societe

SDP Talks sur l’urbanisation en Afrique: s’inspirer de la période précoloniale dans la fabrique des villes

SDP Talks sur l’urbanisation en Afrique: s’inspirer de la période précoloniale dans la fabrique des villes

La Société de développement de projets (SDP) a organisé, jeudi 9 novembre 2023 à Cotonou, la première édition des SDP TALKS. Cette première conférence a été animée par Luc Gnacadja, ancien ministre béninois de l'Urbanisme.

La Société de développement de projets (SDP) a organisé, jeudi 9 novembre 2023 à Cotonou, la première édition des SDP TALKS. Cette première conférence a été animée par Luc Gnacadja, ancien ministre béninois de l'Urbanisme.

Image
Inserer la légende

Luc Gnacadja

 

« Villes informelles contre villes formelles, comment repenser la fabrique des villes africaines pour en faire des moteurs du développement de leurs territoires respectifs ? » C’est le thème du premier acte des SDP Talks lancés, jeudi 9 novembre 2023 à Cotonou, par la Société de développement de projets (SDP). Pour animer ce premier numéro, le cabinet SDP a déniché Luc Gnacadja, ministre de l’environnement, de l'habitat et de l'urbanisme du Bénin de juin 1999 à février 2005. C'etait sous le président Mathieu Kérékou. 

 

Pour le conférencier, « l’urbanisation est une chance pour l’Afrique». Historiquement, a-t-il rappelé, l'Afrique est l’une des premières régions du monde à s’être urbanisée. La colonisation a, ensuite, engendré une nouvelle approche de l’urbanisation, à savoir que « la ville formelle est la ville occidentale et la ville informelle est la ville autochtone ». Cette dualité persiste à ce jour. La ville formelle continue alors d’attirer davantage d’attention, de régulation et d’investissement et la ville informelle continue de croître plus vite. Cela fait que « l’urbanisation en Afrique dysfonctionne, elle n’est pas performante », a souligné Luc Gnacadja. 

 

Des transitions pour avoir des villes de demain

 

Pour Luc Gnacadja, les villes africaines comparées aux villes d’ailleurs ne permettent pas à l’Afrique de jouer la partition qu’elle peut jouer. Cela, a-t-il ajouté, appelle à investir différemment, mais sans transposer les solutions pour l’Afrique. Selon l’architecte, chaque solution est au service d’un paradigme donné, necessitant de savoir la pertinence pour l'Afrique des solutions importées. 

 

Image

  

Une vue partielle des participants à premier SDP Talks de ce jeudi 9 novembre 2023 à Cotonou

 

 

La fabrication des villes de demain implique des transitions, a avancé Luc Gnacadja. Il énumère l'énergie, les innovations et la mobilité, entre autres.  

 

Les zémidjans (taxi moto) aujourd’hui au Bénin, précise l’ancien ministre, constitue pratiquement 90% du service de mobilité urbaine dans la conurbation du grand Nokoué. Ce constat appelle à des réflexions sur comment passer du tout zémidjan vers des mobilités plus durables qui entrainent moins d’émissions et limitent aux populations les pertes de temps. Pour le conférencier, il faudra parvenir à « une manière de prendre le zémidjan qui est moins polluant pour qu’il reste dans du déplacement de proximité et qu'on ait sur les grands axes d’autres moyens qui permettent d’avoir plus de performance ».

 

Une transition concerne les services (électricité, eau potable, etc) et leur disponibilité dans les zones dites informelles qui sont périphériques et plus peuplées. Luc-Marie Gnacadja soutient que si ces zones périphériques ne performent pas, les villes ne vont pas performer et les pays non plus.

 

S’inspirer des villes précoloniales

 

L’architecte Luc Gnacadja recommande de ne pas oublier l’histoire. Pour lui, il y a eu une césure. La colonisation a amené les Africains à regarder leur propre histoire avec distance. Ce faisant, ils ont regardé ce qui a produit les villes précoloniales comme étant dépassé. Il relève qu’en réalité « si on devait parler de modernité en termes d’architecture, c’est que les formes reflètent les fonctions ». Et en cela, « les villes africaines précoloniales étaient des précurseurs de cette façon de construire ». Donc, il faut reprendre le principe non pas pour copier le passé, mais s’en inspirer.      

 

Des SDP Talks

 

Les SDP Talks sont une initiative du cabinet SDP. Ce cabinet est spécialisé en conseil en ingénierie et en management de projets d’infrastructures. Il se veut une entreprise citoyenne, qui s’ouvre sur la cité, la ville, les peuples et l’Afrique. Le président directeur général, Georges Alé, a confié que lorsqu'il a été question de voir ce que l’entreprise peut initier pour remplir sa mission, les SDP Talks ont fait l’unanimité.

 

Image

Georges Alé, PDG de la SPD

 

L’initiative consiste à organiser une conférence tous les trimestres afin de décloisonner des sujets importants. L’idée est de permettre des débats sur des sujets de profondeurs qui ne sont pas souvent abordés du fait que « nous sommes enfermés dans notre milieu très mathématique, très technique ». Il s’agit des sujets sociétaux qui doivent recueillir l’avis des citoyens même s’ils requièrent de la technicité et de la science. 

 

Les SDP Talks veulent promouvoir un transfert de compétences. « Nous croyons au niveau du cabinet SDP qu’on peut faire les choses en Afrique avec des Africains, au Bénin avec des Béninois », a affirmé l’ingénieur Alé Georges. Il reconnaît que l’Afrique n’a pas forcément toutes les compétences qu’il faut. Elle va ponctuellement continuer à les chercher. « L’objectif premier de toute planification, c’est le renforcement de capacités, c’est le transfert des compétences», assure-t-il.

 

 

0 commentaire

0 commentaire