politique

France : les députés votent l’abrogation du Code noir 178 ans après l'abolition de l'esclavage

France : les députés votent l’abrogation du Code noir 178 ans après l'abolition de l'esclavage

178 ans après l’abolition de l’esclavage, l’Assemblée nationale française a voté, jeudi 28 mai 2026, l’abrogation du Code noir et des textes ayant encadré l’esclavage dans les colonies.

178 ans après l’abolition de l’esclavage, l’Assemblée nationale française a voté, jeudi 28 mai 2026, l’abrogation du Code noir et des textes ayant encadré l’esclavage dans les colonies.

Image d'illustrations

Image d'illustrations

 À l’unanimité, les députés français ont adopté, jeudi 28 mai 2026, l’abrogation du Code noir ainsi que de l’ensemble des textes réglementant l’esclavage dans les anciennes colonies françaises. Bien que ces dispositions n’aient plus d’effet depuis l’abolition de l’esclavage en 1848, elles demeuraient inscrites dans le droit français.

 

Le député guadeloupéen Max Mathiasin, rapporteur du texte, a défendu une initiative destinée à « poser un acte puissant de mémoire, de justice et de reconnaissance ». La voix chargée d’émotion, il a salué « un hommage aux hommes et aux femmes, aux enfants mis en esclavage », avant d’être entouré par plusieurs élus au pied de l’hémicycle.

 

Dans les rangs du gouvernement, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a plaidé pour la disparition définitive de ce texte des archives juridiques françaises. « Le Code noir n’a plus d’effet depuis longtemps mais son empreinte et son poids sont toujours là », a-t-elle déclaré, appelant à « sortir de notre droit un texte indigne ».

 

Le débat parlementaire a également laissé place à des témoignages personnels. L’élu écologiste Steevy Gustave a raconté l’histoire de son arrière-grand-mère, « Maman Bébelle », descendante d’Ambroise Zerambe, un homme né en Afrique puis réduit en esclavage sous le matricule 336. « Aujourd’hui, son arrière-petit-fils se tient debout devant vous, député de la République française », a lancé le parlementaire avant de fondre en larmes.

 

« Nous ne sommes pas des descendants d’esclaves. Nous sommes les descendants d’êtres humains nés libres puis réduits en esclavage », a-t-il poursuivi sous les applaudissements de l’Assemblée.

 

Promulgué sous Louis XIV en 1685, le Code noir organisait le statut juridique des personnes esclavagisées dans les colonies françaises des Antilles. Le texte encadrait les conditions de vie, les punitions, les obligations religieuses et les droits limités accordés aux esclaves.

 

0 commentaire

0 commentaire