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Sénégal vs Maroc à la finale CAN 2025 : ce qu'il faut comprendre de l'audience de ce jour devant le TAS

Sénégal vs Maroc à la finale CAN 2025 : ce qu'il faut comprendre de l'audience de ce jour devant le TAS

Neuf mois après la finale controversée de Rabat, le Maroc et le Sénégal se retrouvent devant le TAS. Au cœur du dossier : faut-il consacrer le forfait ou la victoire sénégalaise sur le terrain ?

Neuf mois après la finale controversée de Rabat, le Maroc et le Sénégal se retrouvent devant le TAS. Au cœur du dossier : faut-il consacrer le forfait ou la victoire sénégalaise sur le terrain ?

Le trophée de la CAN 2025 (Image d'archives )

Le trophée de la CAN 2025 (Image d'archives )

La finale de la CAN 2025 n’est toujours pas tout à fait terminée. Ce jeudi 8 octobre 2026, le Maroc et le Sénégal se retrouvent à Lausanne, loin de la pelouse de Rabat, mais avec le même enjeu : savoir à qui reviendra officiellement le titre continental.

 

Pour la première fois dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations, le Tribunal arbitral du sport (TAS) est appelé à se pencher sur l’issue d’une finale de la compétition. Neuf mois après une soirée agitée au Maroc, les deux camps vont défendre leur lecture du règlement devant une juridiction spécialisée dans les litiges sportifs.

 

Un match, deux vérités

 

Tout est parti d’un épisode survenu en finale. Alors que le Maroc venait d’obtenir un penalty, les joueurs sénégalais avaient quitté momentanément la pelouse pour protester contre la décision arbitrale. Ils sont ensuite revenus sur le terrain et ont poursuivi la rencontre jusqu’à son terme. Le Sénégal s’était finalement imposé en prolongation grâce à un but de Pape Guèye.

 

Sur le terrain, les Lions de la Teranga avaient donc gagné. Mais des mois plus tard, la CAF a décidé de déclarer le Sénégal forfait, avec une victoire attribuée au Maroc sur le score de 3-0. C’est cette décision que la Fédération sénégalaise conteste devant le TAS.

 

La question paraît simple, mais elle est loin de l’être : les articles 82 et 84 du règlement de la CAN peuvent-ils être appliqués alors que l’arbitre a laissé le match reprendre et aller jusqu’à son terme ? C’est sur ce point que les deux parties vont s’affronter juridiquement.

 

Le Sénégal mise sur l’arbitre

 

La défense sénégalaise soutient notamment qu’il n’y a pas eu abandon définitif de la rencontre. Pour elle, le fait d’avoir quitté temporairement le terrain ne saurait effacer le résultat obtenu ensuite sur la pelouse. La Fédération s’appuie également sur le principe de l’autorité de l’arbitre. La loi 5 des lois du jeu de l’IFAB établit que les matches sont placés sous le contrôle de l’arbitre, chargé de veiller à l’application des règles.

 

À cela s’ajoute l’article 9 du Code disciplinaire de la FIFA, invoqué par le Sénégal pour défendre l’idée qu’une décision prise par l’arbitre sur le terrain ne peut pas être simplement révisée par une instance juridictionnelle. Autrement dit, puisque l’arbitre a choisi de faire reprendre le match, puis de le laisser aller jusqu’au bout, pourquoi revenir ensuite sur cette décision ?

 

Le Maroc a aussi ses arguments

 

En face, le Maroc s’appuie sur une lecture différente des textes. Les articles 82 et 84 du règlement de la CAN prévoient qu’une équipe qui refuse de jouer ou quitte le terrain peut être déclarée perdante. Pour la partie marocaine, ces dispositions ne seraient donc pas conditionnées à un abandon définitif de la rencontre. Le simple fait d’avoir quitté le terrain pourrait suffire à justifier le forfait.

 

Un autre principe pourrait peser dans la balance : celui de la préservation de l’intégrité des compétitions. Dans sa jurisprudence, le TAS accorde une place importante à la nécessité de protéger la régularité et l’intégrité du résultat sportif. C’est là que le dossier devient particulièrement délicat. Si les deux interprétations apparaissent juridiquement défendables, le tribunal devra déterminer laquelle est la plus conforme aux règles de la compétition et à leur finalité.

 

Pas de verdict ce jeudi

 

À Lausanne, les représentants du Sénégal, du Maroc et de la CAF seront entendus par un panel de trois arbitres, composé d’un Français, d’un Italien et d’un Allemand. L’audience se tiendra à huis clos. Il ne faut toutefois pas attendre de verdict dans la foulée. L’audience ne servira pas à faire émerger de nouvelles pièces ou de nouveaux éléments. Les arguments ont déjà été échangés par écrit. Chaque partie viendra surtout défendre une dernière fois sa position et « enfoncer le clou » devant les arbitres.

 

Trois issues principales restent donc possibles : confirmer le forfait et le 3-0 en faveur du Maroc, substituer sa propre décision à celle de la CAF en reconnaissant le résultat obtenu sur le terrain, ou annuler la décision et renvoyer le dossier devant la CAF. À Lausanne, la finale de la CAN 2025 ne se jouera pas avec un ballon. Mais au bout du compte, c’est bien un trophée que le droit devra attribuer.

 

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