Ali Bongo Ondimba et Brice Clotaire Oligui Nguema. © Montage JA ; COM PR ; Li He /Xinhua via AFP
Du tic au tac. Dans un entretien accordé mardi 2 juin 2026 à France 24 à Libreville, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a rejeté fermement lors d'un entretien accordé à France 24 en mars, les accusations de tortures formulées par l'ancienne Première dame Sylvia Bongo Ondimba .
«Ils m'ont attaché les mains, ils m'ont attaché les pieds, ils m'ont jeté de l'eau froide (...) et ils m'ont amené mon fils qui était dans un état épouvantable», avait déclaré presque en larmes Sylvia Bongo Ondimba.
Des accusations visant les militaires qui l'ont détenue après le renversement de son époux, dans la nuit du 29 au 30 août 2023. Le coup d'État avait été conduit par Brice Clotaire Oligui Nguema, actuel président du Gabon.
Un déni constant
Face à ces accusations de tortures, Brice Clotaire Oligui Nguema oppose un argumentaire selon lequel «quelqu'un qui a fait un coup d'État sans effusion de sang, qui n'a tué personne, ne va pas se mettre à torturer les gens».
Pour Oligui Nguema, ce qui motive ces accusations est ailleurs. «Ils sont condamnés par la justice gabonaise et ça les angoisse, ça les touche, il y a des mandats d'arrêt qui sont lancés donc on est prêt à tout dire, à tout raconter, à calomnier, à cracher sur le pays qui vous a nourri et de dire voilà, j'ai été torturé», a déclaré le chef de l'État gabonais.
Il dit attendre «la preuve» des présumées tortures et non ce qu'il considère comme «du chantage».
Ce n'est pas la première fois que le Gabon balaie du revers de la main ces accusations de tortures. Déjà en mars 2026, le ministre gabonais de la Communication, Germain Biahodjow, avait dénoncé des «allégations diffamatoires» et affirmé que Sylvia Bongo et son fils Noureddin Bongo ont été traités dans le respect du droit et de la dignité humaine pendant leur détention.
La riposte d'Ali Bongo
Ali Bongo Ondimba n'a pas tardé à répliquer. Dans une déclaration publiée sur la page Facebook de son épouse, l'ancien président gabonais a rejeté point par point les affirmations de Brice Clotaire Oligui Nguema.
Sur les accusations de torture, il exige une enquête indépendante. «Qu'il lance une enquête, nous les remettrons», écrit-il, affirmant que des preuves ont déjà été transmises aux autorités françaises et aux instances des Nations unies.
Il conteste également la thèse selon laquelle il aurait été, durant cinq ans, un président sans pouvoir réel. «Il ne peut pas, dans la même phrase, me déclarer absent et se déclarer légitime», écrit-il, rappelant que c'est lui qui avait nommé Oligui Nguema à la tête de la Garde républicaine et qui présidait les réunions des commandants en chef.
«Ce n'est pas un homme qui craint Dieu. C'est un homme qui craint la vérité», conclu Ali Bongo.
Depuis la chute de son régime et après qu'il ait été libéré par les putchistes Ali Bongo séjourne hors du Gabon. Son épouse et son fils qui étaient en détention, ont pus tard bénéficié d'une liberté provisoire et ont également quitté le pays.
Le 12 novembre 2025, la justice gabonaise a condamné Noureddin Bongo, en même temps que sa mère Sylvia Bongo, à 20 ans de prison à l'issue d'un procès pour corruption et détournement massif de fonds publics. Des mandats d'arrêts internationaux ont été émis contre eux.
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