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Présidentielle 2026 au Bénin : les inquiétudes et recommandations d'une mission internationale

Présidentielle 2026 au Bénin : les inquiétudes et recommandations d'une mission internationale

La mission préélectorale déployée par le National Democratic Institute a livré, vendredi 20 février 2026, une déclaration détaillant ses recommandations, ses inquiétudes et son appréciation technique du processus menant au scrutin présidentiel du 12 avril.

La mission préélectorale déployée par le National Democratic Institute a livré, vendredi 20 février 2026, une déclaration détaillant ses recommandations, ses inquiétudes et son appréciation technique du processus menant au scrutin présidentiel du 12 avril.

Cathérine Samba-Panza, cheffe de mission

Cathérine Samba-Panza, cheffe de mission

Déployée par le National Democratic Institute, une mission internationale a livré ses conclusions de l'évaluation du processus électoral de la présidentielle du 12 avril 2026 au Bénin.

 

Codirigée par Jorge Carlos Fonseca, ancien président du Cap Vert et Catherine Samba-Panza, ancien chef de l'État de la transition en République Centrafricaine, la mission a séjourné du 16 au 20 février 2026 au Bénin. 

 

Elle comprenait également le Dr Christopher Fomunyoh, directeur régional pour l’Afrique et conseiller spécial du président du NDI ; le Dr Alioune Tine, président du Centre AfrikaJom, Dakar, Sénégal ; et le Dr Sophia Moestrup, directrice régionale adjointe pour l'Afrique centrale et occidentale au NDI. Alexis Arieff, spécialiste des affaires africaines au Service de Recherches du Congrès Américain (Congressional Research Service) a aussi participé aux réunions.

 

Au terme de ses travaux, la mission a noté malgré les efforts de modernisation, la fragilité de la démocratie béninoise, une polarisation politique et une participation de plus en plus faible des Béninois aux élections.  

 

Des recommandations pour renforcer la confiance électorale

 

La mission insiste d’abord sur des mesures urgentes à appliquer avant le vote. Elle appelle à « ouvrir l’espace civique et promouvoir l'accès à des informations exactes sur le processus électoral ». pour cela, elle estime que les autorités, la société civile et les médias doivent « redoubler d'efforts pour diffuser rapidement des informations exactes ». Elle demande également d’« améliorer le déroulement du scrutin » en tirant les leçons des élections récentes, notamment pour garantir « l'ouverture des bureaux de vote en temps voulu ». 

 

La transparence constitue un autre axe central. Les organes électoraux sont invités à « assurer la transparence dans le traitement des données » et à rendre disponibles « les résultats poste de vote par poste de vote ». Enfin, la mission exhorte les acteurs politiques et institutionnels à « multiplier les efforts en faveur des élections paisibles et d’un climat politique apaisé ».

 

Un contexte politique jugé préoccupant

 

Ces recommandations font suite à des constats. Dans ses constats, la délégation évoque un scrutin prévu « dans un contexte marqué par une polarisation importante, une compétition limitée et une insécurité croissante dans certaines régions ».

 

Elle souligne que la trajectoire démocratique du pays reste reconnue, notamment avec l’annonce du président Patrice Talon de quitter le pouvoir à la fin de son mandat, ce qui maintient le pays parmi ceux ayant respecté les limites constitutionnelles. Mais plusieurs interlocuteurs ont fait part, à la mission, de leurs inquiétudes face au « rétrécissement de l'espace civique et politique » et aux attaques armées dans le nord.

 

La mission relève aussi les effets des réformes électorales récentes. Selon elle, le cadre juridique est « fortement contraignant », citant notamment le seuil électoral national et les règles de parrainage présidentiel. Une application stricte pourrait signifier que certains partis d’opposition « ne seront pas en mesure de présenter de candidats à la présidence avant 2040 ».

 

La participation électorale est également signalée comme un indicateur sensible. La mission note une régression du taux de participation avec les 37 % enregistrés lors des récentes élections communales et législatives contre près de 66 % en 2015. Concernant les candidats, deux tickets sont mentionnés : celui du ministre d’État Romuald Wadagni et celui de l’opposant Paul Hounkpè. La candidature du parti Les Démocrates a été rejetée après la perte d’un parrainage requis.

 

Des préparatifs techniques jugés globalement en bonne voie

 

Sur le plan opérationnel, la mission note que « les préparatifs électoraux avancent tel que planifié ». Une partie du matériel est déjà déployée et l’organe chargé du scrutin, la Commission électorale nationale autonome, prévoit que tous les bureaux soient fonctionnels, y compris dans les zones confrontées à l’insécurité.

 

Des observateurs citoyens ont toutefois signalé des « difficultés liées à l'ouverture tardive des bureaux de vote » lors des élections précédentes. La commission affirme travailler à l’accréditation des missions d’observation nationales et internationales.

 

Plusieurs organisations de la société civile prévoient par ailleurs de surveiller la campagne et le scrutin, bien que la mission indique que la loi sur les associations adoptée en 2025 pourrait « poser des contraintes à leur capacité de partager les détails de leurs observations ».

 

La mission annonce qu’elle poursuivra la collecte d’informations sur le processus électoral et publiera ultérieurement un rapport plus complet.

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