Sri Lanka, des individus arrêtés pour leur implication dans un centre de cyberescroquerie. © Interpol
Plus de 5 800 arrestations et 293 millions de dollars américains soit environ 167 milliards de Francs CFA d'avoirs illicites, saisis lors d'un coup de filet contre la fraude mondiale.
Baptisée First Light 2026, cette opération coordonnée par Interpol s’est déroulée du 15 janvier 2026 au 30 avril 2026. Elle vise à lutter contre les escroqueries par ingénierie sociale et les activités de blanchiment d’argent associées. Le point de l’opération a été fait ce jeudi 9 juillet 2026 par Interpol.
L'opération a permis d'identifier plus de 142 000 victimes dans le monde. Les enquêteurs ont analysé 152 808 dossiers, bloqué 31 014 comptes bancaires, résolu 23 715 affaires, identifié 15 606 suspects et émis 99 notices et diffusions internationales.
Après une phase initiale de collecte et d'échange de renseignements, les pays participants ont mené des opérations pendant plus de trois mois, selon Interpol.
Les services de police des pays participants ont mené des arrestations ciblées, des gels de comptes bancaires et de portefeuilles virtuels ainsi que des actions coordonnées de traçage des flux financiers illicites grâce au Système mondial d'intervention rapide en matière de paiements (I-GRIP) d'INTERPOL.
Il s’agit d’un mécanisme d'arrêt des paiements qui permet de bloquer rapidement les flux financiers illicites, qu'il s'agisse de monnaie fiduciaire ou d'actifs virtuels.
Une forte mobilisation africaine
Parmi les 97 pays et territoires engagés dans l'opération figurent 22 pays africains : le Botswana, le Burkina Faso, le Cameroun, la République démocratique du Congo, l'Eswatini, la Gambie, le Ghana, le Lesotho, la Libye, le Malawi, le Maroc, la Namibie, le Niger, le Nigéria, le Rwanda, les Seychelles, l'Afrique du Sud, le Soudan du Sud, le Soudan, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. Sur ces 22 États, 19 appartiennent à l'Afrique subsaharienne, région dans laquelle est situé le Bénin.
L'un des principaux coups de filet en Afrique a été réalisé en Eswatini. Les forces de l'ordre y ont arrêté 82 personnes et démantelé un réseau criminel impliqué dans des jeux d'argent en ligne illégaux, le blanchiment d'argent et des escroqueries par usurpation d'identité.
Les autorités ont saisi 240 appareils électroniques, des devises étrangères ainsi qu'une réplique d'un poste de police brésilien, équipée de faux uniformes, d'enseignes et de matériels factices.
Les mis en cause se faisaient passer, lors d'appels vidéo, pour des agents de la police fédérale brésilienne afin de convaincre leurs victimes de transférer leurs fonds vers des comptes prétendument sécurisés.
Face à l'ampleur des preuves numériques recueillies, Interpol a déployé une équipe d'appui opérationnel afin d'accompagner les enquêteurs de l'Eswatini dans l'analyse informatique des équipements saisis.
Pour Tomonobu Kaya, directeur du Centre de lutte contre la criminalité financière et la corruption d'Interpol, les escroqueries par ingénierie sociale demeurent une menace majeure. Selon lui, les réseaux criminels exploitent la psychologie humaine et seule une coopération internationale renforcée permettra de contenir efficacement ces formes de criminalité financière.
L'ingénierie sociale regroupe des techniques de manipulation destinées à amener les victimes à divulguer des informations confidentielles ou à transférer de l'argent. Ces fraudes prennent notamment la forme d'arnaques sentimentales, d'usurpations d'identité, de compromissions de messageries professionnelles, d'escroqueries à l'investissement ou encore d'extorsions sexuelles.
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