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Présidentielle 2026: ce que dit Vano Baby dans Bo Ébi, la chanson qui accompagne Romuald Wadagni

Présidentielle 2026: ce que dit Vano Baby dans Bo Ébi, la chanson qui accompagne Romuald Wadagni

A la présentation de son projet de société, samedi 21 mars 2026, Romuald Wadagni, candidat de la mouvance pour la présidentielle du 12 avril, avait pour musique d'ambiance la chanson “Bo Ébi” de l’artiste béninois Vano Baby. Le morceau diffusé en boucle à ce rendez-vous est aussi apparu plus tard sur d'autres éléments du candidat. Banouto a cherché le message que véhicule le morceau. Éléments de réponse.

A la présentation de son projet de société, samedi 21 mars 2026, Romuald Wadagni, candidat de la mouvance pour la présidentielle du 12 avril, avait pour musique d'ambiance la chanson “Bo Ébi” de l’artiste béninois Vano Baby. Le morceau diffusé en boucle à ce rendez-vous est aussi apparu plus tard sur d'autres éléments du candidat. Banouto a cherché le message que véhicule le morceau. Éléments de réponse.

Romuald Wadagni en communion avec le public au lancement de son projet de société, samedi 21 mars 2026 au Palais des congrès à Cotonou

Romuald Wadagni en communion avec le public au lancement de son projet de société, samedi 21 mars 2026 au Palais des congrès à Cotonou

Le parallèle entre la chanson “Bo Ébi” de Vano Baby et le parcours du candidat Romuald Wadagni. En langue fon, majoritairement parlée dans le sud du Bénin, “Bo Ébi” signifie « et c’est cuit ».

 

Joué en boucle samedi 21 mars au palais des congrès à Cotonou, le morceau du "sorcier vivant" est aussi en bande sonore  de la vidéo récap des échanges entre le candidat et les étudiants. L'activité s'est déroulée lundi 23 mars et la vidéo diffusée sur la page Facebook de  Romuald Wadagni mercredi en soirée. "Bo Ébi" est également en fond sonore de la story facebook postée récemment par le candidat sur ses échanges avec les artisans. Comme à la présentation du projet de société, "Bo Ébi" accompagne Romuald Wadagni dans son entrée en salle.

 

 

Si le titre ne renvoie pas immédiatement à l’actualité politique, les premières paroles du premier couplet permettent de mieux comprendre le parallèle qui peut être établi avec le parcours de Romuald Wadagni.

 

Au début de cette chanson faite par Vano Baby pour annoncer la célébration de ses 10 ans de carrière en tant qu’artiste professionnel, le rappeur béninois rapporte ce que d’aucuns disent de lui.

 

« C’est quoi ? Il y a d’autres artistes dans le pays mais c’est toujours Vano qu’on choisit. À l’annonce de n’importe quel concert, sache que c’est lui le guest. (...) Il est le préféré des Béninois », chante-t-il.

 

Un passage qui n’est pas sans rappeler le cas de Romuald Wadagni. Désigné candidat de la majorité présidentielle alors que plusieurs personnalités disposaient d’une expérience politique plus étoffée, le technocrate, sans passé électoral ni appartenance formelle à un parti, s’est pourtant imposé comme le choix consensuel du président sortant Patrice Talon et des formations qui le soutiennent.

 

Une réussite présentée comme l’œuvre de Dieu

 

Dans le refrain, l’artiste insiste sur un succès qui ne serait pas uniquement le fruit d’efforts personnels, mais aussi et surtout l’œuvre de Dieu. « C’est Dieu lui-même qui a tout cuisiné et c’est cuit. Quand je me lève, je ne viens que m’en servir », chante en langue fon Vano Baby de façon répétée.

 

Cette narration fait écho aux propos de Romuald Wadagni lui-même. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, il a expliqué n’avoir jamais planifié une carrière présidentielle : « Je n’ai pas choisi comme vous le dites… Cela n’a jamais été une vocation pour moi. (…) Collectivement, le chef de l’État et les chefs de la majorité présidentielle ont décidé que ce serait moi. »

 

Dans son entretien, bien qu'étant chértien, le candidat reconnaît lui-même croire aux forces de l’esprit et à la notion de destin, tout en soulignant qu’il revient à chacun d’accomplir sa destinée.

 

« Je suis chrétien, élevé dans le catholicisme, tout en étant profondément respectueux des autres religions et de nos traditions. (...) Je crois aux forces de l’esprit et aux forces de la nature. Je suis conscient que nous avons tous un destin mais qu’il nous revient de l’accomplir », a-t-il confié.

 

Une position qui renforce le parallèle entre les paroles de la chanson de Vano Baby et ce qui se déssine comme la trajectoire politique de Romuald Wadagni.

 

Vu le parcours de Romuald Wadagni à 49 ans, il peut être fier de son parcours tout comme Vano Baby qui chante dans le second couplet de “Bo Ébi” : « Je ne suis pas un grand prieur mais quand je regarde mon parcours j’en suis fier. À ton avis comment Dieu fait pour écouter un sourd-muet dans ses prières ? Même quand je suis silencieux, mon cœur le célèbre. Même quand les hommes m’oppressent, lui il m’élève ».

 

Un candidat choisi sans crise dans la majorité

 

Le contexte politique renforce cette interprétation. La désignation de Romuald Wadagni, le 31 août 2025, s’est faite sans les crises et les démissions observées dans d’autres camps politiques. Malgré la prétendant au profil plus politique, le choix s’est imposé comme « consensuel et concerté », selon les mots de Romuald Wadagni.

 

Le candidat explique lui-même qu’il n’a entrepris aucune manœuvre pour obtenir cette position : « Je ne suis pas un homme d’intrigues et de manœuvres. J’ai voulu faire mon job jusqu’au bout. » Des propos qui s'accorde avec la narration développée dans la chanson : celle d’un individu qui se retrouve au sommet sans avoir à lutter frontalement pour y parvenir.

 

Un choix musical qui relève de la communication politique

 

En communication politique, le choix des symboles n’est jamais neutre. Le staff technique aurait pu sélectionner une musique plus neutre, un morceau de jazz ou de rumba pour respecter les préférences musicales de Romuald Wadagni. L’équipe de Romuald Wadagni aurait même pu choisir un morceau composé qui fait directement son éloge.

 

D'ailleurs, le même Vano Baby, a dédié une autre chanson au candidat Romuald Wadagni et appelant à voter pour lui. « Pour l’éducation et la santé, qui devons-nous choisir (…) Fo Romi, Fo Romi, c’est Romuald Wadagni », chante l’artiste dans ce titre de soutien apparu au grand public courant octobre 2025, qui n'a pourtant pas été joué au lancement du projet de société du candidat.

 

Le recours à “Bo Ébi”, qui évoque la faveur divine et le fait d’être constamment choisi, suggère plutôt une stratégie narrative : présenter le candidat comme celui que les circonstances et, symboliquement, le destin tracé par Dieu, ont désigné.

 

 

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