat

Dans un tour d’horizon de la situation qui prévaut sur le continent, Moussa Faki Mahamat, le Président de la commission de l’Union africaine a multiplié les questions sur ce qui pourrait expliquer l’échec des dispositifs de l’organisation continentale à faire face à la résurgence des coups d’Etat, la montée du terrorisme et des conflits.

Dans un tour d’horizon de la situation qui prévaut sur le continent, Moussa Faki Mahamat, le Président de la commission de l’Union africaine a multiplié les questions sur ce qui pourrait expliquer l’échec des dispositifs de l’organisation continentale à faire face à la résurgence des coups d’Etat, la montée du terrorisme et des conflits.

Moussa Faki Mahamat, Président de la commission de l'Union africaine

Moussa Faki Mahamat, Président de la commission de l'Union africaine

« Que sont devenues notre Architecture de Paix et de Sécurité Africaine (APSA) et sa sœur jumelle l'Architecture de Gouvernance Africaine (AGA) dont la seule évocation des sigles nous galvanisait et nous faisait frémir de fierté ? Sommes-nous trompés en les concevant selon leur physionomie actuelle ? Avons-nous pêché par mimétisme aveugle en les concevant comme nous l'avons fait ? Comment échapper alors à ce questionnement lancinant ? ». Moussa Faki Mahamat ne sait plus à quel saint se vouer face aux démons qui hantent l'Afrique.

 

S’exprimant à l’ouverture de la 37è session ordinaire de l’Union africaine à Addis-Abeba, samedi 17 févier 2024, le Tchadien à la tête de la commission de l’Union africaine s’est étendu sur le chaos qui se produit çà et là sur le continent africain.  Terrorisme, coups d’Etat et conflits multiformes sont les démons qui troublent le chef de la commission de l’UA.

 

 « Chez nous en Afrique, le terrorisme déstructure certains de nos États en inversant les priorités par la multiplication des dépenses militaires exorbitantes, aux dépendances des secteurs sociaux vitaux, tout en ouvrant la voie aux discours populistes trompeurs. », se désole Moussa Faki dans un contexte mondial marqué par la guerre persistante en Europe entre Russes et Ukrainiens et dont le champ de dévastation en vies humaines et en biens ne cesse de s'étendre, au grand préjudice de tous les peuples du monde. 

 

Passant en revue les évènements qui meurtrissent les cœurs en Afrique, Moussa Faki souligne que les accessions non-constitutionnelles au pouvoir « se multiplient en totale défiance de tout l'ordonnancement politico-juridique qui a fondé l’Union africaine.  De mémoire d’homme, fait-il savoir, «  jamais depuis la création de l'UA un tel nombre de transitions post changement non constitutionnel n'a été atteint en Afrique. » Il se dégage à son entendement, un échec indéniable. « Notre échec à contrer un tel phénomène est patent. Au lieu d'être des modes joyeux de transfert ou de maintien pacifique du pouvoir, les élections sont devenues, par l'ampleur de leurs irrégularités, des facteurs d'approfondissement de crises. »

 

 

Malgré les multiples résolutions prises, il rappelle que la Libye demeure "divisée et livrée à toute sorte d'ingérences extérieures assouvissant leurs insatiables appétits". Sur le cas du  Soudan, le Chef de la Commission de l’UA décrit un pays "meurtri, déchiré, profondément piétiné par ses élites", qui « s'enfonce dans le chaos et les appels de son peuple pour la paix, la justice restent ignorés ».  A ce niveau, s’interroge-t-il encore, « comment, dès lors, ne pas condamner avec vigueur l'entêtement des auteurs de cette aventure insensée et promouvoir de toute urgence une solution politique consensuelle telle que l'IGAD et l'UA, soutenus par des pans entiers de la Communauté internationale, y avaient appelé dès l'éclatement de la guerre ? »

 

Dans une autre région du continent, la Corne de l'Afrique, il observe que cette partie de l’Afrique « ne cesse de générer les tendances les plus inquiétantes pour tous les hommes épris de paix et de justice. L'impératif du respect total de la souveraineté, de l'intégrité, de la sécurité et des intérêts fondamentaux de tous les pays de la région n'a jamais été aussi crucial qu'il ne l'est de nos jours. »

 

Il y a urgence, dit Moussa Faki : « Les Grands lacs multiplient les signes d'aggravation de leur crise sempiternelle nourrie des problématiques irrésolues à l'Est de la République Démocratique du Congo. L'Afrique ne saurait baisser les bras et ne pas s'atteler à la promotion d'une vraie paix dans cette région. »

 

Miné par le terrorisme et les coups d’Etat avec les démons de la division en action, « le Sahel, signale-il, inquiète au plus haut point pour le vide qui s'y installe dangereusement depuis le retrait de la Mission des Nations Unies, la dénonciation des Accords d'Alger et le retrait du Mali, du Burkina et du Niger de la CEDEAO. »

 

A côté, il y a également la Teranga  avec ses crises politiques saisonnières. « La situation au Sénégal, pays modèle en matière de démocratie, nous préoccupe au plus haut point. Notre vif souhait est que, rapidement, il retrouve la voie de la sagesse pour régler sa crise institutionnelle conformément aux principes de l'État de droit et aux intérêts fondamentaux de son grand peuple. », a lâché Moussa Faki.

 

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