Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin
La cérémonie d’investiture du président de la République repose sur une mécanique juridique bien définie. Au cœur des débats, la question de la présence effective du bureau du Sénat. Cette institution introduite dans l’arsenal institutionnel du Bénin lors de la révision de la constitution en décembre 2025, n’est pas encore installé alors que le président élu, Romuald Wadagni doit prêter serment le 24 mai 2026.
Selon l’article 53 de la loi constitutionnelle modifiée en décembre 2025, « Le serment est reçu par le président de la Cour constitutionnelle, devant les autres membres de ladite Cour, l'Assemblée nationale, les bureaux du Sénat, de la Cour suprême et de la Cour des comptes ». L'éventuelle absence du bureau du Sénat aura-t-elle un impact sur la validité du sermet du président élu ?
Invité sur Bip radio, dimanche 3 mai 2026, Professeur Théodore Holo a livré une lecture de la disposition concernée, en insistant sur la distinction des rôles assignés par le texte. Pour l’ancien président de la Cour constitutionnelle, chaque mot engage une fonction précise. « Il est bien dit : le serment est reçu par le président de la Cour constitutionnelle », affirme-t-il, mettant en avant la centralité de cette autorité dans l’acte.
Dans son argumentaire, Théodore Holo attire l’attention sur la portée des termes employés. « On n’a pas dit reçu par la Cour constitutionnelle. Ce qui suppose que tous doivent être présents », explique-t-il, avant d’écarter toute confusion sur une obligation collective. À ses yeux, la disposition distingue clairement entre celui qui reçoit le serment et ceux qui y assistent.
L’universitaire insiste également sur la nuance entre les prépositions. « On n’a pas dit reçu par le bureau du Sénat (…) mais devant. Il y a nuance », précise-t-il. Une différence qu’il juge essentielle pour comprendre la hiérarchie des rôles. « Cela veut dire qu’ils n’ont pas la même position, pas la même qualité, pas le même rôle », développe-t-il.
Pour illustrer son propos, il recourt à une analogie sociale : « Vous allez faire un mariage, le maire va le célébrer, les témoins signent mais les membres qui assistent au mariage, à ma connaissance, ne signaient pas ». Dans cette logique, l’absence de certaines parties présentes à titre d’accompagnement n’affecterait pas la validité de l’acte principal. « Si un membre de la famille n’est pas là, on ne va pas dire que la dot n’est pas valable », image-t-il.
Théodore Holo martèle la nécessité de « tenir compte de cette nuance », estimant que la compréhension fidèle du texte constitutionnel passe par une lecture attentive de ses termes.
Un citoyen béninois a même saisi la Cour constitutionnelle sur l'absence du bureau du Sénat à la prestation du président élu. Ce mardi 5 mai, la Haute juridiction va examiner ce recours lors d'une plénière spéciale.
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