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Union Africaine : les chefs d’Etat et de gouvernements interpellés sur 04 insuffisances et limites institutionnelles

Union Africaine : les chefs d’Etat et de gouvernements interpellés sur 04 insuffisances et limites institutionnelles

Le président de la Commission de l’organisation continentale, Moussa Faki, a interpellé les chefs d’Etat et de gouvernement sur 04 insuffisances et limités institutionnelles. C’est à l’ouverture de la 37e session ordinaire de l’Union africaine à Addis-Abeba, samedi 17 février 2024.

Le président de la Commission de l’organisation continentale, Moussa Faki, a interpellé les chefs d’Etat et de gouvernement sur 04 insuffisances et limités institutionnelles. C’est à l’ouverture de la 37e session ordinaire de l’Union africaine à Addis-Abeba, samedi 17 février 2024.

L’Union africaine, malgré la réforme institutionnelle engagée, présente encore des insuffisances et des limités institutionnelles. Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki a mis le doigt sur un certain nombre à l’ouverture de la 37e session ordinaire de l’organisation continentale à son siège à Addis-Abeba en Ethiopie.

 

 

Moussa Faki a notamment relevé quatre insuffisances et limités institutionnelles sur lesquelles il a interpellé les chefs d’Etat et de gouvernement.

 

 

1-Les pouvoirs de la commission et de son président

 

La première insuffisance soulignée par Moussa Faki est relative aux pouvoirs de la Commission et de son président. « Bien que le président de la Commission soit reconnu dans les textes comme le représentant légal, il est paradoxalement dépourvu de marge suffisante pour agir dans l’urgence sur les questions stratégiques », a souligné Moussa Faki.

 

 

Le président de la Commission de l’UA a attiré l’attention des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation continentale sur la nécessité de se pencher sur cette question.

 

 

2-Non application des décisions

La deuxième insuffisance sur laquelle Moussa Faki a mis le doigt concerne la non-application des décisions des organes de l’Union Africaine. Le président de la Commission de l’Union africaine a souligné que la tendance effrénée de prise de décisions sans volonté politique réelle de les appliquer a pris une ampleur telle qu’elle est devenue dévastatrice de la crédibilité individuelle et collective.

 

 

Selon des statistiques rendues publiques par le président de la Commission de l’Union africaine, 93% des décisions prises durant les trois dernières années 2021, 2022 et 2023 n’ont pas été mises en œuvre. « Cette défiance presque systématique aux décisions des sommets des chefs d’Etat et de gouvernement est perceptible à l’échelle des Etats membres ainsi qu’à l’échelle des Communautés économiques régionales. Il est devenu banal de voir ceux-ci outrepassées voire allègrement violées les décisions des organes continentaux », a souligné Moussa Faki.

 

 

Face à cette situation, le président de la Commission de l’UA s’interroge sur la pertinence que les réunions de l’organisation continentale soient sanctionnées par des décisions et invite les chefs d’Etat et de gouvernement à la réflexion sur cet état des choses.

 

 

3-Pas de développement possible en vase clos

 

Moussa Faki a également interpellé les Chefs d’Etat et de gouvernement sur le partenariat international. Selon le président de la Commission de l’UA, l’une des contraintes majeures qui a paralysé l’action générale de l’organisation continentale est relative à l’opérationnalisation de notre partenariat international.

 

 

« L’Afrique doit, certes compter sur ses propres forces intellectuelles, le génie de ses peuples et ses immenses potentialités d’une richesse extrême, elle ne peut cependant évoluer en vase clos à un moment où la mondialisation est en plein régime. L’Afrique ne peut se développer que dans une solide et féconde avec son environnement international »,a-t-il fait remarquer appelant à une « réflexion audacieuse et des décisions courageuses ».

 

4- ''Véritable affaissement'' de la solidarité interafricaine

 

La quatrième insuffisance relevée par le président de la Commission de l’UA porte sur la solidarité interafricaine. Moussa Faki a déclaré avoir constaté au cours de ses deux mandats à la tête de la Commission de l’UA, un « véritable affaissement » de la solidarité interafricaine.

 

 

Le président de la Commission de l’UA s’interroge sur comment renouer avec cette solidarité qui, au temps de la libération nationale et de la lutte contre le régime exécrable de l’apartheid, a-t-il rappelé, était à son sommet, « portée par le puissant sentiment du panafricanisme ».

 

 

« Comment devons-nous cesser de regarder les terroristes ravagés certains de nos Etats sans rien faire ? Comment accepter d’observer des pays africains détruits, des régions entières englouties par les tremblements et des tsunamis sans rien faire de significatif ? Comment retrouver notre humanité africaine, socle de notre identité et de notre destin commun ? », s’est interrogé Moussa Faki.

 

 

« Nous sommes désormais interpellés par l’urgence des positions claires sur cet ensemble de problématiques au cœur de l’émergence de notre organisation et de notre continent. Le resserrement de notre unité, et l’intensification de nos combats requièrent un nouveau sursaut, une vraie renaissance du nationalisme, et du panafricanisme », a conclu Moussa Faki.  

 

 

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