Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement béninois
Il y a panafricaniste et panafricaniste. Au Bénin, le porte-parole du gouvernement est monté au créneau pour éclairer la lanterne de ses compatriotes sur ce qui se joue avec la manipulation de masse sous le couvert du panafricanisme.
Invité du plateau du journal télévision sur la chaîne de service public ORTB, lundi 21 août, Wilfried Léandre Houngbédji a fait la part des choses. « Il y en a qui sont de très bonne foi. Et il y en a, hélas !, un petit nombre qui ne dit pas autres et surtout pas aux populations qu’ils manipulent, qu’ils sont entretenus, rémunérés, entrepris par d’autres pays ».
Le Secrétaire général adjoint du gouvernement rappelle que des enquêtes journalistes documentés ont permis de mettre à nu certains influenceurs se revendiquant panafricanistes.
« Certains d’entre eux ont été nommément cités (…) à qui ils ont d’ailleurs donné la parole pour démentir si oui ou non, ils étaient stipendiés de tels pays et ils ont reconnu. » De ce qu’il a lu dans la presse à leur sujet, les financements occultes obtenus par ces panafricanistes mis en cause se chiffrent en « des centaines de milliers de dollars ou d’euros tout au moins » et « ils ont reconnu cela mais, ils ne vont jamais dire aux populations ».
Une incompréhension
Dans son intervention Wilfried Léandre Houngbédji s’est également étalé sur une incompréhension qu’il note chez des panafricanistes dont il parle. Alors qu’ils livrent la France à la vindicte populaire, certains des panafricanistes détiennent la double nationalité avec des passeports français.
« Certains parmi eux qui pensent que la France, c’est le malheur de tous les pays africains, ils ont le passeport français, ils ont la double nationalité. Pourquoi ils ne renoncent pas à cette nationalité pour dire, "on se consacre à notre nationalité africaine. On ne veut plus être français" ?», interroge-t-il.
« On en a vu déchirer le billet de banque CFA, on veut les voir aussi déchirer le passeport français, la carte d’identité française pour dire " nous, on est africain pur-sang, on ne veut plus rien faire avec la France." », tourne en dérision le porte-parole du gouvernement béninois.
Pas nommément cité par le SGAG, Kémi Séba le président du mouvement Urgences-panafricanistes figure parmi les activistes ayant brûlé le CFA dans les manifestations réclamant la fin de la monnaie héritée de la période coloniale. Le franco-béninois est aussi cité dans de nombreuses enquêtes journalistes comme un des activistes bénéficiaires de financements occultes.
Dans une publication en mars 2023, Jeune Afrique a notamment révélé que l’oligarque russe et patron du très controversé groupe paramilitaire Wagner Evgueni Prigojine a financé Kemi Seba pour servir ses ambitions africaines.
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