Stéphane Egue
Quelle garantie pour que cette volonté salutaire pour la presse ne s'émousse au fil des jours? Quelles modalités de consultation pour un diagnostic efficace ? Quels modèles de fonctionnement médiatique vont-ils inspirer les solutions à proposer ? Quel génie faudra-t-il pour garantir dans cette réforme l’indépendance du journaliste à l’égard de tous y compris des autorités impliquées dans la réforme ? Encore et encore d’interrogations ! Mais, restons optimistes …
En effet, pour qui maitrise l’arène médiatique béninois, les préoccupations sont assez nombreuses. De la défaillance du modèle économique de la presse aux conditions deplorables de vie de ses professionnels en passant par les besoins d’adaptation technologique et logistique, le débat de l’effectivité de la dépénalisation de la presse à l’ère du numérique, la problématique de la spécialisation des journalistes et plus généralement la nécessité du toilettage de l’arsenal juridique en matière d’information et de communication, la tâche ne s’annonce pas de tout repos.
S’il est vrai que la HAAC est sollicitée pour proposer assez vite, il ne faut surtout pas que les propositions soient assez vides. Le chef de l’Etat en parlant de « thérapie d’envergure » semble peser le diagnostic qui s’impose à son juste poids. Il s’agit d’une occasion à saisir.
L’invite est donc claire. Elle s’adresse aux autorités initiatrices, à l’institution missionnée, à tous les acteurs des médias et à tous les amoureux de la démocratie béninoise. Il ne devra avoir dans ce processus ni d’excuses, ni de laxisme qui tiennent. Chacun à sa manière, doit à la démocratie qui est la nôtre, d’apporter sa pierre pour la construction d’un quatrième pouvoir plus professionnel et plus responsable car à l’arrivée, il ne faudrait pas que la montagne accouche d’une souris.
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