Cyrille Ramaphosa, président sud-africain (à gauche) et John Dramani Mahama, président du Ghana
Le Ghana n’est pas prêt à accueillir le président sud-africain, Cyril Ramaphosa sur son territoire. Annoncé pour une visite dès le début du mois d’août 2026, le chef de l’État de la Nation arc-en-ciel ne pourra plus se rendre à Accra. Du moins jusqu’à ce qu'une nouvelle date soit prise. Le Ghana pense que le timing n’est pas bon. Le moment serait critique en raison des violentes manifestations xénophobes sur des Ghanéens à Pretoria.
Selon BBC Afrique qui rapporte le porte-parole du gouvernement ghanéen, Felix Kwakye Ofosu, la visite a été reportée par crainte que la présence du président sud-africain à Accra n’entraîne des manifestations de masse. « Nous leur avons envoyé un message indiquant qu'il serait préférable de reporter la visite compte tenu du climat actuel de xénophobie », a affirmé le porte-parole du gouvernement.
Cette décision des autorités ghanéennes est liée aux violents actes xénophobes subis par des compatriotes ghanéens en Afrique du Sud. Une vidéo, devenue virale, dans laquelle un jeune Ghanéen vivant en Afrique du Sud, interpellé et sommé d'« aller régler les problèmes de son pays » serait notamment à l’origine. Selon le média britannique, le Ghana a déjà rapatrié plus de 900 de ses citoyens d'Afrique du Sud depuis le début des manifestations xénophobes. Un dernier groupe de plus de 900 personnes devrait également être rapatrié dans les prochaines semaines.
Réaction sud-africaine
La décision du Ghana n’a pas semblé inquiéter l'Afrique du Sud. Les autorités sud-africaines auraient tenté de banaliser les faits. Selon BBC Afrique, le porte-parole de la présidence sud-africaine, Vincent Magwenya, a indiqué que le pays était fermement engagé à « approfondir la coopération » entre les « deux nations sœurs » et à « faire progresser l'agenda africain ».
« Les deux pays continueront de dialoguer par la voie diplomatique afin de trouver une date qui convienne aux deux parties », a-t-il déclaré. Vincent Magwenya a fait savoir qu'il n’était pas question d'une visite d'État, comme l'ont évoquée les autorités ghanéennes, mais de la « troisième d'une série de rencontres bilatérales ».
Le Ghana n’est pas le seul pays africain des ressortissants sont pris au piège de la xénophobie en Afrique du Sud. Plusieurs nationalités étrangères notamment les Nigérians, les Mozambicains, les Malawites et bien d’autres ont subi ces violences. Les autorités nigérianes ont rapatrié certains de ressortissants.
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