Emmanuel Macron, président de la France
Le divorce est désormais consommé entre Paris et Ouagadougou. Quelques jours après la décision des autorités burkinabè de rompre les relations diplomatiques avec la France, les deux pays ont engagé le retrait de leurs représentations diplomatiques respectives.
Selon TFI 1, le ministère français des Affaires étrangères a confirmé, lundi 6 juillet 2026, que tous les diplomates français en poste au Burkina Faso avaient quitté le pays à la fin de la semaine dernière. Dans le même temps, le chargé d'affaires du Burkina Faso à Paris a été convoqué au Quai d'Orsay. À cette occasion, il lui a été notifié que, « dans un esprit de réciprocité, le personnel diplomatique burkinabè devrait également quitter la France sous sept jours ».
Cette décision française répond directement à celle prise le 26 juin par les autorités de Ouagadougou, qui ont mis fin aux relations diplomatiques avec Paris. Pour le Quai d'Orsay, il s'agit d'une réaction logique face à une mesure jugée injustifiée. « Nous regrettons cette décision hostile et sans fondement qui illustre la dérive préoccupante des autorités burkinabè. Nous en avons tiré les conséquences », a déclaré le ministère.
La rupture intervient dans un contexte de fortes tensions entre les deux pays. Le gouvernement burkinabè accuse régulièrement la France de mener un « activisme incessant » contre ses intérêts et l'a notamment mise en cause dans un supposé soutien à des groupes terroristes. Des accusations que Paris rejette catégoriquement, les qualifiant d'« allégations complètement fausses ».
La diplomatie française rappelle que son engagement contre le terrorisme « est connu de tous, et elle en a lourdement payé le tribut ». Elle affirme également « condamner fermement toutes les attaques terroristes » et réitère son soutien aux populations civiles du Sahel, premières victimes de l'insécurité.
Cette dégradation des relations n'est toutefois pas nouvelle. Depuis l'arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré à la suite du coup d'État de septembre 2022, le Burkina Faso a progressivement pris ses distances avec son ancien partenaire. En 2023, la junte avait déjà obtenu le départ de l'ambassadeur de France, dénoncé les accords de coopération militaire et exigé le retrait des forces françaises du pays.
Depuis, Ouagadougou a réorienté sa politique extérieure en renforçant ses liens avec de nouveaux partenaires, notamment la Russie, la Turquie et l'Iran. Dans ce contexte, la rupture diplomatique avec Paris apparaît comme l'aboutissement d'un processus engagé depuis plusieurs années. Si les relations entre les gouvernements sont désormais interrompues, les autorités burkinabè assurent néanmoins que cette décision ne remet pas en cause les liens entre les peuples français et burkinabè.
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