Une patiente recevant le vaccin contre l'hépatite B à Lokossa lors du lancement de la campagne de dépistage des hépatites B et C, couplée à la vaccination contre l’hépatite B par l'ABeGIEF, ce mardi 17 mars 2026
C’est parti pour la 14è édition des consultations foraines de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (ABeGIEF). En présence des autorités administratives, responsables sanitaires et populations, elle a été lancée, mardi 17 mars 2026 à Lokossa. Cette opération sanitaire d’envergure est centrée sur la lutte contre les hépatites virales.
Prenant la parole à cette occasion, le secrétaire général de la préfecture du Mono, au nom du préfet Bienvenu Milohin, a mis en avant les enjeux à la fois sanitaires et sécuritaires de l’initiative. « Le rapprochement des soins de santé des populations frontalières constitue une double priorité sanitaire et stratégique de prévention des risques sécuritaires actuels », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur les difficultés structurelles auxquelles font face ces localités. « Les communes frontalières manquent souvent de personnel qualifié pour la prise en charge adéquate des pathologies, et ceci pose de sérieuses difficultés dont la complexité fait appel à des compétences spécifiques. »
Le représentant du préfet a rappelé que « de nos jours, les hépatites constituent un véritable problème de santé publique et posent souvent des risques d’évolution vers des complications qui sont les causes habituelles de décès. »
Une réponse coordonnée pour les zones frontalières
L’initiative, portée par l’ABeGIEF en collaboration avec le Programme national de lutte contre les hépatites (PNLH), s’inscrit dans la première phase des consultations médicales foraines. Elle prévoit le dépistage gratuit des hépatites B et C, suivi de la vaccination contre l’hépatite B.
« Il s’agit d’une œuvre salutaire pour le renforcement de la résilience des communautés frontalières », a souligné le représentant du préfet du Mono, saluant les moyens déployés. « Près de 3000 réactifs et 3000 doses de vaccins sont mis à disposition pour la prise en charge adéquate de nos populations », précise-t-il.
Le directeur départemental de la Santé a, pour sa part, rappelé la régularité de ces actions sanitaires. Évoquant les précédentes éditions, il a indiqué avoir participé plusieurs fois aux consultations médicales foraines qui sont à leur quatorzième édition. Il a également insisté sur la gratuité des prestations. « Le coût de prise en charge est assez élevé mais il est donné gratuitement aux populations », insiste-t-il. Il a invité les populations à se mobiliser massivement afin de profiter de cette opportunité.
Le directeur général de l’ABeGIEF, Youssoufou Adam, est revenu sur le cadre global de l’opération. « Cette action qui s’inscrit dans le cadre de l’appui au mécanisme de santé communautaire mis en place par le Gouvernement, a démarré par la zone sanitaire Lokossa-Athiémé », a-t-il expliqué. Il a indiqué qu’elle s’étendra ensuite à Savalou et Bantè.
Au-delà de l’aspect sanitaire, il a évoqué les autres volets d’intervention de l’agence, notamment « la construction d’infrastructures sécuritaires » et le renforcement de la coopération dans les espaces frontaliers. Il a également rappelé que « tout est pris en charge uniquement sur le budget de l’État », tout en saluant l’implication des partenaires politico-administratifs.
Le coordonnateur du PNLH a mis en lumière la spécificité de cette phase, entièrement dédiée aux hépatites. Il a relevé que les personnes ayant reçu la première dose recevront la deuxième un mois après et la dernière cinq mois après. Le coordonnateur a informé que tout le stock nécessaire est au centre de santé qui fera le suivi.
L’objectif est de vacciner 1000 personnes par localité dans les trois communes concernées.
Après Lokossa, la campagne se poursuivra à Savalou les 19 et 20 mars, puis à Bantè les 21 et 22 mars, avec l’espoir d’une forte mobilisation des populations concernées.
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