Romuald Wadagni, candidat à la présidentielle de 2026
‘’Plus loin, ensemble’’. Ministre de l’économie et des finances de Patrice Talon depuis 2016, Romuald Wadagni, candidat de la mouvance à la présidentielle du 12 avril, a présenté son projet de société à ses soutiens au Palais des Congrès, samedi 21 mars 2026 à Cotonou.
10 ans de Talon
A l’entame de son grand oral, le candidat apparu en costume bleu, manche longue blanche sans cravate, lunettes noires au point, fait un clin d'œil aux réalisations faites en 10 ans de règne par son mentor, le chef d’Etat sortant, Patrice Talon.
« Ce que nous avons accompli ces 10 dernières années, beaucoup pensaient que ce n’était pas faisable, c’était impossible. Le fait pour un pays africain sans ressource naturelle abondante d’avoir la capacité de se lever, d’avoir la capacité de respecter, de tenir ses engagements dans le temps, d’avoir la capacité de dire non quand beaucoup, presque tout le monde dit oui », félicite-t-il.
Romuald Wadagni cite en exemple, la période de la pandémie de Covid-19 « où beaucoup demandaient les annulations de dette, tendant la main sans d’abord regarder ce qu’il était capable de faire par eux-mêmes » où « le Bénin a été quasiment le seul à dire non ».
« Être capable d’opérer des transformations si majeures en si peu de temps relevait d’un défi quasiment impossible. Mais nous l’avons fait ! », lâche-t-il sous les applaudissements de ses hôtes.
« Nous l’avons fait grâce au travail acharné, grâce aux sacrifices de nous tous ici, nous avons réussi à trouver notre chemin de développement », précise-t-il. Romuald Wadagni ajoute que le chemin du développement est un processus long, un processus d’étape.
« Parce que nous avons pris du retard sur notre projet de société, nous entendons de plus en plus de jeunes, de femmes, nos populations dans le monde rurale s’impatienter, nous entendons de plus en plus de demande de personnes qui ont du mal à régler les problèmes, les plus basiques du quotidien. Et tant qu’il reste un Béninois qui n’a pas encore senti les fruits de la croissance dans son ménage, c’est qu’il reste encore du travail à faire », signe-t-il.

Dans sa transition sur son projet de société, Romuald Wadagni est revenu sur l’une de ses premières interventions publiques en tant que ministre de l’économie et des finances, en décembre 2016, où présentait la vision du président Patrice Talon. Il rappelle avoir déclaré que compte tenu de la structure de l’économie béninoise, compte tenu du rythme de la progression de la population, il fallait absolument porter le taux de croissance au-delà des 7%.
« Tant que le rythme de création de richesse ne dépassera pas ce seuil de 7% et compte tenu de la structure de notre économie et des naissances qui viennent tous les jours, nous n’allons pas réussir à renverser le rythme de création d’extrême pauvres. Alors, je suis heureux de vous annoncer que depuis l’année passée (2025, ndlr), nous avons renversé ce cap », se réjouit-il.
Le candidat de la mouvance à la présidentielle assure que ce seuil sera également dépassé en 2026. « D’un budget de 1 000 milliards Fcfa, il y a 10 ans, le budget d'aujourd'hui fait plus de 3 000 milliards. Je vous donne ces chiffres pour vous indiquer que nous sommes désormais prêts à aborder la deuxième étape de notre développement », laisse-t-il entendre.
Principal défi, l’extrême pauvreté
Si tout au long du mandat de Patrice Talon, le principal défi était la résolution de la question de l’extrême pauvreté, Romuald Wadagni veut au cours de son mandat « poser le cadre d’une nouvelle dynamique de l’action publique ». « Désormais l’action publique va s’orienter autour de six pôles développement régionaux », annonce-t-il.
Le candidat déclare que le pays sera divisé en six régions notamment Atacora-Donga, Borgou-Alibori, Zou-Collines, Ouémé-Plateau, Atlantique-Littoral et Mono-Couffo. Il projette l’installation d’autorités dans chacune de ces grandes régions. L'idée, apprend-il, c'est d'établir un plan spécifique de développement de chaque région.
« Chaque région devra avoir un écosystème économique basé sur ses atouts, ses savoir-faire. Visuellement, vous verrez un cercle qui est le moteur du développement de chaque région. Ce moteur doit être dirigé par les spécificités, les atouts et les savoir-faire de la région. En plus de ce moteur, il y aura quatre axes cardinaux, quatre sujets transversaux qu'on devra retrouver dans chacune des autres régions. Il s'agit de l'agriculture, du tourisme, de l'industrie et de l'innovation », détaille-t-il.
Sur l'agriculture, Romuald Wadagni veut lancer un programme spécifique qui vise à proposer un accompagnement aux paysans et leur facilité la retraite. « Nous vous accompagnons sur la période en apportant la mécanisation, les intrants, donc les bonnes semences, les engrais. Si à la fin de la récolte, vous avez moins de votre tonne à l'hectare, on vous paie », décrit-il sur la première proposition.
La deuxième proposition, enchaîne-t-il, « si vous avez plus de tonne à l'hectare qui est votre rendement habituel, alors on prélève une partie de l'excédent. On prélève en nature. On se charge de commercialiser et avec cet argent, on fait trois choses : Un, on met un peu de fonds de côté pour renouveler le programme pour le paysan, pour racheter l'intrant et payer l'encadrement pour la saison suivante. Deux, on met un peu de moyens pour sa santé. Et trois, on lui constitue sa réserve pour sa retraite ».
Selon le candidat, beaucoup de programmes pour la prévoyance et la retraite des paysans ont échoué, parce qu'il y a une réalité qu'il faut percevoir et dont il faut tenir compte : le paysan qui récolte et qui va au marché, qui vend son produit et qui a le cash en main, ne lui demandez pas de contribuer pour demain parce qu’aujourd'hui est déjà assez difficile.
Dans les six régions, Romuald Wadagni ambitionne de faciliter l’emploi des jeunes en incitant à la mise en place d’au moins une industrie dans chaque région.
Le candidat de la mouvance a inscrit dans son projet de société, la mise en place, dans chaque région, au minimum d'un village ou ville de splendeur. L'idée, martèle-t-il, « c'est que le touriste qui vient au Bénin ne doit pas se contenter de se limiter à une partie du Bénin ». Aussi, ajoute-t-il, « nous devons faire en sorte que le travailleur qui est ici à côté de nous, qui prend quelques jours de repos avec sa famille, ait d'abord envie de dire je vais partout ».
Le dauphin du président Patrice Talon s’engage à offrir l’égalité de chance à tous les Béninois où qu’il soit. Il jure qu’il va assurer que les jeunes bénéficient tous d’un écosystème qui leur permet de se former, facilite leur encadrement et fait éclore leur vos savoir-faire sur le domaine numérique. « Nous sommes persuadés qu'en mettant l'accent sur la technologie, en vous donnant tous les moyens qu'il faut, le Bénin deviendra un pays exportateur de solutions technologiques », déclare-t-il.
Sur l’action publique, Romuald Wadagni annonce que chaque mercredi, à chaque conseil des ministres, le sujet du développement des pôles sera à l'ordre du jour. Donc automatiquement, une fois toutes les six semaines, le point sur la mise en œuvre du développement des régions sera fait.
Trois piliers de l’action publique
L’action publique sera répartie en trois piliers sous Romuald Wadagni, s'il est élu président de la République.
Le premier pilier tourne autour du capital humain. Il regroupe tous les projets, réformes, investissements conduits par l'État sur entre autres la nutrition, l'éducation, la santé, le cadre de vie et le sport.
En prenant l’exemple de la santé, Romuald Wadagni annonce trois innovations majeures. La première concerne la construction du Centre Hospitalier International de Parakou (CHIP) au Nord pour seconder celui d’Abomey-Calavi, le CHIC, au Sud du Bénin. « Nous allons construire le Centre Hospitalier International de Parakou pour que nos concitoyens du septentrion qui ont des pathologies complexes, qui demandent des équipements de pointe, n'aient pas à faire des centaines de kilomètres pour venir à Calavi. Notre ambition, c'est que même des malades d'autres pays voisins pourraient venir à Parakou se soigner et faire de Parakou un vrai pôle de soins et de traitement des maladies complexes », explique-t-il.
La deuxième innovation dans le secteur de la santé, c’est la prise en charge des urgences vitales avant le remplissage des formalités administratives. Désormais, de façon systématique, automatique, pour les urgences vitales, les patients seront donc soignés d’abord. Romuald Wadagni refuse des décès liés aux attentes des formalités sous son règne.
La troisième innovation est liée à la mise en place d’une pharmacopée moderne pour éviter les complications et décès liés aux soins avec des plantes à cause des contre-indications et de la posologie.
Sur le deuxième pôle de l'action publique, le dauphin du président Patrice Talon cite la distribution de la richesse et les arts et la culture. Sur l'inclusion financière, il projette de mettre en place une plateforme nationale d'inclusion financière qui permettra d'avoir quasi instantanément l'accès au financement, en tout cas dans un délai maximum de 48 heures.
« Nous allons utiliser la technologie et l'intelligence artificielle pour permettre directement, de façon dématérialisée, d'avoir votre crédit de 50 000 à 50 millions rapidement. Et pour quelqu'un qui revient, le crédit devrait être instantané et à partir du moment où vous avez pris le crédit, une fois et que vous avez remboursé, la demande est approuvée et mise en place de façon instantanée », annonce-t-il.
Romuald Wadagni projette d’interdire dans l’administration, les demandes de pièces fournies par l’Etat aux citoyens : « Je veux renouveler mon passeport, je suis devant l'agent, il me dit certificat de nationalité, casier judiciaire, carte de résidence, tout ce qui sont des documents que lui-même doit te donner, et il n'a qu'à te les donner».
S’agissant de l’aide à la culture, le candidat a l’ambition de mettre en place un programme d'excellence pour les jeunes et tous les acteurs dans le domaine culturel. L’initiative permettra la sélection d'artistes dans un processus transparent et rigoureux, chaque année, à qui l’Etat paiera de salaires « parce que le ventre qui a faim ne peut pas réfléchir, parce que l'artiste a beau avoir du talent, si son enfant est malade et qu'il cherche de l'argent pour aller le soigner, il va arrêter son art, et même vendre l'œuvre incomplète, histoire de faire face à ses besoins immédiats ».
Ce faisant, Wadagni pense que les artistes bénéficiaires du programme pourront « pendant la période, se concentrer sur l'excellence de leur art, l'exercice de leur art, l'approfondissement de leur art ». Le candidat de la mouvance va également faciliter de façon générale, l’encadrement des artistes et acteurs culturels.
Institutions, libertés fondamentales, démocratie et sécurité
Le troisième pilier de l'action publique de Romuald Wadagni tel que présenté devant ses hôtes ce samedi concerne les institutions, les libertés fondamentales, la démocratie et la sécurité.
Le dauphin du président Talon s’engage à « être garant des libertés individuelles, à respecter nos institutions, à respecter la démocratie ». « Nous allons maintenant entamer une phase de stabilisation de ce que nous avons fait sur ce pilier depuis les dix dernières années. Ce que nous avons mal fait, ensemble dans le dialogue, nous allons rectifier ce qu'il y a à rectifier », affirme-t-il.
Dans le domaine de la sécurité, Romuald Wadagni annonce trois nouvelles choses à faire. La première, le renforcement en équipements de dernière génération des forces de défense et sécurité. La deuxième chose est l'opérationnalisation des polices municipales dans les communes frontalières dans un contexte d’insécurité dans certaines régions du pays. La troisième chose est l’amélioration de la coopération avec les pays voisins.
S’il est élu président, le ministre-candidat veut profiter du changement à la tête de l’Etat pour tenter de relancer la coopération avec les pays limitrophes dans un contexte où la coopération entre le Bénin et certains pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) reste timide. « Il y a aujourd'hui des enjeux tels que la sécurité, la pauvreté de masse, le défi de la jeunesse, qui sont trois enjeux communs à tous les pays de la sous-région. Nous devons nous parler, nous devons aborder ces trois défis ensemble de façon obligatoire. Nous n'avons pas le choix », insiste-t-il.
Romuald Wadagni promet diriger le Bénin comme il a dirigé le ministère de l’économie et des finances pendant les 10 ans sous Patrice Talon, « avec sérieux » et « rigueur ».
« Si vous me faites confiance, je ferai le job avec le même sérieux, avec la même ardeur. La manière dont j'ai tenu le ministère de l'Économie et des Finances, en respectant les cadres qui y sont, en bâtissant sur l'existant et en ne détruisant pas l'existant. C'est ma marque de fabrique », lance-t-il à la foule.
Le candidat promet de stabiliser, amplifier et rectifier quand des erreurs seront faites « parce que l'erreur est humaine ». « Je veux vous donner l'engagement que je vais servir avec intégrité, courage et constance. Je suis persuadé qu'en me faisant confiance, nous allons aller plus loin ensemble », a conclu Romuald Wadagni.
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