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L’avenir économique du Bénin s’écrit déjà dans les chiffres. En séance plénière au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, ce mercredi 24 juin 2026, les députés ont examiné les orientations budgétaires qui serviront de socle à la préparation du budget de l’État pour 2027. Un exercice stratégique qui intervient dans un contexte particulier : celui du premier débat d’orientation budgétaire du septennat du président Romuald Wadagni.
Pour le président de la Commission des finances et des échanges, Gérard Gbénonchi, ce rendez-vous constitue « un moment essentiel de notre calendrier budgétaire », permettant d’évaluer les performances récentes du pays et de mesurer la cohérence des choix retenus pour les années à venir.
Une économie qui résiste et accélère
L’analyse de la période 2023-2026 révèle une dynamique économique particulièrement favorable. Malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes énergétiques et les défis sécuritaires, le Bénin a maintenu un rythme de croissance parmi les plus élevés du continent.
Selon le rapport présenté aux députés, « le taux de croissance économique est passé de 6,4 % en 2023 à 7,5 % en 2024, avant d’atteindre 8,1 % en 2025, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis l’avènement du renouveau démocratique ».
Cette progression s’explique par plusieurs facteurs. L’agriculture a continué de jouer son rôle moteur, tandis que l’industrie, les bâtiments et travaux publics, ainsi que les services et le commerce ont affiché un dynamisme soutenu.
Autre indicateur jugé particulièrement encourageant : la maîtrise de l’inflation. Entre 2023 et 2025, le taux moyen s’est établi à seulement 1,7 %, restant largement en dessous du plafond communautaire fixé à 3 % par l’UEMOA. Une performance qui témoigne d’une certaine stabilité du cadre macroéconomique.
Des finances publiques en amélioration
Les résultats enregistrés par les régies financières confirment également cette tendance positive. Les recettes ont atteint 2 193,2 milliards de francs CFA en 2025, soit une progression de près de 29 % par rapport à 2023. Dans le même temps, l’État a poursuivi ses investissements dans les infrastructures et les secteurs sociaux prioritaires. Les dépenses publiques sont passées de 2 289,8 milliards de francs CFA en 2023 à 2 648,5 milliards en 2025.
Les entreprises publiques ont également amélioré leurs performances. Leur chiffre d’affaires est passé de 522,3 milliards à 785,5 milliards de francs CFA en deux ans. Les collectivités territoriales ont suivi la même dynamique, avec des recettes communales en hausse de 22 %, atteignant 107,6 milliards de francs CFA en 2025.
Le rapport souligne par ailleurs que la Caisse nationale de sécurité sociale a dégagé un excédent de 123,5 milliards de francs CFA, même si le Fonds national des retraites du Bénin continue de faire face à des déficits structurels nécessitant la poursuite des réformes.
2027-2029 : cap sur l’industrialisation et le développement territorial
Pour les trois prochaines années, le gouvernement entend consolider ces acquis tout en accélérant les transformations économiques engagées. Les priorités identifiées concernent notamment la lutte contre l’extrême pauvreté, le renforcement des filets sociaux, la territorialisation du développement autour de six pôles régionaux, l’industrialisation et la transformation locale des produits agricoles. Le tourisme, l’innovation technologique, l’intelligence artificielle et le développement du capital humain figurent également parmi les axes stratégiques retenus.
Le scénario de référence présenté prévoit une croissance moyenne de 7,5 % par an entre 2027 et 2029. Les ressources budgétaires devraient progresser de 11 % dès 2027, tandis que les dépenses augmenteraient à un rythme maîtrisé. Cette trajectoire permettrait de poursuivre l’assainissement des finances publiques. Le déficit budgétaire, estimé à 3,1 % du PIB en 2026, devrait être progressivement réduit pour atteindre 2,7 % en 2029.
Des perspectives favorables sous surveillance
Si les indicateurs demeurent orientés au vert, la Commission des finances appelle à la vigilance. Les risques liés aux tensions internationales, aux menaces sécuritaires, aux aléas climatiques ou encore à l’évolution de l’économie nigériane pourraient influencer les prévisions établies. Malgré ces incertitudes, les députés ont pris acte d’une économie qui affiche une solidité croissante et d’une stratégie gouvernementale résolument tournée vers la transformation structurelle du pays.
Comme l’a résumé Gérard Gbénonchi devant ses collègues, la Commission a noté « avec satisfaction la solidité des fondamentaux économiques du Bénin, la qualité de la gestion budgétaire observée ces dernières années ainsi que les perspectives favorables envisagées pour la période 2027-2029 ». Une feuille de route qui servira désormais de boussole aux choix budgétaires des prochaines années.
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