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Financement de la santé en Afrique de l’Ouest : les parlementaires appelés à sécuriser les ressources domestiques

Financement de la santé en Afrique de l’Ouest : les parlementaires appelés à sécuriser les ressources domestiques

Réunis à Cotonou le mercredi 25 mars 2026, des parlementaires de la CEDEAO et des acteurs de la santé ont engagé une réflexion stratégique sur la mobilisation des ressources internes pour renforcer durablement les systèmes de santé et améliorer les indicateurs sanitaires dans la région.

Réunis à Cotonou le mercredi 25 mars 2026, des parlementaires de la CEDEAO et des acteurs de la santé ont engagé une réflexion stratégique sur la mobilisation des ressources internes pour renforcer durablement les systèmes de santé et améliorer les indicateurs sanitaires dans la région.

Vue partielle des participants à l'ouverture de l'atelier des parlementaires de la CEDEAO, ce mercredi 25 mars 2026 à Cotonou

Vue partielle des participants à l'ouverture de l'atelier des parlementaires de la CEDEAO, ce mercredi 25 mars 2026 à Cotonou

A Cotonou, décideurs politiques et experts du secteur sanitaire de l’espace CEDEAO ont croisé leurs analyses autour d’un enjeu devenu central : garantir un financement pérenne de la santé en Afrique de l’Ouest. Placée sous le haut parrainage du président de l’Assemblée nationale du Bénin, Joseph Djogbénou, la rencontre organisée par l’Organisation ouest africaine de la santé (OOAS) a rassemblé des parlementaires issus de douze pays de la CEDEAO. Au cœur de cet atelier des parlementaires, la nécessité de réduire la dépendance aux financements extérieurs et de renforcer les mécanismes internes.

 

Directeur général de l’OOAS, Melchior Aïssi a donné le ton en soulignant l’urgence d’un changement de paradigme. « Nous ne pourrons plus bâtir, ou espérer bâtir, la santé de nos populations sur des ressources incertaines », a-t-il soutenu, appelant à « mobiliser efficacement, durablement et surtout sécuriser » les ressources domestiques. Pour lui, sécuriser ces financements signifie garantir leur prévisibilité, leur affectation effective et leur protection contre tout arbitrage défavorable.

 

Face aux parlementaires, Melchior Aïssi a insisté sur leur responsabilité dans l'atteinte des objectifs. « Vous êtes les garants de la souveraineté budgétaire de nos États (…) Sans vous, il ne peut y avoir de financement sécurisé, ni d’amélioration des indicateurs de santé », insiste-t-il. Dans son intervention, le DG de la l'OOAS a également plaidé pour des choix politiques audacieux, notamment l’élargissement de l’espace budgétaire et la mise en place de fiscalités innovantes. Il a évoqué des réformes sociales comme l’allongement du congé de maternité pour améliorer la santé maternelle et infantile.

Vue partielle des autorités ayant pris part à l'ouverture de l'atelier des parlementaires de la CEDEAO, ce mercredi 25 mars 2026 à Cotonou

Le ministre béninois de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a renchéri en rappelant que la mobilisation des ressources domestiques dépasse la technique pour relever d’un choix politique majeur. « Elle exige une allocation budgétaire renforcée et efficiente, une gestion rigoureuse et transparente, un contrôle parlementaire effectif et une redevabilité accrue envers les citoyens », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur le rôle clé des députés dans l’orientation des politiques fiscales et le suivi des engagements régionaux.

 

Dans un contexte marqué par la contraction des financements extérieurs, le ministre a mis en avant des pistes innovantes telles que la fiscalité à impact sanitaire, les partenariats responsables ou encore la digitalisation des systèmes de collecte. « Chaque ressource mobilisée doit se traduire par un service amélioré, un accès élargi ou une vie sauvée », a-t-il ajouté.

 

Abou Torou, représentant le président de l’Assemblée nationale du Bénin a adressé un message aux élus. « Un budget est plus qu’un chiffre. Il est le reflet des choix de société », a-t-il relevé. Insistant sur la nécessité d’inscrire la santé comme priorité nationale, le directeur de cabinet de Joseph Djogbénou a exhorté les parlementaires à transformer les engagements en actes concrets. Au fil des interventions, une conviction commune s’est imposée : les solutions existent déjà dans la région, à l’image de certaines réformes engagées dans des pays comme le Nigeria ou la Côte d’Ivoire.

 

Dans les échanges, l’enjeu dépasse les chiffres et les mécanismes financiers. Il s’agit de bâtir des systèmes de santé résilients, capables de répondre aux besoins des populations, au moment où les États sont appelés à faire de la santé non plus une variable d’ajustement, mais un socle incontournable de développement.

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