Un homme de Dieu risque de passer ses cinq prochaines années en prison. Le ministère public de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a présenté, jeudi 25 juin 2026, ses réquisitions contre un pasteur, fondateur d’une église à Parakou. Le prévenu est poursuivi pour escroquerie présumée sur deux de ses fidèles. Selon l’accusation, le montant du préjudice serait évalué à environ 340 millions FCFA.
La procédure a été ouverte à la suite de deux plaintes de deux fidèles contre leur pasteur. D’après les éléments d’accusations, les plaignants reprochent à leur leader religieux de leur avoir miroité des voyages en Europe, des véhicules et des opportunités de partenariats d’affaires en France, Belgique et en Allemagne.
Un supposé expatrié fort en révélations
Selon la déposition d’un des plaignants, le prévenu leur a parlé d’un Belge de la même église qu’eux qui excelle dans les révélations. C’est ce supposé expatrié qui envoie fréquemment, selon les plaignants, des révélations au pasteur.
Le contenu des messages spirituels sont, soit lus à l’église pour susciter des cotisations collectives pour les sacrifices, soit c’est révélé de façon individuelle. Et dans ce cas, soutiennent les victimes, les sacrifices sont individuels.
Devant le juge lors des débats, les plaignants ont fait savoir qu’ils auraient spécialement été la cible du pasteur et de ses révélations parce que Dieu leur a fait grâce. Les plaignants sont des parents d’une même famille. Ils étaient trois à la barre.
Le troisième a été invité par les deux autres, révèlent les débats, pour profiter du bonheur supposé par les voyages, les véhicules et les partenariats d’investissement qui les attendent. Mais il a déclaré n’avoir déboursé aucun franc. Pour les multiples sacrifices supposés, le premier plaignant dit avoir dépensé au total 326 millions FCFA. Il a déclaré avoir chaque fois remis les fonds au pasteur. Quant au deuxième plaignant, il réclame 12 millions de FCFA.
Le pasteur conteste les chiffres et cite un intermédiaire
Convoqué à la barre, le pasteur a plaidé non coupable. Il a rejeté toutes les accusations d’escroquerie qui sont mises à sa charge. Selon lui, tout ce qui s’est passé n’a rien d'escroquerie. Le prévenu a expliqué qu’il avait un intermédiaire en contact avec le blanc, le révélateur.
L’homme de Dieu a indiqué que c’est à cet intermédiaire que le supposé Belge envoie les révélations et qui donne lecture de ces messages spirituels aux fidèles. Mais l’intermédiaire est introuvable. Le pasteur a également rejeté les montants évoqués par les plaignants. Il a reconnu avoir pris 26 millions de FCFA à la victime qui réclame 326 millions et 2 millions à celle qui réclame 12 millions.
Des promesses de gains faramineux
Lors des débats, le pasteur s'est dédouané en citant un supposé intermédiaire qui est d'ailleurs introuvable. En procédant ainsi et minisant les sommes prises chez les plaignants, l'homme de Dieu pensait refuter les accusations. Ce qu'il ignorait, c'est que le parquet spécial de la CRIET n'a pas joué toutes ses cartes.
Le représentant du ministère public pense que le pasteur est coupable des faits qui lui sont reprochés. Le substitut du procureur spécial a fait comprendre que le prévenu ne s’est pas limité aux promesses de voyages, véhicules et partenaires d’affaires, il aurait fait établir des passeports aux victimes.
Cela, dans le but de soutenir sa thèse, apprend le magistrat. Mieux, révèle le ministère public, l'homme de Dieu et son clan auraient promis des comptes crédités de 200 milliards et 150 milliards de FCFA aux victimes.
Une peine de prison ferme requise
Face aux accusations et éléments du dossier, le ministère public a demandé à la Cour de retenir le pasteur dans les liens de l’infraction d’escroquerie. Il a proposé à la Cour de condamner le pasteur à soixante mois de prison ferme et deux millions de FCFA d’amendes.
Le magistrat a suggéré au juge de condamner le prévenu à payer 326 millions et 12 millions aux deux victimes au titre des préjudices. A chacune d’elles, le ministère public veut que le pasteur leur paie cinq millions et 500 000 FCFA à titre de dommages et intérêts.
A la suite du ministère public, la défense du pasteur a plaidé sa relaxe et son renvoi à ses activités de prédication. Quant à la Cour, elle veut du temps pour examiner davantage les éléments du dossiers, les débats même les demandes des différents camps avant de trancher. Le délibéré est attendu le 30 juillet 2026.
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