Lourdes réquisitions d’emprisonnement ferme contre trois jeunes. Le ministère public leur reproche les faits d’ « abus de confiance, de complicité d’abus de confiance et de blanchiment de capitaux ». Les trois mis en cause dont deux chefs d’agence Coopérative wesleyenne d'épargne de crédit (COWEC-Bénin) sont poursuivis dans une affaire de faux dossiers de demandes de crédits. Ils sont accusés d’avoir monté plusieurs faux dossiers de crédits pour décaisser à leur propre profit des millions de FCFA.
Selon l’avocate de la mutuelle, les prévenus se sont servis de fausses fiches de paie de la Poste du Bénin, de l’état-major de l’armée béninoise, du trésor public et de faux relevés de banques. Grâce à ces faux dossiers, les deux chefs d’agence, l’un en poste à Cotonou et l’autre à Porto-Novo sont parvenus à soutirer 40 millions et 39 millions de FCFA. Leur troisième serait considéré comme le technicien qui trafique les documents des institutions. La perquisition à son domicile à permis de retrouver des documents de la microfinance et de plusieurs cachets.
La structure réclame le paiement des fonds des préjudices causés par chacun des chefs d’agence. Son avocate a demandé à la Cour de condamner les trois prévenus à solidairement la somme de 10 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts pour la mutuelle. Le conseil a fait savoir que les deux chefs d’agence ont payé chacun, une partie des montants mis à leur charge. Il leur reste à solder respectivement, 36 millions de FCFA et 29 millions de FCFA.
Une veuve dépouillée
Dans cette procédure enclenchée devant la CRIET, une cliente s’est malheureusement retrouvée sur le banc des accusés. Elle est poursuivie sans mandat de dépôt. Elle a fait la connaissance du chef d’agence de Cotonou après le décès de son mari. Le prévenu se serait présenté à elle comme un officier de l’armée béninoise. Les deux se sont mis d’accord pour une relation. Compte tenu des difficultés rencontrées par la veuve, le chef d’agence dans la peau du nouveau conjoint a décidé d’aider sa nouvelle bien-aimée à prendre un crédit dans la mutuelle. Et cela, toujours dans la peau de l’officier mais, ayant des entrées au niveau de la structure de microfinance.
Il y est parvenu. 3,8 millions de crédit a été décaissé au nom de la veuve. Mais elle n’a pas eu le temps de bien sentir les billets, selon sa déposition. Aussitôt sortie de l’agence, le conjoint qui l’attendait dans un véhicule lui a pris les sous. Il s’est proposé de l’aider à gérer l’argent parce qu’elle aurait un problème spirituel avec la gestion de fonds. Son business étant effondré. Mais la veuve a accusé son nouveau conjoint d’en être pour quelque chose. Elle a affirmé avoir consenti des prêts au prévenu pour un montant total de près de 2 millions.
La veuve a également déclaré que le prévenu s’est engagé à réparer le véhicule de son défunt mari qu’elle utilisait pour amener son fils malade à l’école. Mais selon ses dires, le conjoint a vendu le véhicule. Il lui aurait confié l’avoir cédé à un mécanicien au prix de 500 000 FCFA. Elle n’a pas vu l’argent de ses yeux. Pendant les différentes audiences successives, les prévenus ont reconnu certaines accusations et ont rejeté d’autres. Le chef d’agence de Cotonou, n’a pas reconnu la créance de 2 millions déclarée par la veuve. Il reconnaît les crédits de 3,8 millions et la voiture vendue.
Requisition de peines de prison ferme
Dans ses réquisitions, le ministère public a qualifié la supercherie d’inadmissible. Sans trop revenir sur les faits, le premier substitut du procureur spécial a démontré la constitution de trois infractions à la charge des chefs d’agence. Il leur reproche les faits d’« abus de confiance, fausses attestations et de blanchiment de capitaux ». Le troisième prévenu se serait rendu coupable de la complicité des faits reprochés aux chefs d’agence.
Pour ces faits, le magistrat a demandé à la Cour de condamner les trois prévenus à sept (7) ans de prison dont cinq (5) ferme et cinq (5) millions d’amendes chacun. Il propose à la Cour de condamner les prévenus à payer solidairement les 36 millions et 29 millions à COWEC-Bénin. Le ministère public a également réclamé justice à la veuve. Il a suggéré au juge de faire droit à toutes les demandes de la veuve qui a retrouvé sa voiture en circulation et a réussi à faire interpeller la nouvelle propriétaire.
Cette dernière a également participé à toutes les audiences de la procédure, son véhicule étant gardé à la police. Elle a présenté les papiers d’achat du véhicule acquis et mis en forme avec un montant global de 2,1 millions de FCFA. Elle réclame aussi la restitution de son véhicule ou le paiement intégral de ses 2,1 millions FCFA. Le verdict du dossier est attendu le 23 octobre 2025.
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