Place de l'Amazone de Cotonou (image d'illustration)
La semaine écoulée a été marquée par des décisions économiques et politiques, des questions de sécurité et des préoccupations sociales au Bénin.
1- Comprendre les nouvelles règles de la BCEAO sur les transferts d’argent
Depuis le lundi 2 novembre 2026, les transferts de monnaie électronique entre particuliers via la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI) sont soumis à de nouvelles conditions tarifaires. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a notamment instauré la gratuité des transferts nationaux émis dont le montant cumulé quotidien ne dépasse pas 8 000 FCFA par utilisateur et par participant.
Au-delà de ce seuil, les prestataires peuvent appliquer des frais compris entre 0 et 0,8 %, hors taxes. En revanche, les transferts reçus restent gratuits, sans limite de montant ni de nombre d'opérations. Cette mesure concerne les huit pays de l’UEMOA, dont le Bénin. Elle vise à faciliter les transactions entre les banques et les établissements de monnaie électronique connectés à la plateforme.
2- Haïti sollicite le Bénin pour former ses officiers militaires
En visite au Bénin , le commandant-chef des Forces armées d’Haïti, le lieutenant-général Derby Guerrier, a émis le souhait de voir l’armée béninoise former les officiers haïtien. C’était mardi 3 novembre 2026 à Cotonou,
Cette doléance se justifie par la crise sécuritaire qui secoue Haïti et à l’absence d’une académie militaire opérationnelle dans le pays.
3-L'armée béninoise veut expérimenter une nouvelle doctrine
Nommé en Conseil des ministres le mercredi 4 novembre 2026, le général Abou Issa a officiellement pris fonctions vendredi 6 novembre, à l’État-major général des Forces armées béninoises, à Cotonou. Il succède au général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi qui occupait ce poste depuis 2022.
À l’issue de sa prise de commandement, le général de corps d’armée Abou Issa, précédemment chef d’état-major de l’armée de terre, a annoncé un changement de doctrine.
Il entend réduire le temps consacré à la vie en garnison au profit d’une implication plus directe auprès des troupes. « Nous allons désormais mener une vie de terrain au détriment de la vie en garnison […] Nous ne serons plus en posture d’attente, mais nous allons passer plutôt à l’offensive, à la recherche des terroristes », a-t-il indiqué.
Il a également appelé les médias à faire preuve de responsabilité dans le traitement des questions militaires.
4- Le PAG 2026-2033 adopté avec une croissance moyenne de 7,7 % visée
Le gouvernement béninois a approuvé, mercredi 4 novembre 2026 en Conseil des ministres, son Programme d’action pour la période 2026-2033. Baptisé « Le Bénin plus loin, ensemble », ce nouveau document fixe les grandes orientations de l’action gouvernementale pour les sept prochaines années.
L’exécutif ambitionne notamment d’atteindre un taux de croissance économique réel moyen de 7,7 % sur la période. Le programme met l’accent sur trois défis : l’éradication de l’extrême pauvreté, l’élargissement de la base productive et des opportunités économiques, ainsi que la consolidation de la gouvernance, de la cohésion nationale et de la sécurité.
Six filières sont retenues comme moteurs de transformation : l’agriculture, l’industrie, le tourisme, la logistique, l’éducation et les savoirs associés à l’industrie de pointe, ainsi que l’énergie.
Le financement du programme reposera sur une contribution du secteur public à hauteur de 45 % et du secteur privé à 55 %.
5- Sommés de déguerpir, des habitants de Togbin-Daho appellent à l'aide
La démolition de certaines maisons à Togbin-Daho est encore revenue dans l’actualité de cette semaine. Plusieurs habitants sont sommés de quitter leurs domiciles avant le 15 décembre 2026, selon les concernés. Sur le terrain comme sur les réseaux sociaux, c’est le désarroi. Plusieurs n’attendent que dédommagement et prorogation du délai imparti par l’executif.
C'est le cas d'une septuagénaire qui redoute de perdre la tombe de son défunt époux. Son défunt mari est enterré dans une chambre de sa maison construite depuis une cinquantaine d'années. La perspective d’une démolition soulève donc pour elle la question du déplacement de la dépouille et des frais que cela pourrait entraîner.
La septuagénaire affirme ne disposer ni d’un autre terrain ni des moyens nécessaires pour louer un logement ni pour trouver une tombe à son époux dans un cimetière.
6- Une septuagénaire victime d'une escroquerie au nom de Claudine Talon
D’une septuagénaire à une autre. Une affaire d’escroquerie en ligne impliquant un faux profil de l’ex-première dame Claudine Talon a été examinée à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), lundi 2 novembre 2026.
À la barre, une septuagénaire a raconté comment elle a été piégée sur Facebook par un individu qui se faisait passer pour l’épouse de l’ancien président Patrice Talon. Le présumé escroc lui aurait proposé une aide financière de 500 000 FCFA, avant de faire intervenir un faux directeur financier chargé de réclamer différents frais et cautions.
Selon la victime, les sommes promises ont progressivement augmenté jusqu’à atteindre cinq millions de FCFA. Mais elle n’a jamais reçu l’aide annoncée. Au total, elle affirme avoir perdu 910 000 FCFA.
Le prévenu, qui a reconnu des faits d’escroquerie via internet, a toutefois contesté les accusations de la victime. Le ministère public a requis cinq ans de prison et un million de FCFA de dommages et intérêts. Le délibéré est attendu le 21 décembre 2026.
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